‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 23 sur 158 · THÉOLOGIE PRATIQUE — THÉOLOGIE SPÉCULATIVE · texte numérisé non relu

THÉOLOGIE PRATIQUE — THÉOLOGIE SPÉCULATIVE

f. Pastoi'.-ThcoL de OEIiler, 1877 ss., et Zcitsclu'. f. jtra/;(. Thvol. de Basscrmaun et Ehlers, 1879 ss. Çuliii, nous renvoyons le lecteur aux articles : Drwt teeUtitutique, Prédication (Théorie de la), Culte^ Liturgie, Jfitfûm, Catéchétique, Cwre d*âme$t publiés dans notre recueil.

F. LiCHTBNBERGER.

THEOLOGIE SPÉCULATIVE. — I. l'idée. Ce iprme dcsijzno plutôt une niéthi)de applicaijle ;i la théologie qu'une branche spt'ciale de l'orga- Disiiie d<s ceirnces tlirologiques. Pour bien définir cette niélhudo dans Ci" qu'elle a à la l'ois de lôfîitinie et d'incomplet, il convient tic la rapprocher de la méthode absolument opposée : le contraire de la spéculatioD ett rempirisme. L'empirisme veut que l'expérience se suffise à ellemême, et réduit tout savoir à la connaissance du fait particulier qui tombe directement sous Toeil de la conscience, ou sous la perception du sens externe. Les conséquences de cette opinion sont aussi évidentes qu'elles sont graves. Si le fait particulier et contingent peut seul être afRrmé, s'il est seul réel et déiuontrahlo, toute science se résoudra en une collection d'expériences particulières qu'il sera j)0S!«ible de réunir eu un faisceau, mais qui ne pourront avoir entre elles de lien organique, psree qu'il n'existe pas de lois générales et universelles. En d'autres termes, l'empirisme équivaut à la négation de toute science. En effet, n l'empirisme avait raison, les sciences expérimentalet seraient impossibl* « aussi bien que les autres sciences. « Sans doute, dit M. Riaux, les faits n't^ls, actuels, sont avant tout ce par quoi nous pouvons connaître tniit re (jui est accessible à notre intelligence; la connaissance de ces Idits. (• est-à-dire l'expérience, est le point de départ ('e toute science. Dans ces limites l'empirisme aurait rai8<jii. Mais vouloir se borner à ce 'point de départ, y enfermer l'esprit humain, c'est une folie et une absurdité; c'est nier gratuitement la légitimité de toutes les opérations intellectuelles qui s'appuient sur les faits pour les dépasser et trouver 1m vérités générales et universelles; c'est nier la valeur, la légitimité et la portée du raisonnement, n Or cette part de la raison, cette fonction de l'intelligence qui dépasse le fait particulier et contingent, qui s'él^vc de l'accidentel au nécessaire, n'est autre chose que la spéculation prise dans sou sens le plus large. C'est dire que la spéculation joue un rôle dsns la formation de toutes les sciences, des sciences expérimentales comme des sciences rationnelles. L'expérience donne le particulier, la spéculation y cherche et y découvre le général, et c'est cette découverte qai élève les données de l'expérience à la hauteur d'une science. L'induction, qui est le passage du particulier au général, est déj i la première manifestation de la raison spéculative. Nulle science donc ne saurait 8e constituer et s'achever sans la spéculation. Il faut à la science, pour quelle raéiite ce nom, un domaine qui lui appartienne, une méthode indépendante qui raCTrauchisse de toute autorité extérieure, surtout un principe organisateur qui ramène à l'unité les faits ou les notions particulièns et qui leur donne la cohésion d'un système. La recherche de ces causes, de ces lois,|de ce principe générateur et directeur appartientà Kl F[H culation. — S'il en est ainsi, il est évident que la théologie ne saurait se passer de la spéculation. La théologie a pour point de départ et

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