CORYZA AIGU. — TRAITEMENT
tardy quand il devient jaune verdfttre, il a une odeur désagréable, se dessèche souvent et forme des croûtes qu'il est quelquefois difficile de détacher. Parfois il y a formation de fibrine, surtout dans le coryza infantile, et dans celui des fièvres exanthématiques ; elle forme une couche membraneuse sur les cornets qui ressemble aux pseudo-membranes de la diphthérie et ne doit pas être confondue avec elles. La maladie dure de trois à sept jours ou davantage dans les cas graves, et souvent une seconde attaque succède à la première au moment où celle-ci est en voie de résolution. L*aifection peut passer d'une narine à l'autre et reparaître après quelques jours d'intervalle pendant un temps très long. En général, la résolution complète est la règle, surtout si l'on a eu soin de modérer le processus inflammatoire. La*terminaison par suppuration est très rare. On a rapporté des observations de mort due au coryza, mais c'était chez des vieillards ou chez des enfants qui succombaient par asphyxie due à l'obstruction des voies respiratoires ou par insuffisance de la nutrition .
Coryza aigu chez Venfant. — Ses caractères diffèrent de ceux observés chez l'adulte. L'enfant court un danger immédiat dû à deux causes, d'une part l'abolition de la respiration nasale produite par la tuméfaction de la muqueuse, d'autre part l'obstacle apporté à l'allaitement par ce fait : étant obligé de respirer par la bouche, il ne peut téter et dépérit. Si la maladie se prolonge un peu, la vie de l'enfant se trouvera doDC très sérieusement en danger.
Coryza syphilitique infantile. — On ne peut pas toujours en bien spécifier la nature. On devra toujours tenir pour suspect un coryza aigu et persistant survenant chez un très jeune enfant, et si l'on ne peut obtenir des renseignements sur l'état des parents, on devra toujours instituer un traitement mercuriel.
Coryza blennorrhngique. — Chez Venfant il rémite de la contamination des fosses nasales par les sécrétions vaginales de la mère pendant l'accouchement.
Chez VadultCt il reconnaît pour cause le transport du virus sur les fosses nasales par les doigts, par un mouchoir ou tout autre objet analogue. Us symptômes sont ceux d'un catarrhe purulent aggravé.
Traitement.
U succès du traitement abortif dépend uni- ^ement de la promptitude avec laquelle il est
institué. On a préconisé bien des remèdes, mais aucun n'est spécifique ni infaillible.
Parmi les plus connus nous trouvons l'administration de la teinture de chlorure de fer à dose maximum ou de is',25 de quinine, suivie le malade étant au lit, de celle de boissons alcooliques, d'un bain de pieds siuapisé, ou s'il existe une douleur locale intense, de 50 centigrammes de poudre de Dower. Cohen conseille d'administrer le chloroforme jusqu'à anesthésie complète et prétend faire avorter ainsi une attaque de coryza.
Robinson recommande une des prescriptions suivantes :
Esprit d*amnioniaque aromatique 45 grammes.
En prendre une cuillerée à café dans deux ou trois grandes cuillerées d*eau toutes les deux heures.
Ou bien :
Carbonate d*ammoniaque 4 grammes.
Solution de sulfate de morphine à 1/600. 4 — Looch blanc 85 —
Une cuillerée à café dans deux cuillerées à potage d'eau toutes les heures, pendant six heures, et ensuite toutes les heures ot demie.
S'il y a beaucoup de fièvre, on remplacera la morphine par la teinture de racines d'aconit.
Pour calmer l'inflammation locale, la douleur et la gène, on emploiera la poudre suivante :
Poudre de feuilles de belladone 1 gramme.
— de sulfate de morphine 0",10
— d^acacia 15 grammes.
On pourra l'insuffler dans les fosses nasales par les parties antérieure ou postérieure.
L'inhalation de la simple vapeur d'eau chaude ou d'une vapeur médicamenteuse contenant de la teinture de benjoin rendra également de grands services au malade ; on pourra encore lui faire priser de la poudre de sucre de lait, ou de bisnujith ou de gomme à laquelle on ajoutera de la morphine dans la proportion de 10 centigrammes pour 4 grammes, ou bien de la poudre d'amidon et de camphre par parties égales. Mais quand l'écoulement est apparu, c'est-à-dire quand le processus inflammatoire est déclaré, tous les moyens abortifs deviennent inutiles et tous les efforts des médecins doivent tendre à abréger la maladie en restreignant l'inflammation dans les plus faibles limites possibles. Dans ce but, on peut continuer les remèdes ci-dessus, en y combinant des préparations diurétiques, diaphorétiques, laxatives, selon les cas.
