‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 181 sur 638 · OPÉRATIONS DU DÉCOLLEMENT DE LA RÉTINE · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS DU DÉCOLLEMENT DE LA RÉTINE

La ponction scléroticale dans les cas de décollement de la rétine fut tout d'abord pratiquée par .Sichel père, non dans l'espoir d'agir sur la rétine détachée, mais uniquement pour remédier aux symptômes glaucomateux survenus consécutivement au décollement. Peu de temps après, de Arlt recommanda la môme opération dans le but d'obtenir la guérison de décollements récents. Cette simple ponction fit bientôt place à la dilacération de la rétine, que Bowman pratiquait avec deux aiguilles, et de Graefc avec une simple aiguille falciforme. Ce qui avait engagé à dilacérer la rétine dans le décollement, c'est l'observation que l'on avait faite que, dans les cas où celte déchirure rétinienne s'était spontanément produite, le décollement avait une certaine tendance à rester stationnaire et môme à rétrograder parfois. Mais ayant acquis la conviction que toute opération qui, en franchissant la rétine, tend encore à désorganiser le corps vitré, doit être bannie de la thérapeutique chirurgicale du décollement, on revint à la simple ponction scléroticale, combinée alors avec Técoulement du liquide sous-rétinien, ainsi que de Wecker la pratiqua.

La tentative d'obtenir un écoulement permanent du liquide sous-rétinien, au fur et à mesure de sa production, était certes absolument rationnelle; la difficulté était de trouver un moyen* propre à assurer la filtration, et cela d'une façon qui fût tolérée par l'œil. Nous reviendrons plus loin sur le drainage oculaire imaginé par de Wecker.

Dans le môme ordre d'idées doivent être pla-

cés les essais que nous fîmes, avec notre maitre, pour établir une fistule scléroticale temporaire, en pratiquant dans la sclérotique, au-dessous du décollement, une perte de substance trè« circonscrite à l'aide d'un fil de platine porté au rouge par la pile. La cautérisation ainsi pratiquée devrait, en outre, avoir pour effet de déterminer, après écoulement du liquide sous-rétinien, un foyer de rétino-choroîdite propre à retenir la rétine dans son emplacement normal Ces pqnctions galvaniques qui, dans des cas récents, sont susceptibles de fournir des résultats favorables, donneront toujours, dans les décollements anciens, la crainte que récoulement ne devienne, trop abondant et n*entraliie un état de phthisie plus ou moins accusé, bien que nous n'ayons pas observé semblable te^ minaison.

Quelques-uns de nos malades ayant obtenu une amélioration sensible, à la suite de tentatives infructueuses de ponction avec un fil de pluline insuffisamment chauffé par une pile épuisée, la ponction galvanique fut abandonnée et remplacée d'une façon régulière par une application de pointes de feu exécutées sur la sclé-

! rotique avec l'anse de platine. L'épanchenoeot sous-rétinien est ainsi traité à la manière des

! collections qui se forment dans les séreuses. Ces cautérisations galvaniques, toujours innocentes, qui peuvent être répétées un certain nombie de fois, à un intervalle de huit à dix jours, donnent habituellement une amélioration notable, et dans un certain nombre de cas une guérison complète.

Nous donnerons maintenant la description de ces divers procédés opératoires.

PONCTION DU DÉCOLLEMENT AVEC LE SCLÈ'

ROTOME.

Voici comment de Wecker exécute cette op^ ration, pour laquelle il se sert d'un petit coutesu (sclérotome) dont la pointe représente une lance»

Fig. 1588. — Sclérotome de de Wecker.

' Ce sclérotome doit ôtre court et très étroit, d'une largeur de 1 millimètre à 1 millimètre et demi (fig. 1588). 11 est très important de bien déterminer tout d'abord le point où doit être faite la ponction, en se renseignant par un examen préalable du champ visuel, contrôlé par l'ophthil-

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