‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 146 sur 158 · TOURNEUX — VAUD · texte numérisé non relu

TOURNEUX — VAUD

l'Année chrétienne a continué d'iHrc néanmoins un livre très en faveur auprès des âmes pieuses de cette époque; elle a été abrégée par l'abbé Lequcux, Paris, 1746, 0 vol. in-12; A'' Principes et i-ègles de la vie chrétienne, 1088, 1 vol. ia-li; o" Abi-ègé des principaux traités de latlMogie, Paris, 1693, iD-4^ 6« Explication lUUnU tt morale de l'épiire aux RomaùUf Paris, 1605,* 1 vol. m*12; VJHteoun académique sur ces paroles de l'Evangile : « Marthe, Marthe, vous vous empressez, etc., )) i(jlo;S° L'office de la semaine sainte avec des réflexions, {QIZ, in-12 oi in-S" ; c'est l'ouvrage qui était comme le germe de « V Année chrét 'u'iine ; W JVaité de la providence sur le miracle des sept pains, 17U1, 1 vol. in-li; 10** Instructions chrétiennes sur les sacrements et mriee eérêmamm avec letqudlee on lu admimttre, par M. L. T. P. D. V. (M, le Toumenx, prieur de Villers), Paris, 1726, 1 yoI. in-16; 11* Ih la meilleure manière ttentendre la messe ; 12<* Instruction et exercices de piété pendant la messe ; i 3 * Instruction sur les VII sacrements et les cérémonies de la tnesse; 1 i° Office de la Vierge, avec des instructions ; K^** Lettre de controverse adressée à quehjues jn^étendus reformés pour les invitera rentrer dans l'Eglise; 10' Observations sur la censure du « Miroir de piété, » de M. Grimaldi ; iT Vie du Henheureux Pierre de Luxembourg, avec des réflexions^ 1681, 1 vol. in-lS; 18^ Traduction du bréviaire romain, Paris, 1688, 4 vol. in-8<>, les traductions des hymnes latines en vers français sont de Racine et de Sacy. Tourneux a aussi fourni à Santeuil la substance des belles hymnes latines que celui-ci a composées pour le i)[-t' viaire parisien, — On peut consulter sur TourueuiCy.les ouvrages suivants : Fonia^iae, Mémoires pour servir à l histoire de Port'Boyaly t. II, p. 424 à 435; Du Fossé, Mémoires pour servir à l'histoire de Port-Royal, p. 330 à 341, 390 à 303; (Besoigne), Histoire de Vabbaye dePort-Royal, t. Y, p. lOi à 117 ; (Dom Glémeucet), Histoire générale de Port- Royal, t. VIII ; Nécrologe des plus célèbres défenseurs et confesseurs de la cêrité, 1. 1 et IV; (l'abbé Racine), Abrégé de t histoire ecclesiastvpie, t. XII; Biblioth. ja?isén., t. I, II et III; Nécrologe de l'abbaye de Port-Itoyal-des-Chumps (au 28 novembre) ; Guiibert, Mé" fnoires Mstoriquee et chronologique» sur taàbaye de Port'Royal'des- Champs, troisième partie, t. III, p. 26 à 33. A. Maulvault.

VAUD (Histoire religieuse). — Le 'canton, autrefois pni/s de Vaud, l'un (les viiif^t-dcux qui composent actuellement la Cunlédératiou suisse, se déploie autour du lac Léman sur un espace d'environ 140 lieues carrées. Les cités lacustres, découvertes en grand nombre sur les rÎTes des lacs Léman et de MeùbhAtel, prouvent que ces contrées étaient habitées

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depuis de lonj^s sit-cl»'?, lorscjuc, cinijuaiite-sept ans avant Jésus-Chrii^t, rUelvctie mériJiuiiale tomba au puuvuir des Iluniaiiis conduits par Jules César. Les barbares Tinrent ensuite, et, parmi eux, les Burgondes qui firent da pays de Vaudrun des pagi de leur royaume : pagu$ vaUenm, Aux Burgondes succédèrent les Francs, et lUelvétie uiéridionale, goavemée par des ducs ou patrices résidant à Orbe, prit le nom de Trans* jurano (^Gi). Après les Carlovingiens vinrent, au nouvièmo sièolo, les Ro(li»li)li(\ de StnPtlin^M^n, dont la dynastie s'honore du nom encore vénéré do la huiino reine Berthe, laroyaie /t/a/Jt/t'èrt', gracieuse et poétique figure qui, de nos jours comme autrefois, semble planer sur les contréei qui 8*étendent du Jura aux Alpes. — Le pays de Vaud, transmis avec la Transjurane, par un legs du dernier des Rodolphe, à l'empeKor d'Allemagne; conquis ensuite en grande partie par un prince aussi habile qu'entreprenant, le comte Pierre de Savoie, le p>;tit Cfmrlemayne; ' ravai^é plus tard par les Suisses qui, au quinzième siècle, viennent y rencontrer et y battre le duc de*Bourgogne, Charles le Téméraire ; — le pays de Vaud, disons-nous, dès lors partagé entre plusieurs maîtres, tombe définitivement, en 1536, entre les mains de la puissante république de Berne. Elle devait le garder, comme pays sujet, durant deux cent soixante-deux ans, soit jusqu'en 1798. A partir de eiette dernière date, le pays de Vaud affranchi devient, sous le nom de canton de Vaud le di.\-ii<>uvième état do la Confédération helvétique. — Il parait que c'est au deuxième siècle de notre ère que des chrétiens de Vienne, dans les Gaules, et de Lyon, apportèrent à Genève, et de là dans l'Uelvétie méridionale, les premières semences du ehrittianisme. Dès le troisième et le quatrième siècle, on peut signaler l'existence d^évéchés dans ce pays, en particulier à Aventicum, Tancienne capitale de FHelvétie, dont les restes témoignent d'une magnificence toute romaine. Cependant, an sixième siècle, le christianisme de ees contrées est encore l»ien niélaogf de paganisme; les conducteurs spirituels eux-mêmes se distinguent par leur ignorance, leurs superstitions, leur mondanité. On rencontre, çà et là, des ermitages; celui de Pontius, dans les sombres forêts de la vallée de Joux; celui de Lupicinus, plus tard, Sainte-Loup, et celui de Romanus qui, au septième siècle, sera le célèbre monastère de RomainmAtier. Un chrétien de Venise. Protasiiis. évêque d'Avenches. jette les fondements d'un bourg ù la lisière de la lorét de Sauvaltelin. d' hourg deviendra Lausanne, et l'évéque Marins y transférera un jour le siège de l'évéché d'Avenches. Mais les monastères qui, d'abord, ont rendu de réels services i la société encore barbare, finiront par être des foyen ês démoralisation. Peu à peu, le catholicisme, avec ses erreurs, remplacera le christianisme relativement plus pur et plus spirituel des premiers jours. L'approche de l'an mil, en jetant la terreur dans tous les esprits rani;neia pour un moment le sentiment religieux; les églises, les monastères s'enrichiront de nombreuses donations; de magnifiques édifices religieux s'élèveront de toutes parts; ainsi à Lausanne, dont réfèehé s'étendra jusqu*i Fribourg, même jusqu'à Soleure. Et puis, quand h crainte de voir le monde finir brusquement aura &it de nouveav place à la sécurité^ la religion se transformen de plus en plus en un

