INFLAMMATION DE LA CORNÉE
D'après Saemisch, rinflammation de la cornée peut revôlir trois types différents. Ce sont : Tiniiltration, Tabcès et l'ulcère.
IXFILTRATION DE LA CORNEE.
Cette forme est caractérisée par la pénétration dans le tissu cornéen de cellules lymphoîdes, mais sans qu*il en résulte d'autres altérations que la dissociation des éléments de la cornée rendue indispensable pour faire place aux cellules infiltrées. La conséquence de cette dissociation du tissu cornéen et de la présence des cellules infiltrées est un trouble dans la transparence de la partie envahie, mais ce trouble ne présente pas une délimitation nette. Les cellules lymphordes s'infiltrant suivant les voies naturelles qu'elles trouvent toutes préparées, on rencontre souvent, du moins au début, un dessin de stries ou de lignes entrecroisées et superposées tout à fait caractéristique.
Ce qui distingue nettement l'infiltration, c'est que, sauf la compression des éléments cornéens, ceux-ci ne subissent aucun changement morbide. Il est vrai que la nutrition de ces éléments peut souffrir, par suite d'un entassement trop considérable de cellules immigrées, ou de la présence trop prolongée de ces cellules, en sorte que la cornée n'arrive pas à recouvrer sa transparence primitive. Mais l'infiltration est aussi susceptible de disparaître sans laisser la moindre trace de son passage, et cela qu'elle ait atteint la totalité de la cornée, ou seulement une partie circonscrite, caractère qui la différencie essentiellement de l'abcès et de l'ulcère cornéen.
A part l'altération indélébile que peut laisser une infiltration trop abondante et trop prolongée, consécutivement à la compression exagérée des éléments cornéens, le trouble de transparence persistant peut encore être la conséquence d'une organisation des cellules infiltrées, d'une sclérose de la cornée, ce que révèle la fréquence d'une vascularisation de ces infiltrations.
L'étendue et le siège de l'infiltration sont variables, et il existe des infiltrations diffuses ou circonscrites, profondes ou su^terficielles. Plus l'infiltration siège dans les couches profondes et plus ello tend à devenir diffuse et à prendre les caractères d'une infiltration par enchy materne, Lïr-
ritation est surtout marquée lorsque l'infiltration siège dans les couches superficielles, surtout riches en nerfs, et qu'elle tend à se circonscrire, de façon à comprimer par un entassement limité sur un point, les filets nerveux. Au contraire l'infiltration même considérable des couches profondes se montre plus ou moins indolore, comme on l'observe dans la kératite parenchymateuse.
Si l'infiltration présente une certaine bénignité, ni son siège, ni son étendue ne permettent de prédire dans quelle mesure le mal pourra disparaître sans laisser de traces. Dans tous les cas on devra se souvenir que l'infiltration exclut de sa thérapeutique tout remède et toute médication irritante.