‹ Encyclopédie française d'urologie, publiée sous la direction de MM. A. Pousson,... E. DesnosChapitre 15 sur 62 · CHAPITRE YI · texte numérisé non relu

CHAPITRE YI

L’UROSCOPIE ET LES UROM ANTES

L’étude de l’urine et de &er> caractères, de leur signification au point de vue séméiologique et pronostique, a occupé dans la médecine ancienne une place capitale, dont il est difficile de se faire une idée à l’heure actuelle. Elle mérite bien le nom d’uroseopie, car pendant longtemps l’examen de l’urine se borna à son inspection.

A une époque où l’on ne possédait ni la percussion ni l’auscultation, où la chimie n’était encore que de l’alchimie, science occulte et mystérieuse qu’on n’avait pas songé d’ailleurs à appliquer à l’étude de l’urine, où aucune des réactions biologiques actuelles n’étaient soupçonnées, on devait deviner plutôt que diagnostiquer les maladies internes grâce aux signes que fournissait l’examen du faciès, de l’habitus général, de la respiration, des sueurs, de l’expectoration, et surtout du pouls et des urines. Parmi ces signes, l’étude de l’urine devait être la plus féconde. Couleur, quantité, densité, matières contenues varient à l’infini et sont l’occasion de déductions parfois ingénieuses, mais trop souvent aussi de simples imaginations.

Que l’on joigne à cette absence de méthode scientifique et de critique au moyen âge, l’habitude de la compilation élevée à la hauteur d’une science, et l’on comprendra comment cette partie de la médecine, restreinte chez Hippocrate, est devenue vaste, ample, diverse, et souvent contradictoire chez les derniers des médecins grecs et ceux du moyen âge. Tout est sur léji même plan, le certain, le probable et l’hypothétique: à l’obscurité qui en résulte s’ajoutent un besoin finaliste irrésistible à cette époque, et les hypothèses basées sur une physiologie fantaisiste sans expérimentation; aussi n’est-on pas surpris du fatras de connaissances fausses et puériles, mais parfois, il faut le reconnaître, marquées au coin d’un grand bon sens que possédaient nos ancêtres.

Avec Hippocrate et même avec Galien, qui, d’ailleurs ne fait guère que le commenter, l’urologie n’est pas une science à proprement parler. Se plaçant surtout au point de vue du pronostic, Hippocrate établit des rapports entre les qualités de l’urine et l’évolution de la maladie, sa durée et son issue; il en tire des conclusions souvent justes pour le diagnostic.

Après eux, les commentateurs et les compilateurs viennent, qui n’ajoutent guère de notions importantes. A leur tour les Arabes et les médecins du moyen

A la Renaissance, ces connaissances devaient être discutées, renversées par

JROMANTKS

sième la valeur séméiologique de oes différents éléments, leur signification suivant l’âge, la saison, le pays, etc. ; dans le quatrième et le cinquième, il Temonte aux causes de ees perturbations et en fait ainsi le diagnostic étiologique; dans les deux derniers livres enfin, il établit le pronostic à tirer de l’étude de ces variations.

Après avoir indiqué le plan de son livre, Actuarius, dans un chapitre qui est une sorte d’historique, déplore que « pour une raison, dit-il, que j’ignore, aucun des anciens auteurs qui cependant connaissaient bien la question ne l’a traitée avec quelque soin ». Malgré son respect de la tradition, car il ne cite Hippocrate qu’en lui adjoignant l’épithète de Sapientissimus, il émet sor lé maître, de Oos et sur Galien les appréciations que voici :

« Le vénérable Hippocrate lui-même qui, de côté et d’autre, a dit quelques mots des urines, n’a laissé sur ce sujet qu’un traité incomplet. Galien,

sonnages illustres de cette Université. Un cortège solennel eut lien à cette

figures allégoriques et bien certainement sans aucune intention satirique. Or la Médecine y figure tenant un flacon d’urine' à la main tandis que des

