‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 298 sur 638 · CORYZA CHRONIQUE SIMPLE. — SYMPTOMES · texte numérisé non relu

CORYZA CHRONIQUE SIMPLE. — SYMPTOMES

tout celle de la Toûte du pharynx où le processus hypertrophiqae prend plus d'extension sur les éléments glandulaires que sur la muqueuse proprement dite, et la prolifération cellulaire détermine rapidement dans les tissus épithéliaux un épaississement des couches superficielles ; les vaisseaux sanguins sont dilatés et il s'en forme de nouveaux, leur hypertrophie est surtout marquée sur le cornet inférieur, dans le tissa réticulé ou stroma érectile situé entre le périoste et la muqueuse.

Cette hypertrophie gagne tous les éléments de tissu de cette région, surtout la muqueuse des deux cornets inférieurs. La surface de la muquease est rarement lisse, et à la partie postérieure des cornets inférieurs, Taspect nodule et répaîssissement irrégulier sont des plus marqués.

Symptômes.

Les symptômes de cette affection ne sont que la manifestation des changements pathologiques que nous venons de décrire. L'hypertrophie des tissus, surtout de ceux des voies respiratoires nasales, en amène Tocciusion temporaire ou permanente et fait obstacle au passage de Ttfir, tandis que les modifications du tissu glandulaire, surtout de celui de la voûte du pharynx, donne lieu à une sécrétion profuse d'un mucus épais, adhérent ou de muco-pus jaunâtre. Cette obstruction causée par l'état hypertrophique des tissus atténue considérablement les sens du goût et de l'odorat ; de plus le processus inflammatoire gagnant souvent les trompes d'Eustache et l'oreille moyenne, l'ouïe est rendue plus difficile ; le caractère de la voix est aussi modifié, celle-ci prend un timbre nasal. La sécrétion exagérée qui se produit ne pouvant sortir par les narines antérieures, tombe dans le pharynx ou adhère au voile du palais et ne peut être expulsée que par des efforts énergiques et désagréables de graillon nement. Nous ferons observer ici que ce symptôme, dont se plaignent communément les malades, ne doit pas être confondu, quant à sa cause, avec la sensation produite par l'allongement de la luette et qui est la même. Contrairement à l'opinion généralement accréditée, cette variété de catarrhe ne comporte pas la fétidité des sécrétions ni la formation de croûtes. On n'observe jamais d'ulcéffttions ; quelquefois des épistaxis, et alors elles ^ font par la partie antérieure et proviennent de 1& cloison; elles sont le résultat d'une interven- ^on directe et mécanique du patient. Je suis convaincu que le processus inflammatoire peut Eneycl. de chirurgie.

s'étendre au pharynx inférieur et de là, au bout d*un temps plus ou moins long, au larynx et à la trachée soit par suite de l'extension graduelle de l'inflammation des fosses nasales et du pharynx supérieur aux tissus voisins, soit parce que la respiration se faisant constamment par la bouche, le processus se trouve aggravé. On doit ajouter à l'état pathologique primitif les symptômes qui reconnaissent pour cause l'inflammation chronique des organes, tels que la pharyngite, la toux, les modifications de la voix. Dans ces circonstances, la muqueuse des voies respiratoires supérieures devient irritable et surtout susceptible à l'influence du froid et de l'humidité.

A l'examen rhinoscopique antérieur on reconnaîtra facilement l'aspect des parties. La muqueuse est rouge, épaissie, d'apparence velvétique et vasculaire. L'extrémité antérieure hypertrophiée des cornets inférieurs peut faire saillie assez loin dans la narine pour venir toucher le spéculum; ses tissus sont mous,

Fig. 1695. — Gonflement de la membrane muqueuse des narines postérieures.

A, la membrane muqueuse recouvrant le cornet moyen de la fosse nasalo gauche (la droite dans la figure) est tuméfiée au point d'obstruer le passage nasal. — B,le gonflement de la membrane muqueuse est en partie dissipé. (Morell Blackensie.)

ramollis, et quand on vient à les écorcher avec un instrument, ils se reforment lentement. L'hypertrophie semble affecter surtout les tissus de la face inférieure de l'os, et le méat inférieur est souvent obstrué par leur volume ; la cavité du méat moyen peut être menacée par l'épaississement de la muqueuse de ce cornet, mais à un moindre degré. Le plancher des fosses nasales et les parties latérales de la cloison sont en général indemnes. Toutes les parties sont plus ou moins recouvertes d'un mucus épais et adhérent, à moins qu'elles n'aient été lavées récemment. A l'examen rhinoscopique postérieur, l'extrémité postérieure des cornets moyens et inférieurs, surtout des derniers, présente un aspect particulier caractéristique, l'hypertrophie des tissus est bien plus marquée qu'en avant; la muqueuse épaissie (fig. 1605) est d'un blanc

