‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 427 sur 638 · ABCÈS CHRONIQUES · texte numérisé non relu

ABCÈS CHRONIQUES

11 peut se former des abcès chroniques au sein du maxillaire inférieur dus à une ostéite ayant son origine dans une carie dentaire. Ces abcès donnent lieu à des tuméfactions qui peuvent simuler des tumeurs solides ; aussi faut-il toujours faire une ponction exploratrice avant de pratiquer toute autre opération.

SUPPUBATlOIf OU EMPrÉMB DE L^ANTAE

D'UGHMORB.

La suppuration ou empyème de V antre d'Highfnore est une autre forme d'abcès chronique. L'occlusion du pus est rarement assez complète pour produire la distension de la cavité osseuse. Dans la grande majorité des cas le pus s'échappe constamment dans les fosses nasales, et c'est cette suppuration qui attire tout d'abord l'attention du malade. L'absence de croûtes et de fétidité marque suffisamment la différence de cette affection et de l'ozène. Dans l'ozène le malade a ordinairement perdu l'odorat et est Inconscient de sa propre fétidité ; mais dans la suppuration de l'antre d'Highmore le malade perçoit une odeur quelquefois désagréable, mais n'en répand aucune, bien que le pus recueilli ; sur le mouchoir puisse être fétide. Souvent le inalade ne se plaint que d'un goût désagréable ^s la gorge et la bouche le matin à son réveil, 'urtout s'il dort habituellement sur le côté non ^Ueint;le pus coule alors lentement dans le pharynx.

I)&ns des cas exceptionnels, le pus peut être f >BteQu et distendre la cavité osseuse, dont les parois s'amincissent par résorption et produisent ^ crépitation caractéristique. Mais peut-être quelques-uns au moins de ces cas ne sont-ils que des exemples de kystes des parois osseuses,

dont le contenu est devenu purulent. Dans les cas de distension la douleur est intense et a un caractère névralgique et intermittent; mais dans les cas ordinaires il n'y a qu'un sentiment de gêne et de poids dans la région maxillaire, si peu net que souvent il ne peut indiquer le côté du mal.

Dans la grande majorité des cas, Tempyème de l'antre d'Highmore dépend de l'inflammalion du périoste qui tapisse la cavité, périostite due à la carie dentaire. Il est possible cependant que cette inflammation vienne par propagation des fosses nasales. Ce sont les premières et les secondes molaires qui sont le plus souvent le point de départ de cette périostite ; mais les canines souvent et plus rarement les incisives, quand l'antre d'Highmore est très développé, peuvent en être l'origine. L'extraction d'une dent cariée peut être suivie d'une évacuation immédiate de pus, auquel cas il est souvent nécessaire d'élargir l'ouverture; quand la dent a disparu depuis longtemps, il faut perforer l'antre d'Highmore. On fait alors des lavages de la cavité au moyen d'une petite seringue ; le liquide injecté sort soit par les fosses nasales, soit par la perforation. Le traitement consécutif consiste à maintenir l'ouverture béante jusqu'à la cessation de tout écoulement ; quand cette ouverture a été pratiquée à travers l'alvéole, il faut pendant la mastication l'obturer au moyen d'une pièce artificielle de manière à empêcher la pénétration de parcelles d'aliments. La guérison complète peut se faire attendre des mois.

Quand la dilatation de la cavité détermine de la déformation, on peut prendre l'empyème pour une tumeur solide. D'autre part il est possible qu'après Técoulement de la partie fluide du pus, il reste une masse solide de pus concret et de cholestérine ; dans un cas que j'ai observé il s'était produit aussi une absorption partielle du plancher de la cavité avec saillie du palais et tous les signes d'une tumeur maxillaire.

Les effets secondaires produits par la distension de l'antre d'Highmore peuvent être parfois sérieux. Ainsi l'exophlhalmie due à l'élévation du plancher de l'orbite n'est pas rare. Salter et Gaine ont publié des cas d'amaurose. permanente ; l'empyème de l'antre d'Highmore a quelquefois amené la mort.

CH. HfiATH. - BOUCHE, GORGE, LANGUE, PALAIS, ETC.

INFLAMMATIONS

PI^RIOSTITE.

La périostUe des maxillaires peut être aiguë ou chronique, mais la périostite aiguë provoque si rapidement la nécrose que c'est seulement à ses débuts qu'elle peut être diagnostiquée. La forme chronique est ordinairement de nature syphilitique; elle détermine la formation de nodi sur le palais et de Thypérostose partielle du maxillaire inférieur. Dans ces cas l'iodure donne des résultats excellents. Certaines névralgies faciales rebelles, résistant à la quinine, cèdent à Faction de Tiodure de potassium ; ces névralgies dépendent probablement d'une périostite ou d'une ostéite chronique en agissant par compression sur les nerfs dentaires.

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