MALADIES DU SINUS MAXILLAIRE. — TUMEURS
ter (1) dit « que le premier point du traitement, comme du reste pour tous les abcès, c'est de foire une ouverture, mais non à Fendroit où l'abcès menace de s'ouvrir, car ce serait généralement à la joue. Si la maladie est reconnue de bonne heure, avant qu'elle n'ait détruit l'os, il y a dei& voies à choisir pour ouvrir l'abcès : Tune qui consiste à perforer la partie comprise entre le sinus et le nez ; l'autre à enlever la première ou la seconde molaire et à perforer la hase du sinus. Mais si la partie antérieure de Fos a été détruite^ on pourra faire une ouverture derrière la lèvre, endroit où Ton pourra percevoir la fluctuation; mais ce point aura plus de tendance que le précédent à se cicatriser et par conséquent à permettre une nouvelle accumubtlon du pus, ce qu'il faut éviter, en adoptant plutôt l'autre procédé ».
Après avoir fait l'ouverture, il sera probablement nécessaire de l'agrandir à l'aide d'un gros trocart qu'on introduira à travers le plancher du anus de façon à ce que le pus ait une issue Ibre. Une exploration attentive faite avec le ttflet fera reconnaître la présence d'un corps étranger, qu'on devra enlever même s'il était ■écessaire d'agrandir l'ouverture. En faisant c^e exploration, on cherchera à savoir si la eavité est divisée par une cloison partielle ou par une excroissance osseuse, comme l'a si- |Dalé Giraldès (2), car, dans ce cas, un corps étranger pourrait se cacher dans une région circonscrite du sinus et ne pourrait être enlevé
qu'avec une curette courbe en rompant les cloisons. Le traitement consécutif consistera à faire tous les jours des irrigations désinfectantes avec l'acide phénique, le permanganate de potasse, le sulfate de zinc, l'alun, le nitrate d'argent à i/300, etc., jusqu'à ce que l'écoulement devienne normal et sans odeur fétide. L'orifice peut être maintenu béant, en y introduisant de petites tiges d'argent ou de plomb, attachées avec un fil aux dents voisines, ou un petit tube à drainage en argent. Salter (1) a imaginé un petit appareil très ingénieux dans le même but. II reste encore quelques points à examiner. S'U était utile ou nécessaire d'ouvrir le sinus par un autre endroit que le bord alvéolaire, l'expé* rience a démontré qu'il valait mieux le faire à la partie inférieure de la fosse canine, en dirigeant le trocart en arrière et un peu en dehors. Dans les cas où le gonflement des parties ne permet pas d'ouvrir la bouche assez pour ex* traire la dent et perforer le bord alvéolaire, on peut faire l'ouverture par la fosse canine, comme ci-dessus, dans le but d'un soulagement temporaire et, après la disparition des symp* tomes aigus, on fera l'opération en perforant une alvéole. Cette dernière opération est encore indiquée dans ces cas rares où il reste une ou* verture fisluleuse gênante comme le résultat de l'ouverture d'un abcès à travers la joue ou la paupière inférieure. On ne pratiquera pas l'agrandissement du sinus, en vue du drainage, de I crainte d'augmenter la déformation.
ÉPANCHEMENTS DE SANG
Us peuvent se faire dans le sinus maxillaire loit comme le résultat d'une violence directe, soit comme conséquence d'une hémorrhagie nasale, le sang passant dans le sinus par l'ori-
fice de communication avec les narines. La suppuration peut se faire dans ce cas.
Le traitement est le même que celui des abcès du sinus.
TUMEURS
Des tumeurs de nature diverse peuvent prenne naissance dans le sinus ou plus rarement lor le bord alvéolaire du maxillaire supérieur et ttfahir, dans leur marche rapide et destructire, non seulement toute la cavité du sinus, mais, en brisant toutes les cloisons osseuses
(1) Honter, Traité des maladies des dents, in OSunti complètes, trad. par Richelot. Paris, 1843,
un.
(3) Giraldès, Des maladies du sinus maxillaire. Paria, lasi.
minces, gagner les sinus, les deux narines et l'orbite; le déplacement et la déformation qui en résultent sont extrêmes. Weber, sur 307 cas de tumeurs du sinus, a établi leur fréquence relative de la façon suivante : carcinomes 133, sarcomes 84, ostéomes 22, kystes 20, fibromes 17, enchondromes 8, polypes gélatineux 7, sarcomes et carcinomes mélaniques 5, an-
(1) Holmes, System of surgery, 8* éd., vol. Il, p. 468.
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giome i. n fait remarquer que le carcinome est mentionné trop souvent et que probablement on a dû le confondre avec le sarcome médullaire. Pour lui^ ce dernier compte pour plus d*un tiers, et le carcinome pour moins d'un tiers de toutes les tumeurs du maxillaire supérieur.
On a exposé dans un autre article le diagnostic différenciel et le traitement de ces tumeurs (1).
(1) Voy. Batlin, Des tumeurs, ia BncycL de chir. Paris, 1885, t. IV, p. 749.
TRAUMATISMES ET AFFECTIONS CHIRURGICALES DES JOUES, DES LÈVRES ET DE LA FACE
PAR LE D* GÉRARD MARCHAflT
Proteetenr et chef de eliniqn» ebinirgteale de U Faculté de médecine de Paris (I).