AFFECTIONS ULCÉRATIVES DE LA MUQUEUSE NASALE
Outre la syphilis dont la marche progressive <iétrait non seulement la muqueuse, mais en- ^re les parties osseuses et cartilagineuses du Q^ en donnant lieu à de l'ozène, il existe
d'autres affections ulcératives de la muqueuse nasale dont les plus communes sont relativement peu importantes, tandis que celles qui présentent une gravité réelle sont générale-
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ment rares. Nous les rangerons en deux classes.
ULCÉBATIONS CATARRHALBS.
On les appelle ainsi, mais elles ne sont en réalité que de légères érosions (fig. n02), qui n'existent dans les cas de catarrhe sans complication que très rarement. Contrairement à l'opinion généralement exprimée, la forme eczémateuse , de l'ulcération nasale, si on peut l'appeler ainsi, n'est pas rare chez les enfants et peut exister conjointement avec l'eczéma de la lèvre supérieure et des joues. Les croûtes forment une
Fig. 1702. — Ulcération des narines postérieures,
cause d'ozène (*).
(*) 1, ulcère de la cloison; 2, ulcère du cornet moyen droit. (Moroll Mackensie.)
Cduche si épaisse autour de l'orifice nasal que celui-ci se troure bouché par ce fait et par le gonflement de la muqueuse, de sorte qu'il y a une grande gêne respiratoire. Si l'on néglige l'afTection, il se fait souvent une fissure profonde et douloureuse à la partie supérieure du méat nasal. Dans ces cas il faut instituer un traitement général bien approprié et un traitement local qui consistera en un nettoyage complet à l'aide d'injections quotidiennes d'une solution alcaline, en môme temps qu'on empêchera l'accumulation des croûtes en faisant des onctions avec des corps non irritants tels que l'oxyde de zinc benzoïné, le glycérolé de borax. En général ces ulcérations ne s'accompagnent pas d'odeur ozénique à moins qu'il n'y ait un obstacle considérable et prolongé à l'issue des sécrétions. Les ulcérations traumaiiques^ résultant d'une irritation mécanique produite par la pression ou la présence des corps étrangers, cicatrisent rapidement quand le corps irritant est enlevé.
On observe parfois des ulcérations noirâtres chez les ouvriers qui manient des substances arsenicales (papiers peints par exemple) et chez ceux qui sont exposés aux vapeurs d'acide chromique (\ ).
(1) Voyez Vernois, Accidents produits chez les ouvriers par temploi des verts arsenicaux {Annales
Une forme d'ulcération plus grare, produisant même la destruction des cartilages et des os, survient parfois àla suite de certaines lièvres, telles que la rougeole, la scarlatine, la variole, la fièvre typhoïde, et parfois aussi l'érysipèie et la pjohémie chronique.
Les symptômes locaux sont bien marqués et ne laissent aucun doute pour le diagnostic.
On a signalé l'existence d'ulcérations scorbutiques du nez.
Buzzard (1) dit que dans le scorbut confirmé la plus légère pression suffit pour éroder la peau et produire une ulcération à bords durs, épais, luisants, à surface fongueuse, saignante, qui siège parfois sur les lèvres et les narines. Il s'en dégage une odeur fétide, le malade est dans un état d'épuisement général qui aboutit souvent à une terminaison fatale. Watson a appelé l'attention sur ce fait que dans la paralysie de la cinquième paire, l'ulcération de la muqueuse da nez peut être le résultat de troubles trophiques {ulcérations neuro-paralytiques) ; dans ce cas le traitement est presque inutile. Les ulcérations scrofuleuses, d'après Fraenkel, sont tantôt petites, tantôt profondes et détruisent alors os et cartilages. Il faut avoir soin de les distinguer de celles de nature syphilitique.
MOBVE.
L'origine de la morve, chez l'homme, provient presque toujours de l'inoculation du virus d'un animal morveux, car il est très rare qu'elle soit transmise d'homme à homme.
