INFLAMMATION ET ABCÈS
Ce sont les affections que l'on rencontre le plos souvent.
Causes.
La cause la plus fréquente est généralement l'extension d'un catarrhe grave syphilitique ou 9I08 rarement herpétique, ou varioleux, variable Intensité, de rapidité comme dans le caractère et la quantité de l'écoulement qui peut être mu- ^oeux, ou muco-purulent. Salter a appelé l'attention sur une circonstance particulière qui tone de l'importance à cette sécrétion altérée et plus abondante ainsi qu'à l'affection elle- OBème : c'est qu'elle peut être limitée au sinus Per suite du gonflement et de la turgescence ^e la muqueuse qui borde cet orifice et que, pu suite de cette disposition anatomique, une uiflammation catarrhale, avec suppuration superficielle, peut amener la formation d'une
(1) WoUirtm, Berlin, klin, Wochensch., n* 6, 1879. Encycl. de chirurgie.
espèce de sac fermé, très analogue à un abcès profond, quoique n'y ressemblant pas dutoutpar son mode de développement ni par ses caractères anatomo-pathologiques. En dehors des causes ci-dessus, les causes les plus fréquentes sont les affections dentaires, la carie, les abcès alvéolaires. Les rapports anatomiques du sinus maxillaire avec les dents sont bien connus ; ils varient beaucoup selon que les racines sont plus ou moins voisines du sinus ou selon qu'elles en percent ou non le plancher (Salter). Il existe parfois d'autres causes : ainsi on connaît des cas où une inflammation aiguë du sinus a pu être déterminée par un coup donné sur la joue, et chez l'enfant par un traumatisme subi pendant le travail (1). Watson a rapporté un cas d'abcès dépendant de la présence d*un polype dans le sinus. Dans un autre cas, il était dû à la présence d'une tumeur osseuse en liberté dans le sinus (2) ;
(1) Drnitt, Surgeon*s Vade-mecum, p. 431 .
(2) Edinburgh médical Review, octobre 1867.
enfin la nécrose du bord alvéolaire, la présence d'une dent poussée dans le sinus par des tentatives d'extraction, d'autres corps étrangers introduits par une violence quelconque, peuvent également amener l'inflammation et la suppuration (i).
Symptômes.
Nous avons déjà parlé de la tendance que le processus inflammatoire, développé par quelqu'une de ces causes, avait à s'étendre et à envahir les fosses nasales. Les signes physiques de l'inflammation avec suppuration du sinus varient beaucoup, selon les causes qui l'ont provoquée. Leur intensité dépend beaucoup de l'existence d'une issue pour le pus, soit par les orifices naturels du sinus ou plus rarement par l'alvéole d'une dent qu'on a extraite ou par un pnssage fîstulcux; si au contraire il n'y a pas d'issue par suite de l'occlusion des ouvertures naturelles produite parle gonflement des tissus, le pus est enfermé et il en résulte un abcès circonscrit. Dans le premier cas le seul signe qui indique que les tissus sont le siège d'une suppuration en dehors du gonflement et de l'aspect enflammé des fosses nasales, c'est l'écoulement intermittent d'une certaine quantité de pus par le nez, surtout si l'on tient la tête dans certaines positions, et l'odeur ozénique. Dans beaucoup de cas on en trouvera la cause dans la carie d'une dent ou dans la présence d'une racine qui fait saillie dans le sinus. L'examen nasal montrera que le pus coule par le méat moyen du nez et viendra ainsi confirmer le diagnostic. Quand la cause peut être attribuée à une dent cariée, il faut l'extraire et par le passage qu'on se fait ainsi et qu'on agrandit s'il le faut, on fait des irrigations désinfectantes dans la cavité du sinus. Selon toute probabilité, cela suffira pour amener la guérison. Si cependant l'écoulement persiste, on pourra explorer la cavité avec un stylet pour voir s'il n'y aurait pas un corps étranger, un os nécrosé, un fragment de dent, etc., qui entretiendrait l'écoulemout.
D'autre part, si le pus est confiné dans le sinus, en d'autres termes s'il y a un abcès, les symptômes sont plus acceutués et plus douloureux. Ce sont tous les symptômes déterminés par la présence d'une coUection purulente enfermée dans des parois résistantes; cependant il existe certains signes spéciaux à ce siège particulier. Ainsi le gonflement de toute la joue, l'é- !
(1) VVeichselbaum, Inflammation phlegmoneuse des i ainus du nez, in Mcd. Jahrb. Ueft II, 1881. '
lévation de l'os malaire, dont la forme est pleine et saiUante; l'élongation apparente des molaires du côté affecté, la convexité de la voûte palatine, normalement concave, le gonflement de toutes les parties mofles des fosses nasales, comme on le voit à l'examen rhinoscopique antérieur et postérieur, démontrent la nature et la situation exacte de l'afTcction. Si l'amélioration tarde à se produire, le globe de l'œil peutôtre déplacé, l'amaurose peut se manifester comme une conséquence de l'inflammation du périoste de l'orbite qui a gagné la gaine du nerf optique. Le résultat ultime est très variable. Parfois l'abcès s'ouvre dans le nez, ou le pus trouve une issne dans la bouche en suivant le trajet d*une racine dentaire. Il est bien plus rare de le Toir perforer la joue et le plancher de l'orbite et sortir par la paupière inférieure. Toutefois, avant que cela n'arrive, la fluctuation sera très perceptible soit à la face antérieure du sinus, soit dans la voûte palatine, etc., ce qui permettra d'employer les moyens indiqués par ce signe. S'il y a doute, si les parois osseuses ne sont pas assez roincei pour céder à la pression et donner au doigt U sensation de parchemin sec, une ponction arec un petit trocart, en donnant issue à un peu de pus, permettra d'être fixé sur la nature du gonflement et ne peut pas être nuisible dans le cas où celui-ci serait dû à une tumeur solide. Le diagnostic n'est difficile que lorsque la distension du sinus existe depuis plusieurs années, sans douleur et avec si peu de troubles locaux que Ton ne pense pas à la possibilité d'un abcès, ainsi que dans ces cas rares où un abcès se complique de la présence d'une tumeur dans l'antre. Watson (l) a signalé dans son ouvrage les conséquences fâcheuses qu'une erreur de diagnostic pouvait avoir sur le résultat du traitement institué.
Traitement.
Avant la formation de l'abcès, quand il est seulement imminent, on peut souvent arrêter le processus inflammatoire en enlevant une dent cariée ou douloureuse, si un examen attentif de l'arcade dentaire a permis de reconnaître que c'était la cause de l'affection. En général c'est la première molaire, qui est en cause, bien que parfois il soit nécessaire d'enlever plusieurs dents. Quand le pus est déjà collecté et qu'il n'existe pas d'issue, il faut lui en fournir une en pratiquant une ouverture, en enlevant une dent et en perforant la base du sinus, Hun-
(1) Watson, loc. cit.j p. 163.