ABCÈS
L'évolution des symptômes est si variable dans le mal de Pott que l'abcès peut en être le premier signe ; d'autre part l'affection peut parcourir toute sa course et se terminer par ankylose et guérison, sans qu'on ait observé trace d'abcès.
Pourtant l'absence d'un abcès est tout à fait l'exception. Quant au moment où l'abcès se manifeste extérieurement, on ne peut rien dire de positif. 11 peut apparaître avant toute dtffonfkité, il peut constituer le symptôme le plus précoce, il peut n'apparaître qu'après plusieurs années de durée de la maladie. On a rapporté des cas dans lesquels l'abcès ne fit son apparition qu'au bout de dix, quinze, vingt années et plus, la maladie ayant eu le temps de guérir dans cet espace de temps. Il est probable que ces cas sont des exemples de ce que James Paget (2) a appelé abcès résiduels, c'est-à-dire abcès originaires des résidus ou des vestiges d'une poche purulente ancienne. Le sujet a une carie vertébrale, il se forme à ce niveau un abcès qui n'a pas de tendance à devenir superficiel; la guérison se produit, il ne reste plus de l'abcès qu'une collection minime de matière caséeuse. Tant que la santé du sujet reste bonne, et tant qu'aucun traumatisme n'irrite la région, ce résidu d'une inflammation passée demeure inerte. Mais quand ces conditions changent, le résidu agit à la façon d'un corps étranger et détermine la formation d'un abcès nouveau qui peut atteindre la surface*
(!) Shaw, loc, cit., p. 114.
(2) Pagel, Clinical lectures and essay s. London, 1877.
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Quant à Tinfluence des conditions locales et générales sur la formation de Fabcès, nous pouvons dire quelque chose de plus net. Plus le mal a une allure aiguë et rapide, plus la formation de Tabcès est certaine et précoce. La mauvaise santé peut de même hâter la formation d'un abcès. On peut en dire autant de l'absence de traitement, de la continuation des exercices et des mouvements et d'un traumatisme direct atteignant les parties malades. Pourtant cette règle souffre beaucoup d'exceptions. Fisher cite le cas d'un individu qui n'eut d'abcès que deux ans après la formation de la déviation, bien que pendant tout ce temps il se fût livré à des exercices athlétiques. De môme un abcès peut apparaître dans un cas à marche très chronique ne déterminant aucun accident et n'ayant produit qu'une difformité insignifiante. D'autre part on connaît des exemples de déviations considérables accompagnées de paraplégie sans abcès.
Les traits généraux des abcès du mal de Pott sont identiques à ceux des abcès froids en général et n'exigent aucune description spéciale. Lannelongue (!) a montré que la température au niveau de ces collections est plus élevée que celle de la surface cutanée correspondante de l'autre côté. 11 cite l'observation suivante :
Un enfant de 7 ans et demi présentait une déviation lombaire et un large abcès psoique à la partie supérieure de la cuisse gauche. Cet abcès ne présentait aucune trace d'inflammation ; c'était un abcès froid type et pourtant la température observée était la suivante :
ir« obierTation. 2* obsenration*
Température do l'aisselle 37,6 37,5
Température de la cuisse du côté sain. 37,0 36,5
Température de la cuisse au niveau de rabcès 37,2 37,1
Lannelongue a montré que cette élévation de température s'observait dans tous les abcès froids.