4i8 GEORGE LEFFERTS. — AFFECTIONS MÉDICALES ET CHIRURGICALES DU NEZ. [U

grisfttre; sa surface est irréguliëre, plissée, remplie de assures ; rexlrémité du cornet inférieur a Taspect d'une tumeur irréguUëre qui siégerait sur le plancher des fosses nasales, et son volume peut être assez grand pour obstruer presque complètement Torifice de la narine. Cet état peut exister à des degrés différents dans les deux narines, et Tobstruction qu'il détermine se trouve encore augmentée par Tépaississement des tissus situés de chaque côté de la cloison, surtout dan s les parties supérieures. Les organes de la voûte du pharynx dont nous avons parlé, à propos de leur nature et de leur structure spéciale, étant représentés en grande partie par des glandes qui sont presque toujours envahies à un degré variable par l'inflammation chronique des fosses nasales, il nous reste à ajouter que les résultats physiques de l'inflammation chronique des k tonsilles pharyngiennes », comme on les appelle, sont tout à fait particuliers. Les glandes étant envahies plus que la muqueuse, il résulte de leur hypertrophie, ainsi que de l'hyperplasie de leur tissu connectif et de l'augmentation de nombre et de volume des vaisseaux, jointe à Tépaississement de la muqueuse et des tissus sousmuqueux, qu'une véritable tumeur ou que des tumeurs se trouvent développées, auxquelles on a donné le nom spécifique de végétations adénoïdes de la voûte du pharynx, qu'on traite souvent comme une affection séparée et distincte (1). Le volume, la configuration et retendue de ces végétations ou hypertrophies adénoïdes sont variables; elles peuvent exister seulement à un faible degré de façon à déterminer simplement une légère élévation du tissu de la voûte pharyngienne ou aller jusqu'à oblitérer sa cavité; elles peuvent garnir toute la voûte, pendre au-dessus de l'orifice postérieur des fosses nasales, obstruer complètement les orifices eustachiens; leurs masses peuvent être fibrillaires ou en forme de grappes ou cylindriques. J'en ai observé d'assez volumineuses pour remplir tout le pharynx supérieur, comme le ferait une tumeur, et dont on pouvait apercevoir le bord inférieur en attirant un peu en avant le voile du palais. Cependant c'est là une exception ; en général à l'examen rhinoscopique on verra la voûte arrondie du pharynx, dont les parties latérales supérieures seront occupées par de petites masses

(l) W. Meyer, Hospital-Tidende, nov. 4og. 11, 1868.

— Medico-chirurgical Transactions, Londres, 1870.

— Lowenberg, Les tumeurs adénoïdes du pharynx nasal, Paris, 1879.

nodulaires épaissies faisant saillie par*ci parlà, sous forme de crêtes longitudinales traversées dans différentes directions par des fissures et des cicatrices. Généralement elles ont l'aspect de petits coussins plats^ ou se présentent parfois comme de petites masses isolées on bien réunies en forme de grappes vermiformes. Celles-ci s'effilent en même temps qu'elles se rapprochent de la ligne médiane jusqu'à se confondre avec la muqueuse lisse, quoique congestionnée et parsemée de petites éminences indiquant la place des follicules hypertrophiés ; au-dessus elles sont séparées des fosses nasales postérieures par une ligne de démarcation très nette. La consistance de ces tumeurs est molle; elles ne saignent pas facilement; la couleur est rosée ou lie de vin. On les rencontre en général chez les enfants ou les adolescents. 11 est rare de les observer chez l'adulte, même dans le cas de catarrhe ancien. Cette absence chez l'adulte rapprochée de leur fréquence chez l'enfant semble indiquer que ces tissus s'atrophient à mesure qu'on avance en ftge; ou bien, comme le pense Cohen, il peat se faire que les changements qui surviennent vers le milieu de la vie rendent ce tissu, comme les tissus similaires des amygdales et des glandes agminées de l'intestin, réfractaire à l'inflammation catarrhale si commune dans la jeunesse.

Comme le catarrhe nasal hypertrophiqne est une des variétés qu'on a le plus souvent à traiter en raison des manifestations si gênantes auxquelles elle donne lieu, il est important de passer en revue les procédés médicaux et chirurgicaux qui ont été proposés contre elle. Nous devons dire de suite que Tintervention chirurgicale sera le plus souvent couronnée d*un plein succès (1).

En dehors des médications générales qui doivent être instituées contre les états diathésiques existants, nous devons voir s'il existe un agent thérapeutique qui puisse agir d'une fa* çon efficace sur l'état morbide de la muqueuse nasale. A mon avis, c'est très douteux. J'en ai expérimenté un grand nombre et je n'en ai pas rencontré qui possède des effets spécifiques bien marqués. Parmi ceux qui m'ont donné les meilleurs résultats temporaires et parfois permanents, je citerai le cubèbe, l'ammoniaque,

(1) Seiler, Surgical treatment of nasal catarrhe Philadelphia med. Times ^ no 362, 1881.

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