‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 268 sur 638 · LA TROMPE · texte numérisé non relu

LA TROMPE

Le catarrhe chronique peut s'établir à la suite d'un catarrhe aigu ou par la répétition d'hypérémies, de catarrhes légers qui n'ont jamais disparu complètement. La muqueuse tubaire subit ainsi à la longue des altérations notables: la desquamation épithéliale augmente, la couche sous-muqueuse s'infiltre, gonfle, puis plus tard s'indure; les vaisseaux, très engorgés d'abord, se rétrécissent et se raréfient ensuite par la prédominance du tissu conjonclif. Des papilles se développent sur la surface de la muqueuse; les glandules s'engorgent, et leur sécrétion s'épaissit. Toutes ces lésions amènent une diminution de la lumière du conduit, et quelquefois une oblitération complète. Pour peu que ces lésions durent, elles se propagent à la caisse et se compliquent dune otite moyenne ; quand même cette propagation n'aurait pas lieu, la membrane du tympan subit les altérations que produit le vide de la caisse, dans laquelle l'air ne peut plus se renouveler. Au début, l'aération se fait encore tant bien que mal, pendant la déglutition, parce que les muscles qui y président ont conservé toute leur con-

(1) Voir plus loin : Lefferls, Maladies du nez.

tractilité ; mais à la longue ils subissent euxmêmes des altérations qui les rendent paresseux et insuffisants. La dégénérescence graisseuse les envahit ; le malade se fatigue vite quand il chante ou parle ; il ne peut exécuter plusieurs mouvements consécutifs de déglutition à sec ; quand il boit, il lui arrive souvent que le liquide pénètre en partie dans le larynx, qu'il avale de travers.

Le tympan se déprimant de plus en plus perd sa tonicité, se déforme, et s'enfonce jusqu'au contact de la paroi labyrinthique.

Symptômes.

Les symptômes sont caractéristiques : du côté du tympan, on voit l'apophyse externe du marteau plus saillante, le manche plus oblique; aussitôt que l'on injecte de l'air, la cloiflon se redresse avec un bruit d'éclatement et la sa^ dite disparaît; cette amélioration disparait si on fait exécuter aux malades quelques mouvements de déglutition. Ce dernier entend, à chacun de ces mouvements, une petite crépitation que M. Gellé attribue à la rétraction saccadée du tympan. Mais cette crépitation se produit toujours dans l'obstruction de la trompe et à tous les mouvements de déglutition que fait le malade. Elle n'est point due seulement à an mouvement du tympan, mais se produit au pavillon de la trompe dont les lèvres sont décollées chaque fois par la contraction du pharynx.

L'auscultation pratiquée pendant la douche d'air fait entendre un gargouillement très fort qui se dissipe au bout d'un certain temps quand les mucosités ont été balayées par le courant d'air. Lorsque la trompe est très rétréde, la douche peut s'accompagner d'un sifflement aigu.

La surdité est, en général, très prononcée pour l'audition aérienne ; l'audition crânienne est fortement atteinte. Un des meilleurs signes in diquant que le catarrhe est limité à la trompe et n'a pas atteint la caisse, c'est le rétablissement de l'audition crânienne aussitôt que l'air a pénétré dans la cavité tympanique et redressé le tympan.

Lorsque l'air ne pénètre point avec le cathéter, il faut pratiquer l'examen rhinoscopique, car c'est le plus souvent au pavillon de la trompe que réside l'obstacle : une bride, une cicatrice, une tumeur, des croûtes; le toucher pharyngien devra également être pratiqué.

Lorsque le rétrécissement de la trompe est prononcé et que les douches d'air sont insuffisantes pour amener une amélioration persis-

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