VAUD
tard par la grande largilion 18 avril lo-48). Enfin, le 24 décmihrp, par un nouvel édit de réfonnation, Berne prenait la haute direction de l'état religieux du pays; les ordonnaooes du Conseil des Cinq-Cents régleraient à Tavenir les affaires de TEglise dont Lears Excellences seraient les chefs visibles. C'est ainsi qno la n'^formation était imposée à un pays qui n'en voulait pas, et qui. dans d'autre? cirron?tanee?, ne l'anniit probablement pas acceptée. A la vérité, la rt'l'orme fut pour le pays de Vaud le point de départ d une ère nouvelle moralement heureuse, mais un peut regretter que le peuple de ces contrées ne soit pas arrivé par une antre voie à la foi évangélique. Son caractère religieux, de même «pie son caractère national, y eussent gagné en saine indépendance. — L'orçrarusation ecclésiastique introduite par les Bernois dans le pays de Vaud était tout enti^^o calculée pour concentrer le pouvoir entre les mains de l'autorité civile. Le cler^n'^ fut divi?é en colloque*; et en classp.s. Celles-ci, au nombre de 5, puis de 8, n'avaient aucun lien entre elle? et se réunissaient le même jour. Elles n'exerçaient aucune influence sur la marche de l'Eglise. Le synode lui-même était un rouage superfla. A partir de 1662, il ne fut plus même réuni. Le nombre des pasteurs, d'abord très restreint, n'augmenta un peu qu'après l'établissement de l'Académie, en 1540. Loniiti mps encore après l'édit de réforination, on aurait pu constater ciiez Ite.uicnnp de Vaudois un secret attachement pour le catholicisme, D'uiicicns jirétres, cachés dans le pays, y cvorçaieut un ministère clandestin. L'opposition à la réforme se iiioutra surtout persistante dans les bailliages mixtes. En 1557 seidement, qd Tote de majorité donna à la réforme les bailliages d'Orbe et deGrandaoo, tandis que celui d'Echallens demeurait partagé. Ainsi l'avait décidé ce qu'on appelait /e — Lorsque, en 1531, Farel prêchait la réformeà Orbe, il avait, parmi ses auditeurs, un jeune honune que nous avons \'U figurer dans la dispute de religion, à Lausanne. C'était Pierre Viret. Né en loU, dans la boutique d'un « couslurier et retondeur de drap », élevé à Paris aux pieds de Lefèvre d'Etaples, Yiret, de retour à Orbe, et déjà gagné à révangile, y entend la véhémente parole de Fbrel. Le 6 mai, il prêche lui-même son premier sermon dans sa ville natale. Après cela, il parcourt le p;iys do Vaiid, il va à Genève, se dépense et risque sa vie au serviee de son maître. En 1536, les Bernois lui confieut lii place de second pasteur de Lausanne. 11 devait la remplir pendant vingt-deui années. — Les mœurs des habitants de Lausanne étaient, paralt-il, fort relâchées; le goût des plaisirs, des dissipations, était la cause de grandi et nombreux scandales. Viret se mit vaillamment à l'œuvre. Partisaii des vues de Calvin sur la discipline ecclésiastique, il insistait aupW s il*^ Leurs Excellences pour qu'une discipline semblable fût introduite dans les éi^lises du pays de Vaud. C'était en vain. Tout puissants dans l'Ei.dis''' comme dans l'Etat, les seigneurs de Berne, qui n'aimaient pas Calvio, prenaient onibrage de l'insistance de Viret. Enfin, un jour vint, c'était en 1S59, où la lutte, revêtant un caractère particulièrement aigu, Vint et son collègue Yalier se virent brutalement congédiés par LeursEieel- Icnces. Trente-huit autres membres de la classe de T^ausanne, pastems et professeurs, suivirent aussitôt dans leur retraite leurs collègues des-