‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 3 sur 638 · LÉSIONS TRAUMATIQUES DU CUIR CHEVELU · texte numérisé non relu

LÉSIONS TRAUMATIQUES DU CUIR CHEVELU

Les contusions et les plaies du cuir chevelu comptent au nombre des blessures les plus communes de la ?ie civile.

Anatomie du cuir chevelu.

l/étude préliminaire de Tanatomie du cuir chevelu peut expliquer certaines particularités tnatomo-pathologiques des lésions traumatiques de ce tissu.

Les enveloppes du crâne sont, de dehors en dedans, la peau, le fascia superficiel, Taponévrose et les ventres musculaires du muscle occipito-frontal, le tissu cellulaire sous-aponévroiique, et le péricrftne. Le tégument est solidement uni au muscle et à Taponévrose sousjacente par le fascia, qui consiste en des faisceaux de tissu fibreux résistants, entrelacés, dans les intervalles desquels se trouvent de petites masses arrondies de graisse granuleuse formant un tissu extrêmement élastique. C/est dans ce tissu que se ramifient les nombreux rameaux et nerfs da cuir chevelu. L'étude de ces détails anatomiques explique plusieurs faits cliniques bien connus, à savoir : que le tissu cellulaire souscutané, dépourvu d'élasticité, peut, à la suite d*an coup, présenter un véritable enfoncement ; que les plaies du cuir chevelu qui ne pénétrent pas au delà de l'aponévrose présentent rare-

1) Traduit et annoté par G. Poinsot, professeur ^regé de la faculté de médecine de Bordeaux.

ment un écartement étendu de leurs bords; et que tout lambeau, formé aux dépens du cuir chevelu, emporte nécessairement tout entier avec lui son appareil de vascularisation, ce qui est dû aux caractères physiques du tissu cellulaire sousaponévrotique que je vais maintenant étudier. L*origine et les insertions de l'aponévrose et des ventres musculaires de Toccipito-frontal doivent être soigneusement tenues présentes à l'esprit, car leur connaissance facilite le diagnostic différentiel entre les collections purulentes sousaponévrotiques et l'érysipèle* Les ventres postérieurs du muscle naissent des deux tiers externes des lignes courbes supérieures de l'occipital et de l'apophyse masioïde du temporal. L'espace qui les sépare est occupé par l'aponévrose, qui s'attache à la protubérance occipitale et aux tiers internes des lignes courbes supérieures. Les ventres musculaires antérieurs se confondent avec le pyramidal, le sourcilier el Torbioiilaire des paupières de chaque côlé. L'aponévrose recouvre la totalité de la voûte du crftne et se continue latéralement par une couche lainelleuse de tissu aréolaire jusqu'au zygoma. 11 est donc facile de voir que les collections liquides sousaponévrotiques ne peuvent, en arrière, atteindre un point inférieur aux insertions des muscles trapèzes ; qu'en avant, le liquide doit envahir les paupières et former une poche au-dessus de la racine du nez, et que, sur les côtés, l'arcade zjgomatique constitue le point le plus bas que puisse atteindre une collection purulente. Le

CHARLES B. NANCREDE. — LÉSIONS IRAUMATIQUES DE lA TÊTE.

tissu cellulaire qui forme le trait d'union entre l'aponévrose et le péricrftne esl extrêmement lâche, ce qui permet à la première, avec son tégument solidement adhérent, de glisser avec facilité sur la convexité des os. On peut comprendre qu'une plaie pénétrant au delà de l'aponévrose doit, en raison de cette laxité du tissu cellulaire, présenter un écartement plus ou moins marqué de ses bords, et que, s'il existe un lambeau, le déplacement peut être très étendu.

Les ramifications vasculaires et nerveuses du cuir chevelu ne doivent pas être oubliées au point de vue de l'arrêt de Thémorrhagie, et des névralgies qui suivent quelquefois les blessures de cette région. Les artères du cuir chevelu pro-

viennent de la temporale, de l'occipitale, de l'auriculaire, de la sus-orbitaire et de la frontale. Les vaisseaux qui naissent de ces troncs pénètrent dans les tissus profonds pour se ramifier dans le périoste. Les veines du péricrftne et du cuir chevelu, les veines* diploïques et celles de la dure-mère, ou même les sinus cérébraux communiquent les uns avec les autres, présentant ainsi, dans leurs tuniques celluleuses, une traînée continue de tissu connectif, le long de laquelle l'inflammation externe peut gagner le diploë, et même le cerveau. Les nerfs du cuir chevelu sont : le grand occipital, le petit occipital, l'auriculo-temporal, l'auriculaire postérieur, le sus-orbitaire et le facial.

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