‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 305 sur 638 · AFFECTIONS SYPHILITIQUES DES FOSSES NASALES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS SYPHILITIQUES DES FOSSES NASALES

l'éKiniDation des organes atteints ; il en résulte une déformation permanente par suite de l'affaissement du nez qui a perdu son support osseux et cartilagineux. Aucune partie de Tintérieur du nez et parfois de Textérieur n'est à Tabri de la maladie. Le vomer, la lame perpendiculaire de Tethmoïde, la cloison cartilagineuse, les cornets, le plancher et les parois des fosses nasales sont envahis tour à tour. Des croûtes et des morceaux d'os nécrosés s'accumulent dans les fosses nasales et donnent lieu à une odeur fétide des plus insupportables et à un écoulement infect sanguin et purulent ; il se forme des abcès qui peuvent s'ouvrir à l'extérieur, et enfin la voûte palatine se perfore. Il arrive quelquefois que l'extension du processus destructeur du côté de la cavité crânienne amène des conséquences graves, qui peuvent également survenir par suite d'une complication accidentelle telle que la présence d'os nécrosés dans les voies aériennes ou dans l'œsophage.

Diagnostic.

I^ diagnostic de la syphilis nasale est gênénlement facile; les antécédents du malade, la cachexie syphilitique, l'existence d'ulcérations nasales, et surtout la constatation, à Taide du stylet, d'os nécrosés dans les fosses nasales, jointe à l'odeur et à l'écoulement fétides, ainsi que la présence d'ulcérations dans le pharynx et la gorge, ne laissent pas le moindre doute. U lupus, la scrofule, la tuberculose, le cancer, les exanthèmes, qui sont les principales affections donnant lieu à des ulcérations nasales, seront rapidement éliminés en l'absence de leur aspect caractéristique, et de leurs symptômes constitutionnels. U faut avoir soin de ne pas confondre avec l'ozène simple les cas de syphilis ivec odeur ozénique. L'erreur n'est pas rare etl'on sait quelles sont les conséquences funestes d'un traitement non judicieux.

Traitement.

Uest extrêmement important d'instituer rapidement un traitement local et général efficace

et convenable ; le dernier est le plus essentiel.

Le traitement général est très utile pour limiter les progrès destructeurs de la maladie et hâter la guérison. L'iodure de potassium à haute dose (de 50 centigrammes à 2 grammes au plus, trois ou quatre fois par jour) et s'il y a l'indication, les préparations de fer, l'huile de foie de morue, etc., sont la planche de salut pour le malade et donnent les plus brillants résultats.

Pour moi, le mercure agit moins efficacement pour arrêter le processus ulcératif. Quelques auteurs préfèrent le traitement mixte.

Le traitement local devra remplir les indications suivantes : corriger l'odeur fétide, arrêter l'hypersécrétion, enlever les os nécrosés, qui sont une cause d'irritation certaine.

La première de ces indications sera remplie en faisant des lavages désinfectants avec l'appareil à douche nasale, ou mieux avec la seringue nasale. L'appareil à spray nasal (fig. 1687) n'a pas un jet assez fort pour détacher les croûtes épaisses et adhérentes ou les morceaux d'os nécrosés ; mais souvent le chirurgien est obligé d'avoir recours aux pinces et au stylet pour retirer croûtes et os.

Une fois le lavage opéré, on entretiendra cet état de propreté par de fréquentes irrigations faites, au début, chaque jour, soit par le malade, soit par le chirurgien. Chaque lavage sera suivi de l'insufQation de poudre d'iodoforme sur les surfaces ulcérées à l'aide de l'insufflateur nasal ou du tube de Smith.

Certains auteurs préfèrent les inhalations de vapeurs d'iode ou l'insufflation de la poudre mercurielle de Trousseau. Pour moi, la première méthode est préférable.

Il est très important de retirer les os nécrosés dès que cela est possible, car ils jouent le rôle de corps étrangers, entretiennent l'ulcération et empêchent la cicatrisation. On Iqs extrait de la façon la plus simple à l'aide de la pince à polypes. Goodwillie a obtenu de bons résultats en broyant les os nécrosés entre les mors d'une pince et en régularisant ensuite les surfaces brisées. On arrive ainsi à hftter la cicatrisation et à diminuer considérablement la durée de la maladie.

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