ACCIDENTS CONSÉCUTIFS A L'EXTRACTION
Infection de la plaie.
L'accident le plus redoutable qui puisse se présenter après l'extraction, consiste dans la suppuration de la plaie, que celle-ci se circonscrive à la cornée, ou qu'elle envahisse l'œil en totalité, pour donner lieu à une panophtalmie. Nous avons ici à distinguer une infection immédiate, et une infection médiate.
i92 MASSELON. -- MALADIES CHIRURGICALES DE L'OEIL ET DE SES ANNEXES. [î
Pour ce qui regarde la première, la constitution et la nutrition de Topéré n'exercent aucune influence. Un sujet présentant la santé la plus robuste peut tout aussi bien subir Tinoculation de produits septiques, soit que ceux-ci aient été transmis par les doigts ou les instruments, soit qu'ils proviennent d'une sécrétion fournie par la conjonctive ou les voies lacrymales. Cette infection immédiate est caractérisée par la très grande soudaineté de ses effets ; elle est accompagnée de vives douleurs avec sécrétion conjonctivale abondante, se montrant brusquement et entraînant la suppuration des bords de la plaie dans les quelques heures qui suivent son apparition. C'est pour éviter un tel accident que chaque cataracte sera tout d'abord questionné avec soin sur l'état de ses yeux. On doit s'assurer qu'il n'existe aucune sécrétion habituelle des paupières et que les voies lacrymales ne sont le siège d'aucune affection. S'il en était autrement, une extraction ne pourrait être entreprise prudemment qu'après avoir guéri les catarrhes, les blépharites, les éversions des points lacrymaux, ou les dacryocystites que pourraient présenter les malades.
L'infection médiate est moins la conséquence d'un transport de matières septiques dans la plaie que de la décomposition du sérum qu'une coaptation imparfaite peut laisser amasser dans la section, la réunion qui s'opère d'ordinaire si prdmptement, lorsque le contact des parties sectionnées ne laisse rien à désirer, n'ayant pu se produire. Le sérum altéré excite alors, par ses qualités irritantes, la diapédèse qui revêt le caractère de la suppuration lorsqu'elle gagne une région amplement pourvue de vaisseaux. Cette infection médiate se distingue de la première par une apparition plus tardive, une moins grande intensité des douleurs et surtout par une tendance à se limiter plus aisément, tandis que l'infection immédiate à souvent une marche foudroyante et aboutit facilement à la panophtalmie. On conçoit que pour ce qui regarde l'infection médiate, l'état général, les diathèses peuvent exercer une certaine influence en favorisant la décomposition du sérum interposé dans la plaie.
En présence d'une complication aussi grave, nos ressources thérapeutiques sont, il. faut le reconnaître, bien faibles. L'application de ouate que l'on tiendra constamment imprégnée de la solution de sublimé, et que nous avons indiquée plus haut comme moyen préventif, est encore le pansement qui paraît agir le plus favorablement. Il présente du moins cet avantage de diminuer
sensiblement les douleurs parfois si cruelle qui accompagnent la suppuration.
Ou a aussi conseillé de traiter la plaie infM tée à la façon d'un ulcère rongeant. C'est ain que Alf. Graefe préconise l'ouverture de la plai avec un stylet que l'on fait glisser d'un angle l'autre de manière à laisser écouler i'humea aqueuse. On peut encore racler avec la curett tranchante, d'après le conseil qu'en a demi Horner, les bords de la section, ou suivai Abadie pratiquer avec le cautère galvanique I cautérisation des parties infiltrées le long del plaie.
Iritis et vido-choroidites, — Enclavements iriâê
et capsulaire.
Si des iritis ou des irido-choroïdites peurei se développer à une époque plus ou moins éU gnée de l'opération sous des influence variée^ imprudences des malades, refroidissements, ir ritation produite par des masses corticales efr combrant la pupille, il faut remarquer que ^ plupart de ces accidents sont consécutifs àrariji clavement de l'iris ou de la capsule. Ainilï peut se faire que, môme avec un champ pa|l laire parfaitement noir, il apparaisse assez biÎÉf quement une iritis, ou une irido-choroïdite,4J| marche alors avec une extrême lenteur. 8 avant que la pupille ne devienne le siège d'em dats et ne se rétrécisse, l'humeur aqueuse n*a|i| pas eucore perdu sa transparence, on recheid avec soin quelle peut être la cause des doulMI qui ont envahi l'œil, on arrivera très fréquM ment à constater qu'il existe une interposilli dans la plaie, soit de l'iris, soit plus fréquei ment encore de la capsule, et que l'inflammatil persistante qui est survenue est provoquée pi ces enclavements.
L'apparition soudaine de cet état inflamnu toire, à une période où tout laissait suppcm une prochaine et parfaite guérison, peut s'exfl quer de deux façons différentes : ou un clji sur l'œil opéré, le plus souvent produit pari malade lui-même pendant le sommeil, a dèttl miné une réouverture de la plaie et un enckv ment iridien, ou bien cet enclavement coon culif à l'opération même n'a montré ses fftchU ses conséquences qu'au moment où il s'est fi une adhérence entre la capsule et l'iris, * telle façon que la dilatation pupillaire, spa tanée ou artificielle par les mydriatlques, a û terminé un tiraillement directement transfl alors sur la plaie. L'irritation plus ou nuii vive qui résulte de ces enclavements peut pers