UROMANTJES

LJROSCOPIE

consultation donnée par un charlatan avéré à une jeune fille dont il devine

. D- — L’ART SPAGYRIQUE ET SES DÉTRACTEURS L’urologie, si simple entre les mains d’BHppocrate et de Galien,

SPAGYRIQUE

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. Et le signe de Libra a regard sur le péril et génitales dell’hoœme. le signe de Scorpius a regard sur le membre de l’homme. Et le signe Sagittaire a regard sur les cuisses de l’homme. Et le signe de Capncora regard sur les genoulx de l’homme. Et le signe de Aquarius a regard les jambes de l’homme. Et le signe de Pisces a regard snr les pi& de mme. Et ainsi doi les entendre de la femme. »

2° beaucoup de liqueur aqueuse avec quelques particules de sel et dé soufre, 3° une eau très pénétrative communément appelée esprit d’urine, mais qui est un phlegme’ fort aiguisé par le sel, montant le dernier dans la distillation ; enfin après distillation il reste dans la cueurbite : 4» du sel • go de

JS UROMANTES

d’un médecin de flairer l’urine, cependant bon gré mal gré, l’odeur peut parvenir jusqu’à nos narines. Modérée à l’état normal, elle devient infecte lor* qu’on a mangé de l’ail ou du fromage pourri ; elle l’est encore dans les cas

dans des nuances insignifiantes, il insiste sur les points importants en particulier sur le diagnostic des urines bilieuses et hématuriques. n en est de même pour les urines troubles. Mais bientôt Fernel cède à ses souvenirs classiques. Pour lui la couronne formée de grosses bulles est signe d’humeurs grossières, si les bulles sont petites et disposées circulairement c’est douleur de tête! si elles sont disposées en demi-cercle, c’est migraine. Si la douleur est intense les bulles seront dorées, si elle est légère elles seront pâles, si la douleur s’apaise elles nageront au milieu de la surface de l’urine « car le fait qu’elles occupent le haut de l’urine témoigne que c’est la tête, la plus haute partie de l’homme qui est le siège de douleur ». Si les bulles tombent, cela signifie que la maladie tombe de la tête sur les poumons, etc... Il était vraiment bien difficile, même pour un esprit aussi distingué, de se défaire, des rêveries de ses prédécesseurs.

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recommande de comparer tm volume donné d’urine, d’un corps pesant le même poids.

iis Paracelse et van Helmont et surtout depuis Actuarius, on rogrès ont été réalisés grâce à une observation plus attentive des nalyse apportée à l’étude de l’urine. Mais les procédés que recomn sont surtout des procédés physiques. H se méfie de la chimie, quic evait donner les plus intéressants résultats entre les mains de soi

Hermann Boerhaave, né le 13 décembre 1668 àWoorhout, près de Leyde, compte parmi les médecins les plus illustres. Après avoir étudié la théologie suivant le désir exprimé par son père mourant, il s’adonna à la médecine et à 25 ans fut reçu docteur de l’Université de Harderwick. Dès l’âge de 30 ans, il enseignait dans l’Université de Leyde. L’état de sa santé le força d’inter-

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homme toujours prêt ;

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une longue pratique des voies urinaires permet seule de faire face.

L’urologiste idéal doit donc être aujourd’hui à la fois anatomiste, physiologiste, médecin et chirurgien consommé; il doit être expérimentateur, posséder des connaissances suffisantes en chimie et en physique, en histologie et en bactériologie. Ce n’est pas là une vue de l’esprit car beaucoup d’urologistes possèdent ces qualités. Il en est un tout au moins chez qui elles brillaient au plus haut degré : c’était le professeur Albarran.

Dans cet exposé nous avons cherché à montrer l’évolution de la science urologique au xixe siècle. L’historique de cette période sera limité à certaines questions, car la plupart d’entre elles se lient à la pathologie et seront exposées dans chaque article de cette encyclopédie. Nous rons cependant aux origines de plusieurs découvertes : les rétrécis lalithotritie, l’endoscopie, en relatant très rapidement quelques an importants de cette période.

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