B. — VICES DE CONFORMATION
BBC'DE'LIÈVRE.
Le bee-de-liévre est la division permanente et congénitale des lèvres produite par un arrêt de développement qui empêche la soudure des bourgeons maxillaires et frontaux.
Le bec-de-lièvre est simple (fig. 1727), superficiei, lorsque la fissure ne porte que sur les parties molles, sur les lèvres ; elle siège sur la lèvre supérieure dans l'immense majorité des cas ; s'il est unilatéral (fig. 1727), la division est plus fréquemment observée à gauche; il peut être 6t7aiéral{fïg. 1728).
Le bec-de-lièvre complexe, composé, profond (fig. 1729 et 1730), résulte d'un vice de conformation plus étendu : à la division de la lèvre l'ajoute celle des os qui forment la voûte palatine ti celle du voile du palais.
Le bec'de-lièvre médian de la lèvre inférieure (ûg. 1734), le bec-de-lièvre génien ou commissural (fig. 1732) sont des raretés intéressantes, mais qui ne peuvent nous arrêter.
Les quesiions d'étiologie, de symptomatologie du bec-de-lièvre sont trailées dans tous les livres et n'ont qu'un intérêt secondaire devant la question «'tt traitement.
• Traitement.
• Broca et son élève Monod, le professeur Trélat,
<l&n8une série de leçons cliniques (1), ont résolu
d'une Taçon très sage, très pratique, les questions
qui touchent au traitement du bec-de-lièvre.
1*A quelle époque convient-il d'opérer le hec-de-
(1) Nous avons fait un large emprunt à ces clini ^*w, avec rautorisation du professeur Trélat.
2<^ Quel est le procédé qui assure le mieux une bonne restauration des parties?
Le bec-de-lièvre, au moment de la naissance, constitue une infériorité qui compromet en général la lactation et la nutrition; aussi y a-t-il, comme dit Broca, urgence physiologique à agir.
La pratique générale peut se résumer en quelques mots :.
{^ Sile bec-de-lièvre est simple^ il faut opérer
tôt.
2<> S'U s'agit d'un cas complexe, il faut renvoyer l'opération à une époque ultérieure.
Reprenons ces deux propositions.
Par opérer tôt dans le bec-de-lièvre simple, on entend avec Broca et Trélat opérer immédiate' ment après la naissance, le jour même ou dans les deux ou trois jours qui la suivent, c'est-àdire pendant cette période où l'enfant n'a qu'une existence torpide et où il bénéficie encore de la vie intra-utérine (Trélat).
Le poids du nouveau-né subit une diminution après les deux ou trois premiers jours de la naissance, preuve nouvelle de la nécessité de l'intervention.
u Pendant les huit ou dix jours qui suivent, le petit opéré sera encore nourri à la cuiller, mais au bout de ce temps la cicatrice est assez solide pour résister aux efforts de succion, il n'aura pas encore perdu l'instinct qui le porte à téter : cet instinct persiste pendant le premier mois. » (Broca.)
Attendre six mois, c'est opérer l'enfant en pleine période de dentition, c'est-à-dire dans des conditions moins bonnes au point de vue de la réussite opératoire, période opératoire chanceuse qui dure jusqu'à quinze ou dix-huit mois. A cet âge, les cris plus faciles, plus motivés, le degré de contraction musculaire plus énergique seraient de mauvais auxiliaires de la réunion première. — Donc, l'opération hâtive doit être la règle dans le bec-de-lièvre simple.
Dans le cas de bec-de-liêvre compliqué, la question est discutable. /( vaut mieux attendre quinze ou dix-huit mois pour faire luie opération complète; mais si le sujet est fort et bien portant, susceptible de supporter une opération, ce dont on s'assure expérimentalement par des pesées répétées tous les deux ou trois jours, dans ces cas complexes, on doit tenter la réunion des parties molles, réunion qui peut avoir sur Vétat des os sous-jacents Vinfluence la plus favorable,
« Sous la pression constante de la lèvre réformée, les saillies anormales s'affaissent et les os écartés tendent à se rapprocher. 11 n'est pas rare de voir la division de l'arcade dentaire se
C MAWtmAWW — lOCES» LËVBES ET FlCS.
Plg. tTII. — Vtce de conroraitUon d« U lè*râ tnfdrisnra (musde DnpartraD) [*).
I» de U Uvre Infdrienrt.
Kig. 1730. — Bec-de-Uèvro «Tee lailUe des os ii miiiltaires qui lonl projetés en STtnt et qui pon«nt boriionulemenl les dont* IncUiTM (Cb. Phillips;.
AFFECTIONS DES L£VRBS. - VICES DB CONFORIUTION.
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comUer complAtemeat par ca mécanisme, ce qui diminuoia d'autant l'éteDdue de l'opéradoa qui sera plus lard aécessaire pour fermer la dimioQ palatioe (1). ■ Voici ua Tait probant observé par Broea. Dans un cas de bec-de-lièfre unilatéral, le promontoire Tormë par l'oa incisif uni au mudUaire était tel que ce chirurgien avait tout prépaie pour briser cette saillie osseuse ninnt le procédé de M. Duplaj. Il put cepen-
dant ne pas recourir b cette manouTre, et grâce h une libération étendue de la léne, la réunion se fit sans peine. Six mois plus tard, le bec osseux n'existait plus, les deux moitiés de l'arc maxillaire étaient au même niveau et de plus la division palatine, qui était considérable, était comblée dans son tiers antérieur. L'enfant au moment de l'opération n'était &gé que de trente jours.
Fig. 1731. — Fissura congiolttle des lèvrei.
(M ett le meilleur prùcidé optratoire à adopiff ■- Dans un traité de médecine opératoire loBi les procédés doivent être minutieusement Mails et figurés ; mais dans une élude synthélifu, l'énoncé des règles générales, leur raison 'Mn est plus profitable i Vespril. Le procédé ■'(UriM, la méthode ett tout.
B fmt éviter à tout prix Pkémorrhagie. — hécepte de la plus grande importance qui a joué ugrand rAie dans l'histoire opératoire du bec-de- Ihn, histoire que nous passerons bous silence.
Q est possible aujourd'hui de réduire cette We de sang h un minimum si peu inquiétant, f« l'opération est possible dans les premières baiKs de la naissance.
QiuBa tont donc les sources de l'himorrkagie et 1* aoyen de les éviter ?
C'estpendantl'avitieni«n(, la libération det lam- ^wa, elle refoulement ou le détachement du tu- ^tKule oi$eux incisif, que la perte de sang est à craindre.
(1) Voiwd, Leçon» de clinique chirurgicale, IMS.
Pendant Vavivemsntf il ne s'écoule que quelques gouttes de sang si l'on a soin de comprimer les coronaires : les doigta d'un aide ou bien deux longues pinces à pression (Trélat, Honod) remplissent celte indication.
La mobilitation totale dei lambeaux h affronter est une règle absolue : sans elle pas de réussite certaine, pas plus dans les restaurations de la vodle palatine que dans celles du bec-de-lièvre (Trélat).
Or, pour obtenir cette mobilité des deux cAtés du bec- de-lièvre, il faut détacher la face profonde de la lèvre, et cela dans une étendue suffisante pour que les surfaces avivées arrivent au contact. Il faut que les lambeuiz soient llaecides (Trélat). Les anciens négligeaient cette manœuvre.
Inciser au bistouri est imprudent : le thermocautère préconisé par Broca, accepté par Trélat, permet d'opérer le décollement à blanc. H. Verneuil, préoccupé de la même idée, emploie un petit écraseur linéaire et M. ftichet la ligature métallique.