‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 297 sur 638 · CORYZA CHRONIQUE SIMPLE · texte numérisé non relu

CORYZA CHRONIQUE SIMPLE

Souvent la conséquence d'inflammations aiguës répétées et surtout négligées, il se manifeste aussi spontanément par une progression lente et graduelle, sans cause antérieure appréciable, sans qu'il y ait nécessairement des antécédents scrofuleux, bien que l'influence de cette diathèse, de même que celle de la syphilis, de l'herpétisme et autres, soit indéniable.

Le symptôme principal réside dans l'augmentation de l'écoulement du mucus ou mucopus, qui, étant semi-fluide et peu consistant, peut être facilement enlevé en se mouchant ou bien tomber dans le pharynx et être expectoré. Il n'y a pas d'épaississement de la muqueuse et par conséquent pas d'obstacle à la respiration nasale et pas de modifications de la voix. La maladie étant limitée en général à la partie respiratoire des fosses nasales, l'odorat est conservé et la muqueuse étant molle et humide, il n'y a pas de tendance à l'accumulation des sécrétions Mus forme de croûtes ni à leur décomposition. Cette affection, ne causant aucun trouble, ne

(1) Bosworth, Diseuses of the throat and nose. î^ew-York, 1881.

doit cependant pas être négligée, car elle peut avoir de la tendance à faire des progrès et à revêtir la forme de catarrhe plus grave. A l'examen rhinoscopique, on trouve la muqueuse rouge, congestionnée et couverte de mucus; sur la voûte du pharynx, ces caractères sont plus marqués, les glandes sont tuméfiées et couvertes d'un mucus plus épais et plus adhérent.

Traitement.

En dehors des cas où l'on trouve l'indication d'une médication générale, le traitement devra consister uniquement dans l'application locale des médicaments en pulvérisation, ou en poudres. Pour assurer le succès de ces topiques il faudra préalablement faire un nettoyage complet des fosses nasales. Le patient peut y procéder lui-même en se mouchant convenablement, sans qu'il y ait besoin d'avoir recours à un appareil particulier. Si cependant il en était besoin d'un, on pourrait se servir du pulvérisateur à gros jet (fig. <687), dans lequel on mettrait une solution alcaline; il est rare que, dans cette affection, on ait besoin de la seringue nasale postérieure. On pratiquera ces lavages d'abord tous les jours, puis en diminuant graduellement de fréquence, et alors on appUquera les médicaments qui consisteront en une solution ou une poudre légèrement altérante, résolutive ou astringente. Si l'on se sert d'un pulvérisateur, on prendra de préférence celui à air comprimé en raison de sa force de propulsion; on choisira une des solutions suivantes, selon les indications spéciales que présente le cas, en ayant soin de ne pas TappUquer trop forte pour ne pas causer l'irritation de la mu-^ queuse, qui est si susceptible. On tâtera sa susceptibilité au médicament et la force de celuici en en faisant un essai préliminaire. Voici les solutions dont je me sers le plus :

1* lodure de zinc à 1/60

20 Sulpho-phénate de zinc à 1/300

3" Sulfate de zinc à 1/120

4» Sulfate de fer ammoniacal à 1/150

5« Perchlorure de fer à 1/120

60 Tannin à 1/îS

70 Chlorate de potasse à 1/25

Dans toutes ces solutions on peut remplacer en partie l'eau par la u Listérine » (i) dans la

(1) Cette préparation contient les principes antiseptiques du thym, de l'eucalyptus, de la baptisia, de la gauUkeria^ de la menlha arvensis, à Tétat de

416 GEORGE LEFFERTS. — AFFECTIONS MÉDICALES ET CHIRURGICALES DU NEZ. [fi

proportion d*une partie de cette dernière pour trois parties d'eau.

Quand la rhinite simple marche vers la période hypertrophique, je commence de suite par :

Iode crisUUisd 0^,20

lodure de potassium 0 ,50

lodure de zinc t ^ i 9S

Sulpiio-pbénate de zinc ^ *

Listérine 30

Eau 90 (1).

Dans les cas où une solution, surtout quand elle renferme des astringents minéraux, n*a pas été bien supportée, on pourra la remplacer avec grand succès par une poudre, bien qu'en général je ne sois pas un fervent partisan des poudres dans le traitement delà rhinite. Dans la variété pathologique que nous étudions, où les sécrétions sont rapidement enlevées, où les parties sont molles et absorbent bien, elles produisent de bons résultats; mais, dans la rhinite hypertrophique, on doit, à mon avis, y avoir peu recours, et dans la rhinite atrophique ou fétide, elles sont tout à fait contre-indiquées. On peut les appliquer à Taide de Tinsufflateur nasal antérieur ou postérieur, après que les parties ont été bien lavées (2).

combinaison; elle renferme en outre 1 gramme d'acide benzo-borique pour 40 grammes de liquide. On peut remployer dans toutes les solutions comme excipient additionné d'eau; elle sera très utile et très agréable quand on aura besoin d'un antiseptique.

(1) Afin d'éviter les répétitions, je vais donner le degré de chaque solution dont je me sers babituelloment :

Tannin à

Chlorure d'or à

Chlorate de potasse à

Alun

Sulfate de cuivre

— de fer ammoniacal

— de fer

Perchlorure de fer

Nitrate d'argent

Sulfate de zinc

Chlorure de zinc à ,

lodure de zinc à

Sulfo-phénate de zinc à...

Teinture de ratanhia à...

— de kino

Chlorure d'ammonium à . .

(2) Les formules de poudre composées suivantes sont empruntées à Robinson et à d'antres auteurs :

Quel que soit le mode de traitement que Ton ait adopté, il faut le continuer avec persévérance, sans qu'il y ait besoin de l'iatervention directe du chirurgien, mais simplement d'une surveillance générale de sa part, jusqu'à ce que l'état du patient soit amélioré.

GATAREHE NASAL HirPEETROPHIQUE.

Quand on laisse la variété de catarrhe chronique, que nous venons de décrire, suivre son cours sans intervenir, le processus inflammatoire chronique suit sa marche progressive et arrive tôt ou tard à déterminer la prolifération de tous les éléments normaux de la muqueuse ; en d'autres termes, elle aboutit à une véritable hypertrophie de tissu. Celle-ci a une tendance très marquée à se manifester aux fosses nasales, pour des raisons anatomiques, dans les couches profondes et superficielles de la muqueuse. Les modifications que celle-ci subit consistent principalement dans le développement d'un tissu connectif nouveau et dans l'infiltration cellulaire des couches profondes. Les glandes mucipares sont distendues et leurs parois épaissies, sur-

Acide salicylique.

Tannin

Sous-carbonate de bismuth... \

Chlorure de zinc

Poudre de belladone.

Poudre d'amidon

Nitrate d'argent

Sous-nitrate de bismuth.

Acide salicylique

Cubèbo

Bicarbonate de soude ) ^

Sucre en poudre i **

Sulfate de fer. .

Poudre d'amidon

Camphre

Tannin

Poudre d'iodoforme.

Poudre d'acacia.. ..

Calomel

Sulfate de morphine

Sous-nitrate de bismuth ^ ^

Poudre de sucre blanc

aa

Sulfate de fer ammoniacal, Poudre d'amidon

,so

Alun ,

Poudre d'amidon

Chlorate de potasse )

Poudre d'amidon 30

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