‹ Encyclopédie française d'urologie, publiée sous la direction de MM. A. Pousson,... E. DesnosChapitre 12 sur 62 · CHIRURGIE · texte numérisé non relu

CHIRURGIE

Plusieurs faits de traumatismes rénaux sont dus à Paré. Entre autres : « M. de Martigues, blessé au milieu du thorax, jetta le sang par la bouche la. playe et les urines et mourut ». Voici enfin une autopsie. « Dans un' corps’ mort-, je trouvay un uretère de la grosseur du doigt oblitéré par une pierre. Le patient, deux jours deuant mourir, jettait- son urine par la bouché. »

S’appuyant sur des considérations anatomiques, Eiolan montre l’avantage qu’il y a à inciser les abcès rénaux par la voie lombaire, car on évite ainsi le péritoine ; mais il repousse l’extraction des calculs, excepté quand il y a suppuration. Dans ce cas il conseille le cautère et « par ce moyen tirer le pus et même la pierre... si la nature n’enseigne pas ce chemin ou qu’elle ne commence à le faire, c’est une entreprise trop hardie de couper et ouvrir les reins, à cause que les chairs sont trop épaisses et trop enfoncées ». Il conclut en disant que ce serait un crime que de tenter une telle opération.

Voici enfin Cabrol qui pratiqua de propos délibéré une néphrotomie en se basant non seulement sur les symptômes, mais sur le souvenir d’une autopsie récente.

« En l’an 1578, maistre ÏToel et moy fusmes appelés pour ouvrir un honorable homme Anthoine Bignomme, marchant de la ville de Montpellier âgé de 60 ans > lequel avait un grand abcès du rongnon gauche, devant què l’ouvrir fusmes d’avis de le peser lequel trouuasmes qu’il était du poids de 14 livres avec son guist (paroi) et rongnons lequel guist était d’épaisseur . d’une bonne peau de mouton ou maroquin.

« Depuis en ça m’est advenu un jeune homme marchand à Pezenas, lequel avait en même endroit une douleur fort grande et m’appela pour en auoir auis et m’ayant parlé et fait discours de sa maladie je fus d’aduis qu’il appelât conseil... à laquelle consultation fusmes quasi de contraire opinion les .uns tenoyent pour une pierre au rein et moy, au contraire, tenois que c’étoit un abcès étant remémoratif de l’abcès du sieur Bignomme. Le malade me

que de vivre si misérablement ; moy estant convaincu de prières tant de luy

fusse si téméraire de l’ouurir seul mais y appelay tous ceux qui s’estoyoeint trouvés à la consultation et ayant appliqué mon cautère dedans, il y en eut de bien joyeux en la compagnie et trouuay la cauité et le lieu de la matière, mais il n’en sortit rien. Deux heures après j’y fus pour changer le premier appareil et la tente étant sortie, fus contraint prendre un bassin

deux fois le jour un plat le matin et un le soir ; cela dura l’espace d’un mois ou cinq semaines, mais avec les remèdes, tant d’onguents qu’emplastres, sérats, iniections, l’ulcère fut détergée, incarnée et bien cicatrizée et en est bien guéri, dont depui s’est changé à Marseille pour poursuyure sa traf-

Cabrol, que nous avons vu bon anatomiste, ne négligeait pas d’ouvrir le corps de ses malades défunts toutes les fois qu’il le pouvait; c’est ainsi qu’il décrit un rein en fer à cheval avec deux uretères, un autre avec un seul uretère très ample, un seul rein « d’une grandeur incroyable » couché sur les vertèbres des lombes.

STRANGURIE,

le faire. On peut à bon droit les considérer comme les créateurs de la

nombre d’opérations. Us ont découvert les rapports qui unissent les divers organes de l’appareil urinaire ; les premiers, ils ont eu une conception haute et- large des affections qui les atteignent.

Ces deux hommes, unis par une étroite amitié, avaient des qualités communes : le bon sens, la passion de la clinique, l’amour du progrès ; mais quelle opposition dans leurs procédés d’enseignement ! Desault, orateur et

publié ses notes. Cependant le souvenu de ses brûlantes leçons s'est transmis jusqu’à nous, de même que nos eontemporams perpétueront la mémoire de Lasègue, de Trélat et de Dieulafoy.

Les qualités de Cbopart étaient toutes différentes : son élocution médiocre et confuse ne retenait que peu d’élèves autour de lui. Aussi s’est-ü attache à recueillir les faits cliniques qu’il devait utiliser pour la rédaction de son livre Celui-ci vivra longtemps : les observations bien prises, présentées nettement et en grand nombre, sont choisies avec art et si bien p-oupees qu’elles font dérouler devant le lecteur l’histoire d’une maladie et la fixent

esTremettable que l’exemple de Desault et de Chopart n’ait pas été suivi; nous verrons que le souci de la clinique, pendant une «rande partie du rcx* siècle, a cédé le pas aux inventions mstrumen-, taies et aux hypothèses. H faudra attendre que les grands chirurgiens de la fin du siècle dernier reprennent les traditions que Desault et Chopart n’avaient pu faire accepter par leurs élevés immédiats.

CHAPITBE

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