CATARACTE
L*altération la plus importante qui peut atteindre le cristallin est, sans aucun doute, celle qui consiste dans la perte de la transparence de cet organe pour donner lieu à la cataracte.
Les dénominations que l'on applique à la cataracte sont très nombreuses. C'est ainsi que, suivant le siège de l'opacité, on distingue une cataracte capsulairCf ou leîiticulairey ou encore, si la capsule et la lentille sont simultanément atteintes dans leur transparence, une cataracte capsulO' lenticulaire. Les cataractes lenticulaires elles-mêmes peuvent à leur tour être corticales^ nucléaires ou totales. Si l'opacité n'atteint qu'in-
complètement une portion de la lentille, il peut se présenter une cataracte polaire (antérieure oa postérieure), ou encore une cataracte centrale, oa une cataracte zonulaire. En se laissant guider par la consistance, on est amené encore à distinguer des cataractes liquides ^ molles, dures oa mixtes,
La classification la plus pratique est celle qui prend pour point de départ la provenance de la cataracte. C'est ainsi que nous aurons à nous occuper successivement des cataractes congéni' takj juvénile, traumatiquey sénile, dic^étique.
CATARACTE GÉiNÉRALISËE.
CATARACTES CONGEPTITALES.
On distingue particulièrement trois formes de cataractes congénitales, ce sont les formes zonulatrCf polaire et généralisée,
CATARACTE ZONULAIRE,
La cataracte zonulaire est caractérisée par une opacité qui enveloppe le noyau de la lentille, tout en laissant celui-ci transparent ainsi que les couches cristallin iennes périphériques. Il en résulte donc, à partir du bord du cristallin, qu'un anneau plus ou moins large, suivant retendue de la cataracte zonulaire, conserve une transparence parfaite. Pour reconnaître la présence de cet anneau transparent et par suite la nature de la cataracte, il est souvent besoin de faire une instillation d'un mydriatique.
Le trouble visuel sera bien différent suivant retendue de la zone cataractée, et le diamètre de la pupille. Si la cataracte zonulaire est de minime largeur, le sujet pourra se livrer sans trop de difficultés à des travaux de lecture ; mais si la papille est très contractée, au soleil parexem- ^, cette môme personne se trouvera excessifement gênée. Lorsque la couche opaque est très étendue, môme avec des mydriatiques, on n'arrive à ne permettre qu'une très imparfaite vision .
Après dilatation de la pupille, le diagnostic de cette forme de cataracte est très aisé. Le miroir plan permettra de reconnaître la transparence parfaite des parties périphériques du cristallin, en môme temps que l'on constatera au centre une opacité plus ou moins forte, surtout accentuée vers ses bords, suivant que la zone opaque sera elle-môme plus ou moins épaisse. L'éclairage oblique laissera d'ailleurs directement constater le siège de l'opacité.
La cataracte zonulaire est, à de très rares exceptions près, toujours binoculaire et reconnaît pour causes les convulsions, les traumatismes ; on a aussi accusé le rachitisme et lli^dlté. Elle est en général stationnaire et n'affecte de tendance à s'étendre qu*à l'âge où apparaît la cataracte sénile.
La conduite que doit tenir le chirurgien vis- ^-Tisde ces malades est essentiellement variable MÛTant l'étendue de la cataracte zonulaire. Si cdle-ci ne dépasse pas un diamètre de 3 à 3 millimètres et demi, c'est à la pupille artificielle qu'il f&Qt recourir. Lorsque la cataracte est plus étendue et surtout menace par des prolonge- ■nents les parties périphériques, il sera néces-
saire d'agir sur le cristallin lui- môme, et dans ce cas la discision sera préférable. On pourra toujours d'aiUeurs, par un examen de la vision pratiqué après dilatation pupillaire, se renseigner approximativement sur l'acuité visuelle que pourrait rendre une simple pupille artificielle, cette dernière, on le conçoit, devant toujours permettre un fonctionnement meilleur qu'une large mydriase.