‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 135 sur 638 · PANSEMENT DES OPÉRÉS DE CATARACTE · texte numérisé non relu

PANSEMENT DES OPÉRÉS DE CATARACTE

La nécessité absolue, pour le succès de l'opération, d'obtenir une réunion de la plaie par première intention, nous oblige à mettre ea œuvre chez les opérés toutes les ressources de la méthode antiseptique. Voici comment on procède à cet égard à la clinique du professeur de Wecker.

Afin d'être assuré qu'aucun produit septiqua ne peut être portée dans l'œil par les instruments mêmes, ceux-ci, après un nettoyage minutieux dans de l'eau chaude additionnée d'une solution d'acide carbolique, et complété, pour les instruments tranchants, par une immersion dans de l'alcool absolu, sont disposés dans une cuvette plate de porcelaine contenant un bain d'acide carbolique à 20 grammes pour un litre. C'est de ce bain que sont tirés, suivant les besoins, les instruments au cours de l'opération.

Le malade étant couché sur le fauteuil d'opérations, l'œil à opérer est préparé de la façoD suivante : Pour insensibiliser les parties super* ficielles de l'organe, on instille cinq ou six gouttes, entre les paupières tenues à demie ouver* tes, d'une solution de chlorhydrate de cocaïne» à 50 centigrammes pour iO grammes d'eau, rendue aseptique par l'addition de 2 milligrammes de sublimé. Puis on attend les deux minutes nécessaires pour produire l'insensibilisation. On procède alors à un nettoyage rapide des paupières avec une solution à 40 centigrammes de sublimé pour un litre et on commence l'opération. Aussi souvent qu'il est nécessaire de débarraser l'œil des larmes et du petit écoulement de sang qui peut se produire, ainsi que des quelques masses corticales que l'on

ACCIDENTS COiNSÉCUTIFS A L'EXTRACTION.

après rexpolaion de la cataracte, on fait de ouate aalicylée trempée dans la soluméb soMimé*

lliosafoas déjà dit qu'aussitôt Tissue de la et renlèvement de Técarteur, on insone goutte d'un collyre de salicylate iMnoe à 5 centigrammes pour 10 gram- Après le nettoyage de la pupille et de la , 00 appDque sur celle-ci, dans le double d'obtenir une désinfection et une agglutines lèTTOs de la plaie, une épaisse couche e chimiquement pur. A cet effet on iMtde la spatule de caoutchouc, ou mieux ttmpon particulier (fig. 1552) qu'a fait exéde Wecker par la maison Lûer, et qui

^l!|. lia}. — Ttmpon en caoutchouc de de Wecker.

en un petit instrument de caoutchouc ilk forme d*un T, avec la base transverdoquel on accole aisément sur la plaie certaine épaisseur dlodoforme, cet instnikninecté dans le bain d'acide carbolique, qat préalablement été imprégné de cette en le plongeant dans le flacon qui la

Afrti eètte désinfection de la plaie, l'opéré iQQ œil, et on applique sur les paumdelle de lint (charpie-toile an- INm), pi âélè préparée en laissant séjourner cetimpetoeheux dans une solution saturée à cÉui^adde borique, et en le laissant ensuite iêeàer. Anal d'appliquer ces rondelles de lint, fBê jcad très roides la grande proportion d'acide toiqoe qu'elles contiennent, on les trempe IRiliblementdanslasolutionde sublimé, afin de iMiisottpIir,et de leur permettre de se mouler •fielqae sorte sur les paupières. On recouvre ■nte très exactement le creux orbitaire et les Ml de la rondelle boriquée avec une couche ^Me salicylée, et on termine par Tapplica- ^ fnne bande de flanelle en laissant l'autre ^dècoovert, le malade devant éviter d'entr'ou- ^cdoi-ci inutilement.

1 sera prudent de renouveler ce pansement ViBotns toutes les vingt-quatre heures et même l>tt douze heures, si Topérè profère la moindre '^i mais lorsqu'il n'existera aucune sensa- Bdésagréable du côté de l'œil, on recom- Miera au malade de tenir à chaque panse-

I'^ses yeux fermés, un examen étant alors ^•Qios inutile du moins dans les premiers

jours. Avant de replacer sur l'œil opéré une rondelle de lint borique, on passera sur le bord des paupières un petit tampon de ouate salicylée imbibée de la solution de sublimé afin d'en assurer la propreté parfaite.

Le quatrième jour on procédera à l'examen de l'œil en s'aidant de rëclairage oblique, et on portera surtout son attention sur l'état de la pupille. Si celle-ci se montrait voilée par une couche de masses corticales, et surtout si l'iris avait déjà, sur quelques points, pris des adhérences, on commencerait immédiatement l'emploi d'un collyre d'atropine, afin de rompre les adhérences, et de permettre plus amplement l'imbibition des masses cristalliniennes par l'humeur aqueuse dans le but de favoriser ainsi leur résorption.

Dans les cas d'extraction simple, on devra dès le premier examen s'assurer que la pupille a conservé sa forme arrondie, et qu'il n'existe pas sur une partie plus ou moins étendue du pourtour 'pupillaire, un tiraillement indiquant que l'iris s'est enclavé dans la plaie. Dans ces circonstances il faudrait aussitôt recourir à remploi d'un collyre d'ésérine.

C'est d'ordinaire le cinquième jour que l'on laisse le malade quitter son lit ; enfin le sixième on supprime le bandeau, à moins que, par exception, la réunion de la plaie soit trop imparfaite, ce que montrerait l'absence de toute chambre antérieure.

On ne modifie ce pansement que si, le premier ou le second jour après l'opération, un excès de sécrétion conjonctivale, accompagné de douleurs, annonce la menace d'une suppuration cornéenne. On cesse alors aussitôt tout bandage, et on ne laisse sur l'œil qu'une simple rondelle boriquée, ou mieux un petit gûteau de ouate salicylée, imbibé de la solution de sublimé qui se moule plus exactement sur les paupières. Ce pansement, rondelle ou ouate, doit être tenu constamment humide,. et réussit encore, dans un certain nombre de cas, à arrêter une suppuration qui semblait imminente.

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