SYMPTOMES MÉDULLAIRES ET NERVEUX
La moelle et les nerfs sont loin d'être constamment atteints, malgré la disposition anatomique des parties. L'immunité fréquente de la moelle s'explique par le fait qu'elle occupe la partie postérieure de la colonne. Il faut aussi se rappeler que les produits de l'inûammation se
(1) Lannelongue, loc. ci/., p. 171.
portent en avant et que le développemeat de la difformité est ordinairement si lent que la moelle a le temps de s'y accommoder, pour ainsi dire. Et il est merveilleux de voir à quels changements la moelle peut s'accommoder, à la condition que ces changements se produisent avec lenteur. Dans tous les cas de mal de Pott à déviation considérable, la moelle doit non seulement se courber brusquement et occuper un espace beaucoup plus limité qu'à l'état normal, mais dans certains cas elle se raccourcit Pourtant il est commun de voir des déviatioDS considérables sans aucun symptôme nerveux.
Les symptômes dont nous allons nous occuper peuvent être rapportés, soit à l'irritation deU moelle et des nerfs, soit à une lésion de ces organes interrompant leurs fonctions d'une manière temporaire ou permanente. Il peut donc se produire soit de la douleur ou de l'hypéresthésie, soit une perte de la sensation. Du côté de la mobilité, on peut observer des spasmes musculaires et une exagération des actions réQexes, soit une paralysie absolue de certaines parties.
L'autopsie des individus qui ont présenté des symptômes nerveux pendant la vie donne des résultats très variables. Quelquefois on trouve les méninges rachidiennes épaissies au niveau de la lésion ou bien un exsudât inûammatoiie considérable entre ces membranes et la paroi et des adhérences intimes réunissant ces parties. La moelle peut être congestionnée, enflammée ou sclérosée, quelquefois ramoUie surtout dans les régions motrices. Ces lésions, en particulier le ramollissement, sont dues le plus souvent à la compression, effectuée soit par la déviation elle-même, soit par une vertèbre déplacée, soit par des fragments osseux, soit par des produits inflammatoires ou des néoplasies osseuses. Les nerfs spinaux peuvent être enflammés par propagation, irrités par des fragments osseux, ou comprimés. Quand plusieurs vertèbres sont détruites, les trous de con* jugaison sont plus ou moins endommagés:
d'après Michel, on voit souvent plusieurs nerfs s'échapper par un seul trou énorme et de forme irrégulière.
Il est extrêmement difficile de dire dans quels cas il doit y avoir des symptômes médullaires et nerveux et dans quels cas il ne saurait y en avoir. Ces symptômes peuvent être précoces dans des cas très légers, ou au contraire manquer complètement dans les cas les plus graves.
Quant aux relations existant entre les symptômes médullaires elles désordres anatomiques, elles s'observent surtout quand le mal fait des