414 GEORGE LEFFERTS. — AFFECTIONS MÉDICALES ET CHIRURGICALES DU NEZ. [20
Les inhalations locales d*iode, de créosote, d'acide phénique, d'ammoniaque et autres, à cette période de TaiTection, sont bien inutiles et parfois dangereuses.
Les applications externes d'émoUients tels que la vaseline ou Taxonge apportent quelquefois du soulagement; il en est de môme des bains de vapeur ou d'air chaud.
Quand la maladie est arrivée à la fin de la période inflammatoire et que l'écoulement mucopurulent apparaît, le traitement local peut être employé avec un plein succès. Il doit consister en pulvérisations de solutions astringentes sur toutes les parties enflammées et sur la muqueuse tuméfiée, répétées assez souvent jusqu'à ce que la résolution complète soit obtenue, car il est hors de doute que, dans la majorité des cas, le catarrhe chronique ne se développe que lorsqu'on a négligé un coryza aigu arrivé à celte période.
Chez l'enfant, le coryza aigu peut être traité par des lavages faits à l'aide d'un pinceau de poil de chameau trempé dans une solution faible de borax qu'on promènera sur la partie externe des narines et par l'insufflation de poudre dans les parties antérieures des fosses nasales. Robinson recommande l'emploi d'une poudre composée de parties égales de sucre et de camphre et de 2 grammes de tannin pour 30 grammes; il en vante les effets avec grand enthousiasme. S'il y a trace de syphilis, on devra ajouter à ce traitement une préparation de mercure ou d'iodure de potassium .
CORYZA IDIOSYNCRASIQUE.
On l'appelle aussi rhume de juin ou de$ roses, asthme ou fièvre de foin, catarrhe automnal (1). 11 peut être considéré comme un coryza aigu présentant une périodicité spéciale et souvent des symplômes asthmatiques réflexes. Il reconnaît pour cause l'inhalation par certaines personnes, douées d'une idiosyncrasie fâcheuse, du pollen de certaines fleurs ou de la graine de
(l) Voyez J.O.Roe, The pathology and radical cure of hay fever, New- York med. journal f 3 mai 1884, et iOid., VI et 19 mai 1883. — Harrisson Allen, American journal ofmed. Sciences, janvier 1884. — G. E. Sajous, ^a^ /ever and ils successful treatment. Transactions americ. laryngol. associât., 1884. Extraits avec discussion et remarques, in Médical News, 24 mai 1884. — Hack, Ueber eine operative radical àehandlung bestimmter formen von Migrûne, Asthma,eic.,\Wesbaden, 1884.
certaines plantes. Il s'attaque aussi bien aux habitants des villes qu'à ceux des campagnes et montre une prédilection marquée pour les individus des hautes classes.
Traitement.
Son traitement est le même que celui du coryxa aigu, mais en général il est complètement inefficace, à moins que le malade ne puisse changer de résidence. On fait faire des pulvérisations ou des injections phéniquées et salicylées dans le but de détruire les micro-organismes yégétaux auxquels on attribue la maladie. Helmholtx conseille l'injection de chlorhydrate de quinine à 1 p. iOO. Mais ce qui réussit une année échoue souvent l'année suivante. Quand il y a de l'asthme, on pourra le soulager rapidement en ordonnant la potion suivante :
lodure de potassium 30 grammes.
Solution d^arsenite de potasse à t/100. 4 — Eau 12» —
Une cuillerée à café toutes les quatre ou six heures.
COBYZA GHEOIOQUE.
Le terme de coryza chronique ou de catarrhe nasal chronique doit être employé à Texclusion de tous les autres qui désignent la même affection, car la multiplicité des noms ne sert qu'à amener la confusion et peut conduire à des erreurs de diagnostic ainsi qu'à un traitement impropre. Bosworth limite, au i>oint de vue pathologique, les fosses nasales à partir des narines jusqu'au bord libre du voile du palais, comprenant ainsi le pharynx supérieur. L'observation clinique nous montre en effet que dans la plupart des cas de catarrhe nasal chronique, la voûte du pharynx est envahie par le processus morbide, et la réciproque est également vraie, quoique le processus pharyngien soit le fait capital, cependant dans certains cas les fosses nasales sont également prises. Aussi le coryza chronique ou catarrhe nasal chronique peut être défini comme une inflammation catarrhale chronique de la muqueuse nasale et de la voûte du pharynx, et on doit comprendre ce terme comme embrassant les catarrhes post-nasal, post-pharyngien et Thyperlrophie adénoïde de la voûte du pharynx. On rencontre plusieurs variétés cliniques du coryza chronique, dont chacune présente des caractères particuliers à l'examen rhinoscopique, possède une symptomatologie différente et réclame un traitement