CORPS ÉTRANGERS
On a rencontré dans le conduit auditif un grand nombre de corps étrangers les plus variables et dont rénumération serait trop longue. Toutefois on peut les diviser en deux grandes classes : l<»ceux qui se développent dans l'oreille même, tels que caillots sanguins, séquestres osseux, amas de cérumen, d'épiderme; 2^ ceux qui viennent du dehors. Parmi ces derniers, on peut distinguer au point de vue des lésions qu'ils produisent : les corps durs, anguleux, les corps arrondis ou lisses, les corps végétaux susceptibles de gonflement ; enfin les animaux vivants dont les mouvements peuvent déterminer des sensations spéciales.
Ssrmptômes.
Les symptômes, dus à la présence d'un corps étranger dans le conduit, peuvent être absolument nuls; le malade peut même ignorer la surdité qu'ils déterminent. Aussi a-t-on observé des cas où un corps étranger avait séjourné pendant de longues années dans le conduit sans que le malade en eût conscience. Mais il n'en est pas toujours ainsi, et les symptômes provoqués par eux peuvent se diviser en locaux et en généraux, d'ordre réflexe.
Les symptômes locaux sont ceux de l'otite externe qui survient surtout lorsque le corps est volumineux, a été introduit avec une certaine force, ou bien lorsqu'il présente des saillies qui ont blessé les parois du conduit. Mais on les observe encore bien plus souvent à la suite de manœuvres exercées avec des instruments dans le but d'extraire le corps étranger.
Les symptômes d'ordre réflexe qui ont été observés sont assez nombreux : ce sont des vertiges, des vomissements, une toux spasmodique tenace due à l'excitation du pneumogastrique; la salivation ; le tic douloureux de la face ; la contracture de la mâchoire d'un côté ; les convulsions partielles; l'épilepsie même, accidents qui disparaissent dès que la cause est enlevée.
Les animaux vivants surtout donnent lieu par leur introduction dans le conduit à des phénomènes réflexes très graves. M. Mégnin(l) a guéri
(1) Mégnin, Soc, de Biologie, t. XXXJIl.
P. GIJERDER. — BLESSURES ET MALADIES DES OREILLES
une épidémie d*épilepsie sur une meute de chiens en détruisant les larves vivantes que les animaux avaient dans les oreilles. J'ai observé un cas où rintroduclion d'une mouche dans l'oreille avait déterminé un accès de délire. Le diagnostic du corps étranger du conduit est très simple, dans les premiers temps qui suivent son introduction : un simple examen suffit. Il n'en est plus de môme lorsque le corps a séjourné depuis longtemps dans le canal. 11 est recouvert alors d'une couche de cérumen et de débris épidermiques qui ne permettent plus de le reconnaître. D'autres fois, ce sont des corps végétaux qui ont subi des altérations qui les rendent méconnaissables. Lorsque la présence du corps étranger est déterminée, il faut en établir la nature, la situation, le volume. Un attouchement léger avec un stylet permettra de constater sa dureté plus ou moins grande, sa fixité ou sa mobilité. L'inspection permet de savoir si les parois auriculaires sont saines, lésées ou enflammées.
Traitemen.t.
Le chirurgien prudent devra bien se pénétrer de toutes les particularités anatomiques du conduit auditif et de la disposition du corps étranger avant de choisir le procédé dont il se servira pour en faire l'extraction. Il devra surtout n'intervenir avec la main armée qu'après avoir épuisé sans succès tous les moyens de douceur et inofTcnslfs que nous allons d'abord énumérer. 11 n'introduira dans le conduit aucun instrument sans être guidé par un bon éclairage.
La position du malade la plus favorable est le décubitus latéral, la télé basse. Si l'on a introduit préalablement quelques gouttes d'huile dans le conduit, le corps étranger, s'il est de petit volume, pourra sortir spontanément, et, s'il est plus volumineux, se rapprocher du méat de façon à pouvoir être saisi facilement avec un instrument sans courir le risque d'être refoulé.
Certains corps légers peuvent être aspirés à l'aide d'un tube de caoutchouc introduit dans le méat.
Les animaux vivants, larves, mouches, doivent être tués à l'aide d'huile chloroformée et sont alors facilement amenés au dehors à l'aide d'une injection d'eau tiède.
Les substances adhésives^ telles que la glu, la
colle forte, la gomme, portées au bout d'un petit stylet en bois ou d'un pinceau auquel elles font adhérer le corps étranger, permettent son extraction lorsqu'il n'est pas trop fortement enclavé.
