‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 24 sur 158 · THÉOLOGIE SPÉCULATIVE · texte numérisé non relu

THÉOLOGIE SPÉCULATIVE

pour tonilement lo sontiineiit chn'ticn, IVxpf^rifTico rhrt'tionne, |la vift chrétienne produite au ronlact ilu l'ait aiiti'rinur et supérieur de la révélation de Dieu eu Jésus-Clirist. Mais l'analyse des éléments constitutifs de la conseienee chrétieDne, la recherche des lois qui la déteraiinent, la systématisatioii de ces lois et de ces faits» toutes ces opérations qui dépassent le cercle limité de l'observation et de Texpérience sont autant d'actes spéculatifs de la raison s'emparant des données de l'observation. Là est la part légitime de la méthode spéculative dans la théoloprie, méthode qui trouve son application nécessaire dans la sphère de la i\n<y;matique, de la morale et de l'apologétique. Cependant, s'il convient d'assigner à la spéculation un rôle important dans la science tliéologique, Terreur commune à la grande majorité des théologiens dits spéculatifs consiste à nier la nécessité de Tobservation et de rezpérieoce, à procéder a priori en partant de principes purement rationnels, d'axiomes métaphysiques dont on essaye ensuite de déduire tout le système. «En admettant même, dit encore M. Hiaux, qu'on eût le bonheur de poser pour point de départ une vérité large et féconde, elle n'en conserverait pas inuins son raraetère hypothétique. puis(prelle ne s'appuierait pas sur la réalité ; comme conséquence dernière, celui qui l'aurait embrassée devrait se résigner à en ignorer éternellement la démonstration, et partant à priver ses connaissances du caractère qui seul constitue ta science, la certitude.» — Dans l'histoire de la science théologique, c*est précisément cette théologie aprioristique, déd active, descendant de Tab» solu et de l'universel au relatif et au particulier, que Ton désigne généralement du nom de théologie spéculative. Celle-ci, concevant le christianisme non ciiinne un l'ait, mais roniine une idée. déconipt)se cette idée centrale en ses dill'érents éléments et explitjue ensuite les faits par' la théorie. De là le caractère abstrait et intellectualiste de ces systèmes, de là surtout leurs procédés aventureux et leurs résultats chimériques, auxquels nous pouvons appliquer les paroles par lesquelles M. Weber termine son étude sur Hegel ; après avoir blâmé la prétention de Hegel de soustraire les hypothèses delà métaphysique à la juridiction suprême des faits : « Le génie {spéculative Vernunff)^ continue M. Weber, est créateur, cela est certain; par une intuitiori immédiate il aperçoit le vrai, (jue l'expérience ne découvre (}ue pas à pas : et le génie est créateur parce qu'il est l'unité immédiate de la pensée et de l'être. Mais ses oracles, précisément parce qu'ils sout immédiats, c'est-à-dire indémontrés et en quelque sorte tombés du ciel» ont besoin, pour avoir force de loi dans le domaine scientifique, du contre-seing de l'expérience. L'immédiat, Hegel lui-même nous le dit. n'est jamais le définitif, mais le point de départ d'une évolution. La spéculation apriof^i, telle qu'elle est conçue et pratiquée par Hegel, ne saurait donc être la forme définitive de la science et doit être suivie nécessairement (l'un travail de vériiîcation expérimentale et, au besoin, de critiijue rectifiaitive » ^M. Weiter, Histoire de ia philosophie européenne, Paris, 187:2, p. 550). Rappelons aussi le mot de Bacon qui compare les empiristes purs à la fourmi, les spéculatifs idéahstes à l'araignée, les interprètes de la science, qui tient à la fois compte de Texpérience et de Tidée, à l'abeiUe.

Page 1