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culte idolâtre de la vierge et des saints. Gnicc à sa magnifique cathédrale, inaugurée en 1275 par le pape Grégoire X et l'empereur Uodolpiie deHab?bourjî en prr^onne, T^ausanne, à la fin du quinzièmo sircle, n'est plus qu'un grand marché d'indulgences et un lieu célèbre de pèlerinage. — Les guerres de Roiirgotruo avaient anieaé les Suisses dans le pays de Vaud. Ils en gardèrent quelques portious. Berne s'empara d*Aigle et de la plaine du Rhône : les quatre mandements. Conjointement avec FVibourg, elle garda Grandson, Orbe et Eeballens à titre de baiUiagês mixtet. Cet état de choses devait durer jusqu'en 1536* Mais, dès 15S7 déjà, Berne envoyait Farel à Aigle pour y prêcher la réforme. Les troubles provoqués par la parole ardente du réformateur y furent aussiti^t réprimés à main armée; la réformation, officiellement adoptée par Berne en 1528, était établie dans les quatre mandements et dans les hautes vallées des Ormonts. A partir de ce moment. Farel, toujours approuvé par les Bernois, porte l'Evangile dans les bailliages mixtes. 11 y court de vrais dangers ; partout, l'opposition. Le réformateur ne réussit pas toujours à se faire écouter. A AveDches, à Ëchallens, à Payeme, sa présence provoque également des scènes tumultueuses. A Lausanne, en 1522, un ez-eonlelier, Lambert, d* Avignon, avait produit quelque émotion en préchant Tévangile, mais en 1525 les Etats de 'Vaud avaient interdit, sous des peines cruelles, de lire les écrits du maudit hérétique Martin Luther. Quand, quebjues années plus tard, Farel arrive à Lausanno, les prêtres le menacent dans sa vie et l'obligent à s'enfuir. — Avoc l'année 1536 tout allait changer de face. C'est alors que les Bernois, s'appuyant sur une des clauses du traité conclu, à la suite des guerres de Bourgogne, avec le duc Philibert de Savoie, s'emparent du pays de 'Vaud. Ils le dotent aussitôt d'une administration civile. Mais il est un moyen plus efficace de détacher le pays conquis, soit du duc de Savoie, soit de l'évéque de Lausanne dont Tinfluence est encore^ considérable. La conquête s*est faite au mois de janvier; dès le 16 juillet, Leurs Excellences de Berne lancent Ccdil de réformalmn , par lequel il est ordonné à tous gens d't^glhc d'assister à une dispute de religion qui aura lieu à Lausanne, au mois d'octobre suivant. Lausanne est cité impériale; Charles-Quint interpose son autorité. Vains efiorts ! la dispute a lieu. C'est dans la cathédrale. Farel a préparé les tlièsc.^ sur lesquelles portera la discussion. Mais les défenseurs du catholicisme, mis aux prises avec Farel, Yiret et Calvin, se montrent d'une faiblesse extrême, et, dès le 19 octobre, Berne ordonne à ses baillis dans le pays de Vaud d*y abolir « toutes idolâtries, cérémonies papales, traditions et ordonnances des hommes non conformes à la parole de Dieu. » — L'établissement de la réforme du i s le pays de Vaud eut entre autres conséquences l'incamération des biens de main-morte. Ceux des couvents et des monastères furniit remis vu partie aux communes, en pnrtieà Leurs Excellences; le trésor de la cathtMlralo de Lausanne, riche de deux millions, fut emmené à Berne. Lauî^anup ne pouvait voir sans regret toutes CCS richesses prendre le chemin du pays allemand; on l'apaisa en lui cédant de beaux domaines, propriétés de l'église déchue, et des droits seigneuriaux. Ce Ait la petite targitùm novembre], confirmée plus

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