Les injections d'eau tiède sont de tous les procédés le plus pratique, le plus simple et le plus facile à exécuter.
Elles sont sans aucun danger et réussissent dans le plus grand nombre des cas. Le liquide injecté pénètre en arrière du corps étranger et le pousse au dehors par l'effet de la vis à iergo. On doit se servir d'une seringue assez forte, munie d'un embout en caoutchouc que l'on introduit dans le méat, afin d'augmenter la force do jet. Pour faciliter l'issue du corps étranger oo couchera le malade dans la position que nous avons indiquée plus haut. Il est très rare qu'avec de la persistance les injections échouent
Lorsque ces divers procédés n'ont pas réaisi, que faut-il faire? Si le corps étranger ne donne lieu à aucun phénomène inflammatoire, s'il ne provoque pas de douleur ni de symptômes réflexes, il vaut mieux l'abandonner provisoirement à lui-même. Mais lorsqu'il existe un élit d'irritation du conduit, de la douleur, des phénomènes réflexes, et qu'une complication inflammatoire, souvent redoutable, est à craindre, il faut procéder à l'extraction.
La difficulté résulte quelquefois de ce que le corps susceptible de gonflement remplit hermétiquement la lumière du conduit. Dans ces ces il est toujours suffisamment mou, pour être dilacéré à l'aide d'instruments et éliminé ensuite par les injections.
D'autres fois, il s'est enfoncé profondément, il a déchiré la membrane du tympan etapénétré dans la caisse. Une douche d'air administrée par la trompe d'Ëuslache', aidée d'une aspiration par le méat, l'amène alors souvent au dehors.
Enfin dans les cas extrêmes où tous les moyens ont échoué, quand l'extraction est formellement indiquée, il fautrecourir àl'opératioD conseillée par Paul d'Egine et Trœltsch. G^ opération consiste à décoller la partie supériflue du pavillon de l'écaillé temporale et d'arriver ainsi directement dans la partie profonde do conduit auditif. Cette opération peut surtout être faite sur les enfants et devientune ressource suprême, sans présenter de grands dangers, lorsque la vie est menacée par la présence du corps étranger.
CONDUIT ADDITIF. -> INFLAMBIATIONS. — FURONCLES.
AMAS CËRUMLNEUX.
it auditif renferme des glandes séglandes cérumineuses dont les sellées à des poils, des squames épiconstituent le cérumen, tel qu'il sort L Tétat de grumeaux, ou enlevé par ! toilette. L'abondance, la cousissuite l'élimination de ce produit est i selon les individus . Trop épais, ou me courbure exagérée du conduit, ne trop gprande abondance de poils, s le fond du conduit des amas que bauehom cérumineux. La coloration i varie du brun clair au noir foncé.
, chez le yieillard, ils présentent une tté et adhérent fortement aux parois Leur développement est générale-
Symptômes.
âmes auxquels ils donnent lieu sont ▼ariable selon le degré d'obstruciuit. Lorsqu'il siège sur le tympan il fieu à des bourdonnements, des vervent être attribués à la compression nbrane. Si, par suite d'une violence itd'un coup sur l'oreille, le bouchon & fit brusquement refoulé vers le ilto compression subite peut donner i^ptômes simulant ceux d'une lélescentres. Trœltschencitc un exemoable. 11 s'agit d'un homme qui, en
état d'ivresse, s'était violemment frappé la tête contre un obstacle et fut traité très énergiquement pendant trois mois pour une lésion du crâne dont il présentait les symptômes ; tous ces phénomènes étaient dus à la compression du tympan par un bouchon cérumineux déplacé lors de la chute, et disparurent aussitôt qu'il fut enleyé.
Pronostic.
Le pronostic du bouchon cérumineux n'est toutefois pas grave en lui-même. Au point de vue de la fonction de l'organe auditif, il y a lieu de distinguer si la surdité est liée uniquement à la présence du bouchon, ou à des altérations antérieures ou consécutives du tympan et de la chaîne des osselets.
Le rétablissement intégral de l'ouïe n'a lieu que dans le tiers des cas environ. Dans les autres, il n'en résulte qu'une amélioration et quelquefois aucun changement. Il faut donc être réservé dans la réponse à faire au malade qui vous interroge sur le résultat de l'extraction.
Traitement.
Le traitement consiste dans l'extraction du corps étranger. Le plus souvent de simples injections d'eau tiède suffisent. Dans les cas où le bouchon est très dur, il faut le ramollir peu à peu par des instillations d'huile ou de glycérine dans l'intervalle des injections.