ÉRYSIPÈLE DE LA FACE
**endant longtemps, on a divisé l'érysipèle en ^^pèle médical et érysipèle chirurgical : le type "® l'érysipèle médical était Vérysipèle de la face ®^ 9pontanéf qu'on opposait à l'érysipèle sur- ^^'^^m aux membres à l'occasion d'une plaie opératoire ou accidentelle. Celui-ci était réputé
chirurgical. En se basant sur la nature infectieuse de l'érysipèle, sur l'observation qui permet de découvrir le plus souvent une porte d* entrée à Vérysipèle de la face (ulcération nasale ou autre), on ne tarda pas à rapprocher deux affections qui paraissaient disparates, et à montrer que l'érysipèle médical et l'érysipèle chirurgical relevaient absolument de la même cause locale ou générale ; que tous les deux nécessitaient : I» une po^te d* entrée, qu'elle s'appelle plaie ou ulcération, qu'elle soit grande ou petite, et 2<^ une infection encore discutable dans son essence, mais réelle (1).
Cherchez toujours la fissure de pénétration et vous la trouverez : nette, dans le cas de plaie contuse de la face exposée au froid ou intempestivement réunie, elle sera moins accessible dans le cas d'ulcération nasale ; cependant l'interrogatoire permettra de retrouver, dans la plupart des cas, un coryza, des épistaxis, un grattage de l'orifice antérieur des fosses nasales.
Étiologie .
Les questions d'étiologie, de contagion de l'érysipèle, de ses rapports avec la fièvre puerpérale, sont trop générales pour être traitées ici : Vanatomie pathologique sera aussi passée sous silence.
Symptômes.
Comment peut-on reconnaître un érysipèle de la face ?
Chez un malade qui depuis quelques heures est atteint de malaise général, de céphalalgie, de fièvre, on voit apparaître après quelques vomissements et frissons presque constants, de la rougeur. Cette rougeur s'accompagne d'un engorgement ganglionnaire correspondant, engorgement sous-maxillaire, pré-auriculaire ou des parties latérales du cou ; celte adénopathie a une grande importance : elle précéderait, professait Chomel (qui ignorait l'origine souvent muqueuse et cachée de la porte d'entrée de l'érysipèle), l'apparition de la plaque rouge.
Contemporaine de ces phénomènes est la fièvre, fièvre à accès, chacun de ces accès cor-
(1) Dans une discnssion récente de TAcadémie de médecine (12 mai 1885i, soulevée par M. Trélat, M. Cornil a admis comme démontré que Térysipèle est toujours causé par un streptococcus qui siège dans le tissu conjonctiff dans les plasmas lymphatique et sanguin : il croit aussi qu'on peut expliquer les variations du degré de gravité des érysipèles par Taddition do bactéries variées à celles de rérysipcle.
G. MARCHANT. — JOUES, LÈVRES ET FACE
respondant avec un frisson et Textension de répysipèle,papune nouvelle plaque.
La plaque érysipélateuse est d'un rouge vif, inflammatoire, tantôt lirant sur le fauve et se terminant par un bord sinueux, formant un liséré saillant qui tranche nettement avec la peau saine. Le point d'apparition de cette plaque est variable : c'est le plus souvent à la racine du nez, au niveau d'un des points lacrymaux,-que se montre la rougeur; autour encore de l'orifice antérieur des fosses nasales, plus rarement sur le front, la pommette, ou du côté de l'oreille. Les connexions du tégument cutané de la face avec la muqueuse des fosses nasales, du pharynx, de la trompe d'Eustache et de l'oreille, nous montrent comment un érysipèle, d'abord profond, suivra ces voies pour apparaître à l'extérieur. Mais qu'il y ait une plaie de la face accidentelle, opératoire, mal soignée, mal protégée ou irritée, et c'est autour de cette solution de continuité que l'affection va évoluer.
La plaque s'étend, elle gagne de proche en proche du côté du bourrelet; le nez, la joue, les paupières, le cuir chevelu, rarement le menton (1), sont successivement envahis, par poussées, par saccades, par accès, et cette tuméfaction énorme, qui défigure le sujet, est le siège d'une sensation de cuisson : elle est fort douloureuse à la pression.
Qu'il soit envahissant ou limité à la face, la rétrocession de Térysipèle est caractérisée par une disparition de la rougeur, de la tuméfaction œdémateuse, de la sensibilité et remplacée par une desquamation furfuracée plus ou moins 4)pparente. Mais comme l'envahissement a été successif, les phénomènes congestifs s'éteignent sur un point, alors que sur d'autres ils sont en activité : l'érysipèlc limité non compliqué a une durée de 8 à 10 jours.
Complications et pronostic.
Trop souvent l'érysipèle donne lieu à un état <jénéral grave {ataxo-aclynamique), ou à des complications cérébrales (délire, méningite, phlébite des sinus); dans d'autres cas plus fréquents, il 68t suivi de suppuratio7i, et alors, c'est au niveau des paupières, du cuir chevelu que la suppuration se montre, suppuration sous-cutanée, donnant lieu à une série d'abcès collectés ou en nappe.
La gravité de l'érysipèle est en rapport :
(1) Nous avons eu Toccasion, en 1877, à Beaujon, dans le service de Dolbeau, de constater une exception à cette règle.
{^ avec Vintensité d'action du produit r proposition générale que nouspourrion sur des faits, mais qui ne peut s'étay sur une théorie satisfdsante ; 2^ a général du sujet (puerpéralité, état dia misère physiologique, maladies antéi érysipèles secondaires).
L'érysipèle de la face est-il plus < grave que celui des autres régions du
Des relevés comparatifs établis pai Raynaud (1), il résulte que la moi l'érysipèle ne varie pas très sensiblen l'érysipèle se soit développé à la fac d'autres points du corps.
Les érysipèles secondaires à des antérieures sont les plus graves et le cheux.
Diagnostic.
Le diagnostic de l'érysipèle de la face à la condition de n'admettre comme teuses que les rougeurs qui s'accompa
^i"" De fièvre;
2<» De vomissements ou de firissons ;
3<^ D'un état général plus ou moins ac(
Avec ces données, ni les érythèm poussées congestives du visage qui i sent chez certaines femmes au moi règles ou à la ménopause, ne prêleron sion avec la maladie que nous étudie
Traitement.
11 n'y a pas de traitement chirurgica sipèle en dehors du traitement prêt consiste à préserver les plaies du \ tout contact offensif et de l'ouverture c lorsque l'érysipèle s'est compliqué de tion.
Le traitement médical sera local et et nous avouons ne pas avoir de pi pour l'une ou l'autre des nombreuses i préconisées en dehors de l'administrai purgatif et de l'application locale de iodoformé.
Rappelons-nous toujours que Térys une maladie infectieuse et ne nous ( pas qu'avec les progrès de l'hygiène e' tement des plaies, elle diminue dans portions notables de fréquence et d< (Trélat.)
(1) Maurice Raynaud, Nouv, Dict, de n chirurgie pratiques de Jaccoud, ari. Értsip 1871, t. XIV, p. 33.