HYDROCÉPHALIE EXTERNE
Cet état pathologique reconnaît trois causes ( 1 ) : \° un épanchement de liquide provenant d'une hydropisie ventriculaire; 2<» une atrophie congénitde du cerveau; 3^ une hémorrhagie dans le sac arachnoîdien. En dehors de Tabsence de lésions à la base du crâne, il est douteux qu'il existe aucun signe précis qui puisse servir à différencier l'hydrocéphalie externe de la forme la plus ordinaire de l'affection. En outre, toutes les remarques que nous avons faites sur cette dernière affection peuvent être considérées comnie également applicables à la variété que nous étudions en ce moment. Legendre (2) distingue l'hydrocéphalie externe due à une hémorrhagie pair ce fait qu'elle est congénitale, que la tête n'atteint pas le volume qu'on observe ordinairement dans l'hydrocéphalie interne, et que
(1) West, Diseases of infancy and childhood, 8*^ éd. p. 130, 1874.
(2) Legendre, Recherches anat. pathoL, p. 135.
FREDERICK TREVES. — MALFORMATIONS ET MALADIES DE LA TÊTE
rhydrocéphalie est toujours précédée de convul- ^ ■ions,' ou autres signes d'un trouble cérébraL
Traitement de rhydrocéphalie.
Le traitement général de l'hydrocéphalie ne doit pas nous occuper ici. Le traitement local, qui a été proposé dans certains cas, consiste: i^ dans l'emploi de la compression, et 2° dans la paracentèse.
La compression du crâne est faite à l'aide de bandelettes ou d'une bande élastique ; ce dernier procédé est le plus convenable. La compression est applicable à presque tous les cas qui ne sont pas absolument désespérés, et qui ne paraissent pas inévitablement condamnés à une terminaison rapidement mortelle. On doit la regarder comme un moyen simplement palliatif, et elle peut incontestablement retarder les progrès de l'hydropisie, au moins pour un temps. Les résultats de ce traitement n'ont pas été satisfaisants ; le plus souvent ils sont négatifs. S'il n'a pas fait de bien, il n'a du moins pas fait de mal, en exceptant quelques cas où une compression trop énergique a déterminé des symptômes de compression cérébrale, et même la mort chez un malade de Trousseau • Le meilleur mode d'application de la compression à l'aide de bandelettes est celui qu'a conseillé Trousseau. L'emplâtre agglutinatif est découpé en bandelettes de 1 centimètre de large ; ces bandelettes doivent être appliquées : i<> de chaque apophyse mastoîde à la partie externe de l'orbite du côté opposé ; 2° de la nuque, le long de la suture longitudinale, à la racine du nez ; 3^ en travers de la tête, de façon à ce que les différentes bandelettes se croisent l'une l'autre au niveau du vertex ; 4<» on taille une bandelette assez longue pour faire trois fois le tour de la tête. Le premier circulaire de cette bandelette passe au-dessus des sourcils, sur les oreilles et un peu au-dessous de la protubérance occipitale, de telle sorte que les extrémités des autres bandelettes le dépassent de 6 millimètres environ. On relève ces extrémités sur la bandelette circulaire, et on les fixe à l'aide des deux autres tours de celte dernière conduite exactement dans la même direction que le premier.
Paracentèse. — Cette opération a été jugée fort diversement au point de vue de son utilité dans l'hydrocéphalie chronique, et il faut reconnaître que les résultats n'ont pas été fort satisfaisants. West (I) a réuni 56 cas traités par la
(1) We8t, Médical Gazette, april 1842.
ponction, et sur ce nombre il ne compte que 4 guérisons. On ne saurait toutefois méconnaître que l'opération est en elle-même exemple de dangers et qu'elle vise une maladie dont le pronostic est extrêmement grave. C'est là un argument à faire valoir en faveur de l'opération, qui n'est pas susceptible de faire grand mal, alors même qu'elle ne fait que peu de bien. Il n'est pas douteux aussi que, dans bien des cas, elle ail été suivie d'une amélioration momentanée, si même il n'en est pas résulté une gaérison. Voici les cas qui semblent se prêter le mieux à la paracentèse. Dune façon générale, on peut la pratiquer dans des cas de développement considérable de la tête, avec augmentation continue. Dans les cas d'hydrocéphalie externe, elle est plus susceptible de donner de bons résultats que dans l'hydropisie ventriculaire. Elle serait inapplicable à l'hydrocéphalie résultant d'un arrêt de développement du cerveau, et ii est malheureux que les cas de ce genre ne puissent toujours être diagnostiqués, d'autant que les troubles fonctionnels qui accompagnent k maladie ne sont pas toujours en rapport avec le degré de l'imperfection organique. La paracencentèse échoue souvent dans l'hydrocéphalie congénitale, dans celle qui succède à une affection cérébrale aiguë, et chez les sujets en proie à l'athrepsie. Dans ces conditions, l'intervention opératoire doit plutôt être condamnée. Malgaigne (i) conseille la ponction : i^ chez les sujets au-dessous de quatre mois, chez lesquels l'affection parait stationnaire ; 2<» chez les enfants au-dessus de cet âge, qui n'ont point encore atteint la période d'ossification complète du crâne, mais dont l'affection fait des progrès et menace l'existence.
L'opération doit être pratiquée avec untrocart très fin, qu'il faut enfoncer dans la suture coronaire, à 2 centimètres et demi de la fontanelle antérieure. L'instrument doit être dirigé en bas et un peu en arrière. On doit ne retirera la fois que 80 à 100 grammes de liquide et répè' ter l'opération à des intervalles de plusieurs jours ou de plusieurs semaines, suivant l'état du sujet et les progrès de l'hydropisie. La corn" pression du crâne doit être faite pendant et après chaque opération. Le D' Thompson (2), d0 Newcastle, rapporte un cas dans lequel deu^ ponctions procurèrent la guérison.
(l) Malgaigne, De la ponction du crâne dans Phy^ drocéphale chronique {Bull, de thérapeutique, t. XÎX» e. 326, 1840).
(î) Thompson, Med. chir, Tran$., vol. XLVII» p. 289, 1861.