‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 269 sur 638 · TROMPE D'EUSTACHE. — CATARRHE CHRONIQUE. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TROMPE D'EUSTACHE. — CATARRHE CHRONIQUE. — TRAITEMENT

tante, il faut chercher à se rendre compte de son siège et de sa nature. Cet examen se pratique à l'aide d'une fine bougie (fig. 1658), poussée avec beaucoup de précautions par le cathéter.

La bougie peut se trouver arrêtée au pavillon parois tubaires. Si elle s'arrête à une certaine

et ne pas dépasser le bec de la sonde ; il existe alors une cicatrice invincible. Si elle pénètre, la main donne la sensation de la résistance qull rencontre dans son frottement contre les

MBEPvT LT COLLIN

Fig. 1658. — SoDde de gomme et son mandrin gradué, avec le curseur.

distance et ne peut aller plus loin, on prendra une autre bougie plus fine qui pourra passer, quelquefois en provoquant un peu de douleur et en donnant la sensation d'un obstacle vaincu. On mesure alors de quelle longueur la bougie a pénétré et on détermine ainsi le siège. On retire la bougie, et si elle n'est pas teintée de sang, on peut donner une injection d'air; dans le cas contraire, il vaut mieux s'en abstenir, de crainte de provoquer un emphysème. En général, après le passage de la bougie la plus fine^ l'air pénètre largement dans la caisse.

Traitement.

Le traitement doit avoir pour objectif de rétablir l'aération normale de la caisse par le canal de la trompe et de mettre le malade à l'abri des récidives. Cette dernière indication sera remplie par la guérison du catarrhe naso -pharyngien pour le traitement duquel nous renvoyons le lecteur au livre qui traite de cette affection (1).

Le traitement du catarrhe de la trompe confiera en injections d'air. Le choix du procédé dépend de diverses conditions. Si les deux oreilles sont affectées, même à degré inégal, si le malade n'est pas congestif, on aura recours «a procédé de Valsalva, de Politzer, et s'ils sont insoffisants, au cathéter. Quand l'affection est unilatérale, que l'on craint la compression exer- ^ sur l'oreille saine par des insufflations faites avec une certaine énergie, quand le malade est congestif, il faut rejeter le procédé de Valsalva. ^lui de Politzer pourra encore être employé s'il n'exige pas une trop forte compression de la poire.

Dans le cas où l'air pénètre difficilement dans la caisse et que la compression doit être éner- S^ue, M. Gellé, pour mettre l'oreille saine à ^'abri, conseille d'isoler cette oreille à l'aide du ^oUon de caoutchouc à épistaxis. On introduirait

(1) Voir Lefferts, Maladies du nez.

d'abord dans la narine du côté sain ce tube de caoutchouc délié, terminé par une boule de caoutchouc, qui n'est gonflée que lorsqu'elle est arrivée dans le cavum pharyngien, à l'orifice postérieur des fosses nasales ; puis on l'aseujettit de façon qu'elle oblitère la cavité nasale de ce côté et bouche le pavillon tubaire.

Avec le cathéter, on obtient une action limitée. U pénètre un peu dans le pavillon, dont il décolle les lèvres, enlève les croûtes et les mucosités durcies; c'est souvent à l'orifice que se trouve l'obstacle et cette légère pénétration du bec de la sonde suffit à faire passer l'air avec facilité.

Quand l'air pénètre mal, il faut aller plus loin, passer par le cathéter une petite sonde que l'on poussera jusqu'à ce que l'air passe. Si la petite sonde éprouve de la résistance et ne pénètre pas assez loin, il est nécessaire de dilater la trompe à l'aide de petits mandrins dont nous avons parlé déjà. Les mandrins sont en baleine qui est trop dure, en plomb, en corde à boyaux, en laminaria ; ces derniers sont trop fragiles et peuvent se briser dans la trompe. Leur action n'est pas seulement dilatatrice ; ils exercent encore sur la muqueuse une excitation mécanique qui réveille la vitalité. On peut les tremper préalablement dans des solutions astringentes ou caustiques et les laisser un certain temps en contact avec la muqueuse de la trompe. Dans la même séance, on introduira successivement des mandrins de numéros de plus en plus gros.

On peut encore, à l'aide de la petite sonde, faire des injections de liquides dans le canal de la trompe ; mais ces dernières doivent être pratiquées avec précaution pour éviter la pénétralion du liquide dans la caisse, à moins que cefle-ci ne soit également malade et que ces injections soient indiquées.

Mercié et Baratoux ont essayé de réduire les rétrécissements de la trompe à l'aide de l'électrolyse. Ce procédé nouveau n'est pas encore assez perfectionné pour constituer une méthode.

Enfin il y a des rétrécissements absolument

P. GUERDER. — BLESSURES ET MALADIES DES OREILLES

invincibles, tels sont ceux qui sont constitués par des néoplasmes, des dégénérescences osseuses ou calcaires. Dans ces cas, rétablissement d*une ouverture permanente du tympan est indiquée. La difflculté consiste à maintenir cette perforation. La galvano-caustique donne

jusqu'ici les meilleurs résultats. Baratoux s'est servi deux fois de rélectroly se. I^ perforation s'était maintenue au bout de six mois, chei l'un des malades et au bout de qoinxe mois, chez Tautre.

Page 1