Les muqueuses, et en premier lieu celle des fosses nasales, sont atteintes d'inflammation avec tendance à l'ulcération. Au début, après la courbature, le frisson et la céphalalgie, il se fait par le nez un écoulement muqueux peu abondant, visqueux et légèrement coloré. Puis peu à peu, dans la forme aiguë, apparaissent le gonflement, la rougeur du nez et des parties voisines accompagnées de douleur intense, la partie supérieure est surtout sensible au toucher et présente un gonflement érysipélateux diffus. L'écoulement de vient alors épais, purulent, brun jaunâtre, sanguinolent et fétide. On distingue souvent des tubercules dans les ailes du nez et dans les formes malignes on voit sur la muqueuse des pustules et des ulcérations (fig. 1703).
d'hygiènCy tome XII, p. 319), et Delpech et Hillairet, Mémoire sur les accidents auxquels sont soumis les ouvriers employés à la fabrication des chromâtes [Ann. d'hyg. 1869, tome XXXI, p. 5).
(I) Reynold, System of Medicine^ vol. I, p. 744.
bouUl à l'entahissemenl du pOrichondre
pcrrontion de la cloison {]).
Inobles généraux, qui accompagnent cet icd. «ont 1res marqués. Outre ceux dont l«im> déjà psrléfi}, on conalule l'accéléra- Q poale. l'élévation de la température, la njpiratoire, le délire apptirati de très
heure; les jambes sont gonllées el ,Is foce est le siège de pustules livides. rriié«, les sueurs proluses, rinsomnie, mbilioa du délire, sont les signes prè-
curseurs de la terminaison qui se fall par l'épuisement el la mort (I).
Dans la morve chronique, les lésions du nei sont à peu prés les mêmes que dan^la morve aiguë, Leur marche est très lente et parfois elles sont tout à tait absentes.
Traitement.
Le Irailement devra être général, car localement on ne peut guère faire autre chose que
la cloison médUnp àen (o^sei uiulei^'j.
h Ugnmenu du nei; /, Krra supérieure! "u, ulcérationi profondes, gbIIs du milieu a' t, puitulei et dâpflis purnienu. Collection Itayer. [Liboulbéne, Nouveaux étémenlt d'm M. Plm. IR7!), p. III. 1
désinfectantes. BoUinger a pro bire des applications de teinture d'iod< ttmle d'argent.
I il n'exisie pas de manirestalîons lupià U face, il est très diKIcilc de dlagDOstic des ulcérations nasales qui iuenl celte origine, et on les confond ■TBC des ulcérations syphilitiques (3).
; Ziemttfn'i Cyelopedm, vol. 111, p. 356. . W. S. Forbea, Home in Encyelopédie df B I, p. 5S4et ag. 43 et ii.
, Medico ' chirurgical Transnclions ,
Durham a établi bien netlemenl les points qui servent à Taire le diagnostic dilTérentiel. Il faut d'abord s'informer des anlècédenLs du malado, de son âge, de l'absence d'autres raaiiifeslttlions syphilitiques elsurtoulde la cachexie qui accompagne tes affections syphilitiques graves du nez. ainsi que de la lenteur comparative avec laquelle la maladie a évolué et de l'époque tardive à laquelle les os ont été atteints.
Si l'on peut reconnaître quelques petites inQllrations tuberculeuses de lupus, à l'aspect compact et granuleux, le diagnostic se trouve confirmé; il le sera encore plus si la marche de la maladie est lente et si elle tend vers la
(I) Moiiiéo. tU*»e de Pari», n-sse, 187;.
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cicatrisaUon. On pourra instituer un traitement anti-syphilitique pour s'assurer de la nature de la maladie. Si Ton fait l'examen chronique antérieur^ on voit la muqueuse parsemée de petits tubercules d*aspect rougefttre ; ceux-ci ne tardent pas à se transformer en ulcération, qui conservent ses caractères tuberculeux ; le sommet des tubercules est caché par les croûtes durcies. A mesure que Tulcération fait des progrès, les cartilages sont envahis, la cloison se perfore ou les ailes du nez sont détruites par Tulcération, et les os nasaux sont atteints. Il peut en résulter une déformation très marquée. Le traitement du lupus a été exposé dans un des volumes précédents. Toutefois nous ajouterons que, lorsqu'on peut le faire, on devra détruire les tubercules lupiques de la muqueuse à l'aide du galvano -cautère ou du cautère actuel. On a recommandé l'acide chromique, la potasse caustique, le chlorure de zinc, mais on ne peut pas limiter leur action aussi facilement. On préconise une pâte caustique composée de chlorure de zinc mêlé à deux ou trois parties de gypse et à un peu d'alcool. Une fois les masses tuberculeuses détruites, on traitera l'ulcération qui reste et Tinflammation d'après les principes exposés plus haut.