‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 23 sur 638 · I. — EFAIfCHEMEKT ENTRE LA DURE BIERE · texte numérisé non relu

I. — EFAIfCHEMEKT ENTRE LA DURE BIERE

ET LE CRAPÏE.

Les sources de l'hémorrhagie sont de trois

(1) Larrey (op. ct7., p. 317) rapporte un fait de guériaon à la auite d'une disjonction de la suture coroule; la mort tunrint six mois après, par une affecâoB indépendante.

(2) Hewett, op. cit., vol. I, p. 592.

ordres, à savoir : \^ les petits vaisseaux qui vont de la membrane à l'os; 2° l'artère méningée moyenne; et ^° les sinus veineux du cerveau. Les épanchements fournis par la première de ces sources sont d'ordinaire très limités et ont été mentionnés à propos de la contusion des os ; les épanchements qui proviennent de la rupture de l'artère méningée moyenne ou de ses branches sont de beaucoup les plus fréquents, car « sur trente et un cas de fracture du crâne, s'accompagnant d'épan-

chement l'hémorrhagie venait de l'artère

méningée moyenne dans vingt-sept cas (2). » L'épanchement dû à la rupture d'un des sinus

(1) Mouton (Quesnay, èJém, de l'Académie royale de ehirurgie^ in-4*, t. I, 1743).

(2) Holmes's, System of surgery, 3* éd., vol. î, p. 575.

CHARLES B. NANCREDE. — LÉSIONS TRADHATIQL'ES DE LA TÊTE

consUloe la variété la plus rare; mais, quand on l'observe, il peut élre très conùdérable, comme dans un fait rapporté par Hewell, dans lequel le sinus latéral était déchiré » juste au point où il passe au-dessus de la portion rocheuse du temporal •< (1).

On dit ordinairement que la branche antérieure de l'artère méningée moyenne est déchirée au niveau de l'angle antérieur et inférieur du pariétal. Si od considéra un moment la trajet suivi par l'artère, après son entrée par le trou sphéno-épineux, il est facile de comprendre que, dans la variété la plus commune des fractures de la base du crAne, c'est-à-dire celle qui inté* resse la fosse moyenne, le vaisseau peut étra déchiré sur tous les points de sa longueur depuis son entrée dans le crâne Jusqu'à l'angle antérieur et inférieur du pariétal. L'artère, en outre, se divise fréquemment en deux branches de volume à peu près égal, bientôtaprès son entrée dans le crâne. La division antérieure se dirige vers l'angle antérieur et inférieur du pariétal (!), tandis que l'autre branche, passant beaucoup plus en arrière, se ramifie sur toute l'étendue du pariétal, et envoie aussi des branches aux portions contigues du frontal et de l'occipital. D'après CCS considérations anatomiques, il est facÛedevoirque des épanchements considérables de sang peuvent résulter de la rupture de l'artère méningée movenne, à la suite de fractures qui n'intéressent pas l'angle antérieur et inférieur du pariétal, mais coupent lo trajet de quelquesunes des grosses branches que Je viens de signaler. Quelle que soit la source dont elle procède, l'hémorrhagie est abondante, en raison du décollement étendu de la dure-mère qui l'accompagne (3). Le caillot forme une ■ masse dure, granuleuse, qui s'écrase très diflicilement, même sous une forte pression, et adhère très solidement aux parties entre lesquelles elle eat

(l)On ■ démontré ei péri menu te ment qu'un mIIlot, piteé entre t* dure-mère et l'o* et ëg«l«nt le doutième de 1> capacilé du crine, détermina du comi et t« mort dans l'eipice de quelque* heure».

(3) La gouttière duiB laquelle est iltué le vaiisetu est louveiil convertie en an Moat oaieui, es qui rend II. déclilrure de l'artère presque certaine, quand celte portion de l'oa est Tracturée.

(3J Bien que le décollement primiiif déterminé par la violence traumattque toit le facteur principal dans cet état, cependinlune cotteeiionde aang liquide, une fois formde entre ta dure-mère et I'ob, et, communiquant avec une artère ouverte, doit, d'aprèi des principes hydrostatiques bien connus, tendre k augmenter de volume et h décoller la membrane plus loin, Jusqu'à ce que ta coagulation ait lieu.

siluée ». Quand l'épancbement est considérable, le cerveau sous-jacent présente une dépressioD en cupule, et les circonvolutions cérébrales sont enapparence aplaties. L'opinion d'après laquelle l'hémorrhagie consécutive à la déchirure de la grande artère méningée pourrait s'arrêter grflce à la compression déterminée par le caillot qui se forme, après qu'une petite quantité de sangs'est épanchée, est, suivant toutes probabibtés, purement théorique (I). Si le blessé sorril, le caillot se décolore et se résorbe, k en juger par

Fig. 1S06. — Fnctnre du crtne par perforation ; l'instrnment valnértint (morceau de verre) a blessé l'artère méningée moyenne. (D'après ane pièce appartenant an professeur Conner, de Cincinnaii.)

ce qui a été constaté dans une observation publiée (3). On connall plusieurs faits de plaies par instruments piquants, comme une lame de canif ou un fragment de verre, dans lesquels la mort a été due à un épanchement étendu résultant de la division d'une branche importante de la méningée (3).

SymptAmes.

Ils sont très variables et dépendent de la plus ou moins grande rapidité de l'épanchement saaguin ; ce sont, en somme, les aymptOmes de la compression. Avec un collapsus marqué, et par suite une circulation affaiblie — peut-être grAce au petit volume de l'épanchement —, les phénomènes ordinaires peuvent n'apparaître

(1) SirW. GrosB rapporte deui cas de sa pratique, où il eilatait dea caillots volumineai et ob, malgré ces caillou, le sang s'écouta avec abondance par les trous du trépan.

(î) Henett, op. cil.

(3) Canner, Cincinnati Lanctl and Clmie, Jin. b, ISSt.

Page 1