‹ Encyclopédie élémentaire de l'Antiquité ou origine, progrès état de perfection des arts et des sciences chez les anciensChapitre 2 sur 33 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

SON UTILITÉ QUELLE ESTIME Otf EW FAISOIT DANS LES TEMPS

ANClESS.

De tous les arts, l'Agriculture est assurément celui qui a l'avantage de l'antiquité et de l'utilité. Cet art est la source des véritables biens , des véritables richesses dont le prix est réel et ne dépend pas de l'opinion des hommes; qui suffisent aux besoins et procurent même d'agréables jouissances; qui font qu'une nation peut se passer des étrangers et souvent même leur est nécessaire j des biens enfin qui sont le principal revenu d'un état et

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lui tiennent lieu de tous ceux qui viennent à lui manquer.

Laissez languir l'Agriculture , bientôt la population s'affoiblira. Les hommes qui se livrent aux travaux des champs sont ordinairement robustes et »ains, capables de donner naissance à un grand nombre d'enfants , auxquels ils transmettent pour héritage principal le sang pur qu'ils ont reçu de leurs pères. De cette pépinière se tirent les bons ouvriers , les matelots vigoureux , les soldats infatigables. Les pertes en hommes ne se réparent que dans les campagnes fertiles , où ils semblent croître comme les plantes qu'on y cultive.

Faites fleurir l'Agriculture , vous verrez régner les Arts et les Sciences dont elle est la base, dont elle est la mère nourrice : c'est une mine d'or inépuisable, ouverte à tout le monde, il n'y a qu'à l'exploiter.

La vie que nous offre cet art, qui est de tous les temps , de tous les âges , de tous les pays et de tous les états, est moins brillante que le faste et le train des villes , mais elle est infiniment plus touchante et plus heureuse. Sans gêne, sans ambition, sans supérieur , sans envie et sans envieux , variant ses travaux et ses plaisirs à son gré , l'homme y passe ses jours dans l'indépendance et dans l'innocence.

Habitants des villes î vous croyez être libres dans leur enceinte ; mais cette indépendance que les lois vous accordent, la tyrannie delà société vous la

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ravit sans pitié : des charges à briguer et à remplir, des hommes puissants à ménager ; des noirceurs à prévoir et à éviter ; des devoirs de bienséance plus rigoureux que ceux de la nature ; une contrainte continuelle dans l'habillement , dans la démarche , ' dans les actions , dans les paroles ; le poids insup» portable de l'oisiveté; les lentes persécutions des importuns, il n'est aucune sorte d'esclavage qui ne vous tienne enchaînés dans ses fers.

Vos fêtes sont si magnifiques ! et les nôtres sont si gaies! vos plaisirs si superficiels et si passagers! les nôtres si vrais et si constants! Les dignités de vos villes imposent-elles des fonctions plus nobles que l'exercice d'un Art sans lequel l'industrie et le commerce tomberaient en décadence?

Avez-vous jamais respiré, dans vos riches appartements , la fraîcheur de cet air qui se joue sous cette voûte de verdure ? Et vos repas , quelquefois si somptueux , valent-ils ce lait que l'on vient de traire , ces fruits délicieux que nous avons nous-mêmes cueillis ? Et quel goût ne prêtent pas à nos aliments des travaux qu'il est si doux d'entreprendre, même dans les glaces de l'hiver et dans les chaleurs de l'été; dont il est si doux de se délasser, tantôt dans l'épaisseur des bois, au souffle des zéphirs , sur un gazon qui invite au sommeil ; tantôt au milieu de ma femme et de mes enfants, ets toujours nouveaux de l'amour le plus tendre , auprès d'une flamme étincelante, nourrie, alimentée

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par des troncs d'arbres que je tire de mon domaine, au mépris de ces vents impétueux qui grondent autour de ma retraite , sans en troubler la tranquillité !

Ah ! si le bonhéur n'est que la santé de l'ame , ne doit-on pas le trouver dans les lieux ou règne une juste proportion entre les besoins et les désirs , où le mouvement est toujours suivi du repos , et l'intérêt toujours accompagné du calme ?

ARTICLE PREMIER

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