‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 237 sur 638 · FURONCLES · texte numérisé non relu

FURONCLES

;le du conduit est une affection fréi eUe n'est pas grave, elle est souvent ireuse. En se renouvelant très fré-

quemment chez certaines personnes prédisposées, ou en se prolongeant pendant des mois par des poussées successives, elle peut porter une atteinte sérieuse à la santé générale.

Les causes du furoncle sont la prédisposition herpétique ou arthritique; on le voit souvent survenir à la suite d'un eczéma; il complique aussi très souvent les écoulements purulents de l'oreille.

M. Lœwenberg (i ) considère le furoncle en général comme contagieux et dû à un microbe particulier. Celte contagion expliquerait son développement par séries, chez le même individu, ainsi

(1) Lœwenberg, Le furoncle de C oreille et la furonculose (Progrès médical, 1881).

P. GUERDER. — BLESSURES ET MALADIES DES OREILLES

que les épidémies de furoncles que l'on a observées quelquefois et que M. Bonnafont (1) avait déjà signalées.

Symptômes.

Les symptômes du furoncle sont, au début : du prurit, de la chaleur, une sensation de gêne et de tension dans le conduit avec douleurs provoquées par les mouvements de la mâchoire et du pavillon. Les douleurs vont en augmentant, deviennent très vives et s'irradient autour de l'oreille. En môme temps le malade éprouve des battements dans l'oreille, de la flèvre ; céphalalgie; état saburral; insomnie. La surdité est plus ou moins prononcée selon le degré d'obstruction et l'état congestif qui peut s'étendre au tympan et à la caisse. Cette congestion peut donner lieu à des phénomènes réflexes tels que délire, nausées, vomissements, état semicomateux, convulsions. Ces divers symptômes se présentent généralement avec des rémittences diurnes et des exacerbations nocturnes. A l'examen, on constate une petite tumeur arrondie, acuminée, d'une couleur \iolacée;tout autour la peau est rouge, gonflée. Vers le quatrième ou le cinquième jour, quelquefois plus tôt, la pointe de la tumeur prend un aspect jaunâtre, s'ouvre, et il en sort une gouttelette de pus épais. Les douleurs se calment aussitôt, à moins qu'il n'existe d'autres furoncles en voie de développement.

Traitement.

Le traitement consistera, au début, en instillations d'eau tiède, de décoction de tètes de pavots, et en applications de cataplasmes tièdes. Ces soins suffiront dans les cas légers. Mais lorsqu'il survient des phénomènes de congestion du tympan et de la caisse, d'hypérémie cérébrale, si la tuméfaction est considérable et tend à gagner la région mastoïdienne^ il ne faut pas hésiter à faire une large application de sangsues. Si les douleurs sont très violentes, on pourra administrer du chloral, instiller dans l'oreille une solution de sulfate d'atropine au 30*' ou une solution au 20' de chlorhydrate de cocaïne. L'aneslhésie qui en résulte permettra de pratiquer l'ouverture du furoncle, conseillée par Trœlstch. Cette petite opération, très douloureuse, n'est pas facilement acceptée par les malades.

Weber-Liel conseille, comme moyen abortif,

(1) Bonnafont, Traité des maladies de V oreille. V édition. Paris, 1800.

des instillations d'alcool absolu; Wilde et Trœltsch, des badigeonnages avec une solution de sulfate de zinc : i pour 8.

Lorsqu'on pratique l'ouverture du furoncle, on se sert d'un petit couteau à pointe mousse que l'on introduit au delà de la tumeur, et l'on incise de dedans en dehors en retirant le couteau. Si le bourbillon ne sort pas, on l'extraira à l'aide de la curette.

On pratiquera pendant un temps aaaei loog des injections tièdes avec une solution d'acide borique ou de sulfate de zinc, qui agiront comme détersives et antiseptiques.

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