‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 375 sur 638 · BLESSURES DES JOUES · texte numérisé non relu

BLESSURES DES JOUES

PLAIES SmPLES ET SUPERFICIELLES.

Mies soient produites par des instruments ou tranchants, ces plaies, lorsqu'elles ficielles, ne préoccupent le chirurgien foint de Tue de la cicatrisation. Pour celle-ci aussi peu apparente que possible, toujours rechercher la réunion imméet n'employer pour l'affrontement des lèvres plaie aucun emplâtre coloré : c'est ainsi des plaies pansées avec du taffetas d' Annoir ont laissé à leur place des cicatrices . Quesnay (2) parle aussi d'une jeune atteinte au visage d'une plaie dans laquelle faiitroduisit delà pierre noire, en vue d'activer featrisation ; la réunion se fit sans suppura- I aucune, mais la cicatrice resta noire, et le ips n'effaça jamais cette coloration (cité par ) (3). Le collodion iodoformé agissant

I) Poar la rédaction de cet article nous nous mes inspiré du plan et des idées du docteur ta Po8t, professcar de clinique chirurgicale de ôrersité de New-York, qui a magistralement traité sème sujet dans Tédition anglaise de VBneyclaie de chirurgie.

) Quesnay, Traité de la suppuration, Pueiêf 1749. 9 Panas, art. Cicatrice, Cicatrisation in Nouveau Hamiaire de médecine et de chirurgie pratiques. is, 1S67, L VII, p. 687.

comme antiseptique et agglutinatif nous a rendu dans ces cas-là de signalés services.

B. — PLAIES G0MPLIQU1£eS.

Blessure d'une artère, d'un nerf, du canal de Sténon, ou de la parotide, telles sont les complications qui peuvent accompagner les plaies profondes des joues.

Vhémorrhagie n'a de l'importance que dans le cas de blessure d'une artère d'un assez gros calibre : la division peut porter sur la faciale ou ses branches (coronaires), sur l'ar^^e transverse de la face : la ligature avec un fil de catgut des artères saignantes, la torsion seront utUisées : on peut môme souvent se dispenser d'employer ces moyens, la compression par rapprochement des parties suturées suffisant dans bien des cas à arrêter l'écoulement sanguin.

Le nerf facial ou les branches faciales du ^^t^meau sont parfois divisés. — La section du nerf facial tantôt complète, tantôt partielle (elle porte alors plus souvent sur les branches cervico-faciales) entraîne une paralysie des muscles de l'expression du visage, paralysie totale ou partielle ; il est digne de remarque que la déviation des traits, après avoir été très accusée, a diminué parfois quelque temps après la section, ou même a disparu, bien que, dans ces cas, une

G. MAEGHAFIT. — JOUES, LEVRES ET FACE

portion du nerf ait été manifestement enleTée.

Nous avons observé cette marche régresslTe de la paralysie faciale chez un jeune homme qui, à la suite d'un coup de canif, en avant de l'oreille, avait eu une section du nerf facial : la paralysie très accusée pendant les premiers mois est aujourd'hui, après sept ans, peu apparente. Malgré cette réserve à faire dans le pronostic des plaies du nerf facial, cette complication réclame l'attention du chirurgien, et, le cas échéant, s'il était possible, sans trop de débridements, de retrouver les bouts des nerfs, il ne faudrait pas hésiter à en opérer le rapprochement par une suture délicate.

La blessure d'une des branches faciales du trijumeau entraîne une perte de la sensibilité dans la distribution de ce nerf. Bien autrement graves sont les névralgies faciales qui succèdent à une irritation du trijumeau, soit qu'elles reconnaissent pour cause une dilacération de la branche nerveuse ou son emprisonnement dans le tissu cicatriciel. Dans ce dernier cas, le seul traitement est l'excision du tissu cicatriciel.

Le canal de Sténon peut être divisé par un traumatisme : sa division est le plus souvent complète, et les deux orifices en sont visibles à la surface de la plaie : mais dans quelques circonstances ce n'est qu'au moment du repas que l'écoulement do la salive à travers la plaie vient révéler la solution de continuité : la réunion exacte des bords de la plaie peut en amener la cicatrisation : « Le liquide salivaire, dit Legouest (Oi reprend alors son cours normal dans la bouche, soit en parcourant tout le canal dont les tronçons se sont abouchés, soit par le bout postérieur seul, la portion du canal comprise entre la division et son orifice normal restant inutile. Les deux bouts du canal salivaire peuvent ne pas se réunir immédiatement, et présenter un sac intermédiaire dans lequel la salive arrive par le bout postérieur, s'accumule et forme une tumeur molle : le liquide passe naturellement, par le trop-plein, dans le bout inférieur du canal et dans la bouche, où il ne s'écoule que sous la pression du doigt. La salive s'épanche quelquefois dans le tissu cellulaire et donne lieu à une tuméfaction do consistance pâteuse ; une incision faite par l'intérieur de la bouche eu regard de la cicatrice extérieure et maintenue béante au moyen d'une corde à boyau ou d'une mèche de charpie, jusqu'à ce

(1) Legouest, Traité de chirurgie d'armée, 2«édiiioD, Paris, 1872.

qu'elle soit transformée en fistule par laquelle s'écoule la salive, est le mode de traitement qa'il convient d'opposer à cette affection.

Mais la réunion de la plaie peut être empêchée par l'écoulement de la salive à l'extérieur, il se forme alors une fistule salivaire. Les plaies qui intéressent toute l'épaisseur de la joue exposent moins à cet accident que les plaies qui ne pénètrent pas complètement dans la bouche: dans les premières, en effet, le liquide salivaire s'écoule aussi facilement dans la bouche qu'à l'extérieur, et prend volontiers cette voie, quand la solution de continuité des téguments extérieurs est hermétiquement fermée par une sature; dans les secondes, au contraire, il faut, pour que la salive passe du bout postérieur dans le bout antérieur du canal et, de là, dans la bouche, que les deux bouts soient en rapport exact et ne se cicatrisent pas isolément, sinon il se produira une tumeur salivaire ou une fistule. C'est pourquoi on a conseillé de parer à cette éventualité en complétant la division de la joue, et en transformant une plaie non pénétrante en plaie pénétrante.

Dans tous les cas, les plaies de la joue, intéressant le canal de Sténon, seront affrontées avec soin et réunies par la suture, sans préoccupation des fistules qui peuvent en résulter : on prendra seulement la précaution de ne pas comprendre les orifices du conduit dans les points de suture entortillée, de façon aies laisser libres dans la plaie, si celle-ci ne pénètre pas dans la cavité buccale, ou béants du côté de la bouche, si la plaie est pénétrante. Le conseil, donné par Boyer, de maintenir dans la plaie interne une mèche fixée au moyen d'un fil qui traverse le point le plus élevé de la division et est assujetti sur la joue, nous parait propre à déterminer l'accident qu'on veut éviter. Nous l'avons vu échouer deux fois, tandis que nous avons réussi du premier coup à fermer une plaie du canal de Sténon, par la suture entortillée. Ravaton dit avoir prévenu la formation des fistules par le procédé suivant : il introduisit un tuyau de plume de volume convenable dans la portion antérieure du canal salivaire, d'arrière en avant, et le fit saillir d'environ deux millimètres dans la bouche en forçant l'orifice normal; il passa ensuite adrcUement l'autre extrémité de la plume dans la portion postérieure du canal dont il rétablit ainsi la continuité. Ce moyen nous parait présenter de grandes difQcultés.

Les blessures de la glande parotide, dans sa portion faciale, doivent être aussi réunies par

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