‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 245 sur 638 · EXAMEN PAR LA VOIX · texte numérisé non relu

EXAMEN PAR LA VOIX

La voix est ce que le sourd désire le plus entendre à cause des relations sociales. Au point de vue scientifique, la voix humaine constitue

P. GUERDER. — BLESSURES ET MALADIES DES OREILLES

unacoumëtre bien imparfail: que de variations dans sa hauteur, dans son timbre, dans sa netteté ! Malgré cela, elle constitue dans la pratique un bon moyen de contrôle. Le médecin peut s'étudier à donner à sa voix un timbre, une hauteur, une netteté presque toujours identiques. Cela suffit pour le malade, car l'essentiel pour lui est l'augmentation de la portée auditive pour une voix ainsi réglée, en laissant à la science le droit d'être plus exigeante. Le médecin se placera à distance du malade, lui parlera à voix basse d'abord, puis élèvera peu à peu la tonalité. Si le malade n'entend pas, il se rapprochera peu à peu, et précisera à quelles distances la voix basse et la voix haute sont perçues. 11 empêchera le malade de le fixer, car beaucoup de sourds se sont déjà habitués à lire sur les lèvres de leur interlocuteur. Le malade devra répéter les paroles pour montrer que non seulement il les a entendues, mais comprises. Le médecin, de son côté, doit choisir les mots dont il se sert, car leur audibilité est très variable suivant qu'ils sont riches ou pauvres en voyelles et même selon les voyelles prononcées. Ainsi, d'après WolfT, qui a fait de nombreuses expériences sur cette question, A est entendu à 252 mètres là où I n'est entendu qu'à 210 mètres; ou à 19 mètres; sch à 140 mètres; F à 48 mètres ; B, P, à 12», 16; H aspirée, à 8'»,4. Un malade pourra entendre à 8 ou 10 mètres un mot comme chat et n'entendre que très près de l'oreille un mot comme vendre.

exâhkn par la montre.

Les sons produits par le tic-tac de la montre ont aussi l'inconvénient d'être très variables, mais le médecin, se servant toujours de la même montre, dispose d'un bruit toujours identique à lui-même. Il devra préalablement bien connaître, par de nombreuses expériences, à quelle distance la montre dont il se sert est entendue à l'état normal, et se servira d'un instrument dont le mouvement est assez fort et très net. 11 se placera derrière le malade qui, les yeux fermés, doit ignorer où la montre est placée. La tenant d*abord loin de l'oreille explorée, il la rapprochera graduellement jusqu'à ce que le malade déclare entendre le tic-tac.

Il n'y a pas toujours concordance entre la portée auditive de la montre et de la voix. La montre ne produit qu'un bruit uniforme, tandis que la voix est un composé de sons bien plus difficiles à analyser par Toreille et pour lesquels il faut une adaptation que l'éducation seule

peut donner. Les enfants sont relativement plus sourds pour la voix que pour la montre. II en est de même chez Tadulte lorsque la surdité remonte au jeune âge et qu*il n'a jamais entendu bien nettement la voix articulée. La propre voix du jeune sourd a d'ailleurs quelque chose de voilé, une absence de consonnes, un manque de netteté tout particulier, qui indique bien que son éducation a été incomplète sous ce rapport. On peut de même voir des sourds ne pas percevoir le bruit de la montre tout en entendant assez bien la voix.

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