‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 320 sur 638 · TUMEURS DES FOSSES NASALES · texte numérisé non relu

TUMEURS DES FOSSES NASALES

Des tumeurs de diverse nature peuvent affecter les fosses nasales soit en y prenant naissance, soit en les envahissant secondairement par un processus d'extension de voisinage et communiquant avec les sinus et les fosses nasales ellesmêmes. La variété la plus commune est sans contredit celle que l'on désigne sous le nom de polypes muqueux ou gélatineux; tandis que les

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formes plus graves telles que les polypes fibreux ou naso-pharyngiens, les tumeurs cartilagineuses ou osseustSy les tumeurs demi-malignes comm« le sarcome, les tumeurs malignes comme le * carcinome, sont heureusement rares. Enfin il est extrêmement rare de rencontrer les autres variétés de tumeurs telles que les adénomes, les papillomeSy les névromes, les kystes; aussi ne nous y arrêterons-nous pas.

Symptômes généraux.

Les premiers symptômes déterminés par la présence d'une tumeur dans les fosses nasales étant presque toujours les mêmes, du moins dans sa période de début, et, comme le fait remarquer Muckenzie, ne pouvant pas permettre de faire distinguer les unes des autres les différentes variétés de tumeurs ni même de les distinguer de ceux d'une rhinite chronique, nous les examinerons dans leur ensemble en insistant surtout sur les symptômes des périodes plus éloignées, qui permettent d'établir un diagnostic différentiel certain. Tout d'abord l'attention du malade est attirée par de l'hypersécrétion nasale, une sensation de plénitude, un besoin constant de dégager le nez et la gorge, en somme les symptômes d'un coryza chronique, et ceux-ci sont tellement prononcés que l'attention du chirurgien est rarement appelée sur raflection, à cette période de début. Cependant à mesure que la tumeur se développe, les symptômes s'accusent plus nettement, s'accompagnant d'une gêne considérable due à l'obstruction nasale. Le patient respire parfois en partie par le nez, souvent uniquement par la bouche ; les sens de l'odorat et du goût sont émoussés, la voix prend un timbre nasal. La direction que prend la tumeur en se développant fait naître des manifestations particulières : si elle se dirige en arrière, elle comprime l'orifice pharyngien de la trompe d'Eustache et produit un affaiblissement de l'ouïe ; si elle se développe en haut et en avant, elle comprime le canal nasal et donne lieu à des abcès lacrymaux, de l'épiphora ou à une mucocèle du sac lacrymal; si elle se prolonge en bas et en arrière, elle empiète sur le voile du palais et restreint ses mouvements dans l'acte de la déglutition ; enfin en obstruant l'orifice du sinus maxillaire elle peut provoquer le développement d'une tumeur kystique ou autre. Les polypes muqueux étant souvent pédicules donnent lieu à une sensation de malaise en se mouvant en avant et en arrière quand le patient respire par le nez; de plus, étant

hygrométriques et absorbant l'humidité, leur volume peut augmenter et en même temps le degré d'occlusion qu'ils produisent selon les variations atmosphériques. Même quand ils sont multiples ou que leurs dimensions sont excessives, ils causent rarement la déviation des parties voisines, car les tumeurs'molles se moulent sur les contours des parois nasales. Les fibromes, au contraire, déplacent, en se développant, tout ce qu'ils rencontrent, font dévier la cloison, absorbent les os ou en disjoignent les sutures, vont dans toutes les directions, produisant la déformation caractéristique connue sous le nom de ce face de grenouille » quand ils envahissent et déplacent le sinus maxillaire de chaque côté; dans ce dernier cas, l'écoulement nasal, qui est d'habitude peu consistant et aqueux, devient purulent, fétide même, et l'on observe souvent des épistaxis.

La douleur, qui peut être très intense, est un symptôme fréquent dans cette variété de tumeurs de même que dans les tumeurs osseuses, cartilagineuses et malignes. Outre la déformation caractéristique du nez, ces tumeurs produisent le déplacement des yeux, le strabisme, le chémosis de la conjonctive, empêchent de fermer complètement les paupières, font dévier les différents organes de la cavité buccale. Le sarcome et le carcinome déterminent en outre le ramollissement et l'ulcération de la tumeur et consécutivement des granulations fongoldes, des hémorrhagies et un écoulement fétide. La cachexie et l'infiltration des lymphatiques voisins qui existent dans le carcinome ne s'obse^ vent pas dans le sarcome; dans les deux, on constate une douleur extrême, une tendance à envahir la cavité orbitaire ou le cerveau, à détruire dans leur marche progressive les tissus et les parties molles du nez et des joues et à apparaître à Textérieur sur la face, comme une masse fongoïde saignante.

Nous devons mentionner une complication ou un résultat de l'obstruction nasale causée par les polypes ou même par l'hypertrophie de Is muqueuse des cornets, je veux parler de ra5<Ame bronchique, Thudichum (t) affirme que c'est un^ des complications les plus fréquentes des affec^tions nasales, surtout des polypes; et, depa^^ que la première observation a été rapportée p<^^ Voltolini (2), on en a publié beaucoup d'autres ^ la question a été étudiée avec soin par différem- '^

(1) Thudichum, The Lancet, 17 avril 1880.

(2) Voltolini, Galvano-fcauttik, S. 246, 812. 1871.

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