‹ Encyclopédie française d'urologie, publiée sous la direction de MM. A. Pousson,... E. DesnosChapitre 13 sur 62 · LA TAILLE ET LES LITHOTOMISTES · texte numérisé non relu

LA TAILLE ET LES LITHOTOMISTES

Dans les chapitres qui précèdent nous avons indiqué chemin faisant les principales étapes de la lithotomie, montrant que, si les anciens Egyptiens paraissent l’avoir ignorée, les Hindous et les Persans l’avaient pratiquée à une époque fort reculée ; comme il est impossible de fixer une date précise, on considère comme probable que cette opération fut apportée en Orient par les Grecs au moment des guerres d’Alexandre.

Mais elle était méprisée et abandonnée à des personnages assez peu honorables pour qu’Hippocrate, dans son serment, défendît aux médecins de la pratiquer. Cette proscription produisit peu' d’effet, car des médecins tels qu’Ammonius, qui occupait une haute situation, ont pratiqué et perfectionné la taille, néanmoins elle restait réservée presque exclusivement à des spécialistes nomades qui allaient exercer de ville en ville ainsi qu’on le voit encore aujourd’hui en Orient.

Celse nous donne une description que nous avons reproduite (v. p. 37) de la méthode alors employée; elle existait certainement avant lui car il ne la présente pas comme une méthode personnelle. Sa simplicité même l’imposait à tous ; plus ou moins modifiée par les médecins grecs et romains, Paul d’Egine, Anthyllus, Oribase, par les Arabes, puis par Guillaume de Salicet, Guy de Chauliac, etc... ; elle persistera jusqu’au xvme siècle sons le nom de petit appareil.

Le grand' appareil. — C’est au commencement du xvie siècle qu’une méthode nouvelle qui devait détrôner l’antique procédé fut employée par Giovani di Bomanis, plus connu sous le nom de Jean des Bomains, médecin

écrite par lui à Marianus et retrouvée par Malgaigne.

Bencontrant des difficultés pour reconnaître le col vésical chez un enfant, il imagina d’introduire une sonde dans le canal et de s’en servir comme de conducteur vers la vessie. H perfectionna peu à peu ce procédé et multipha les instruments, ce qui lui fit donner le nom de grand appareil.

étudia d’abord à Naples, puis à Borne sous Jean de Vigo. Son maître principal fut Jean des Bomains dont le nom même serait sans doute resté inconnu si Marianus n’avait eu la probité, bien rare à cette époque, de rapporter à son maître la technique qu’il tenait de lui. Il est d’ailleurs possible que ce procédé ait été employé avant lui par des inciseurs qui auraient

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dans un régiment de cavalerie, obtint son congé 5 ans après et se lia avec un' opérateur ambulant du nom de Pauloni « qui taillait du boyau et de la pierre » ; tout en étant son serviteur, il apprit de lui la pratique du petit et du grand appareil. Befusant de le suivre à Venise, il gagna la Provence, y pratiqua la taille pendant une dizaine d’années, mais non plus la -kélotomie, parce qu’il répugnait à l’ablation du testicule qui, à cette époque, était la conséquence de cette opération.

Vers 1690, il prit l’habit religieux. Se fit-il admettre dans l’ordre de

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