‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 50 sur 638 · ABCÈS CHRONIQUE DU CERVEAU · texte numérisé non relu

ABCÈS CHRONIQUE DU CERVEAU

Bien qu'après l'encéphalite aiguë consécutive aux traumatismes du cerveau, la mort puisse avoir lieu à la période du ramollissement rouge et de la suppuration, il arrive quelquefois que presque tous les symptômes cérébraux disparaissent, alors môme qu'un abcès chronique so forme. Pendant cette période latente (qui varie habituellement d'un à deux mois, bien qu'elle puisse n'avoir que quelques jours de durée), lorsque les lésions intéressent des portions du cerveau possédant des fonctions définies, on peut noter les symptômes d'une affection localisée^ tels que de l'aphasie, de la paralysie ou de l'hémiplégie, et môme des convulsions, qui sont ordinairement généralisées, mais plus rarement se limitent à certains groupes de muscles. Le strabisme est fort rare. Quelquefois on peut constater les signes d*une pression constante, légère, sur le cerveau, tels qu'une céphalalgie plus ou moins continue, s'accompagnant, pendant les exacerbations, d'un peu de fièvre, d'étourdissements et de nausées. Une céphalalgie violente indique probablement une tension marquée de l'abcès, avec de la congestion tout autour. Plus ces crises de céphalalgie intense

sont fréquentes, plus il est probable que le ramollissement rouge inflammatoire, le ramollissement jaune et un œdème cérébral étendu sont imminents; en d'autres termes, que la moit peut avoir lieu à tout moment. Quelquefois une obtusion des sens, de la lenteur et un défaut d'énergie des mouvements, une faiblesse d'esprit progressivement croissante, accompagnent la céphalalgie chronique. On a aussi observé de l'insomnie, des illusions optiques et des crises intermittentes de terreur folle. De plus, après une céphalalgie violente qui s'est rapidement développée, le malade peut tomber dans le coma et être pris de fièvre, ces symptômes ne durant que quelques heures. Très rarement on a noté des frissons, mais ils ont quelquefois été assez marqués pour faire croire à une fièvre intermittente. Des convulsions épileptiformes s'observent souvent dans la période latente de l'abcès cérébral chronique, mais elles n'ont rien de particulier ni de palhognomonique. Les modes de terminaison de l'abcès cérébral chronique sont l'ouverture au dehors, avec méningite de la convexité du cerveau ; l'ouverture à la base, avec méningite de cette région ; la rupture dans les ventricules, un œdème cérébral étendu, la compression de la moelle allongée par un abcès cérébelleux, et une anémie remarquable du cerveau. Les symptômes qui accompagnent les périodes ultimes de l'abcès cérébral sont souvent ceux de l'excitation mentale, insomnie, hallucinations et délire violent, avec élévation de température; mais ils sont d'assez courte durée pour passer souvent inaperçus, et sont suivis de somnolence, avec céphalalgie intense, pouls lent, dilatation et inertie des pupilles, abaissement de la température, congestion rétinienne passive ; quelquefois encore de vomissements, de coma complet, avec évacuations involontaires. L'hémiplégie, ou plus rarement d'autres formes de paralysie, l'arrêt de la respiration, et la mort terminent ordinairement la scène. Quelquefois il survient des convulsions. Des contractures musculaires sont parfois notées. Quand l'ouverture de l'abcès détermine de la méningite, il se produit dans les symptômes une modification correspondante et une confusion que je n'essayerai pas de décrire ici. Les localisations cérébrales peuvent nous aider à déterminer le siège de ces abcès, pourvu qu'ib occupent certaines positions. Les abcès chroniques, plus môme que les abcès aigus, donnent lieu à de nombreuses erreurs, parce que des portions de l'encéphale contigucs à la portion d'abord affectée, ou entretenant avec elle

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