‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 532 sur 638 · TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ · texte numérisé non relu

TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ

Des douleurs névralgiques sont souvent le premier symptôme nerveux. Le siège de ces douleurs varie, comme l'a montré Howard Marsh, avec le siège du mal. Dans la carie de la région cervicale inférieure, la douleur s'irradie sur les épaules et les bras ou à la partie supérieure et antérieure de la poitrine. Dans la carie de la région dorsale, la douleur suit le trajet des nerfs intercostaux et peut être ressentie sur les parties latérales ou près de la région médiane du tronc. Dans la carie lombaire, la carie s'irradie du côté des reins et du bassin, descend le long des membres inférieurs et s'étend même jusqu'aux pieds (1). Ces douleurs sont assez caractéristiques. Elles sont quelquefois intenses, ordinairement aiguës et paroxystiques plutôt que continues. Ce sont des douleurs névralgiques.

La douleur est souvent limitée à un seul côté ou mieux à un seul nerf. Ainsi dans les cas de carie dorsale, la névralgie intercostale d'un seul espace est assez commune. La douleur peut être associée à de Thypéreslhésie de la partie innervée par le nerf malade ou d'une partie innervée par un tronc voisin. Mais cette complication est rare, la douleur est ordinairement exagérée par l'exercice et les mouvements violents, et la mise en vibration soudaine de la colonne peut la rendre momentanément atroce; d'autre partie malade est plus à sou aise quand il est couché, et souvent la douleur disparaît complètement quand la colonne est soumise à une légère extension.

Cette névralgie est très différente de la douleur sourde, profonde et bien localisée dont nous avons parlé précédemment. Celte dernière 8'exagère la nuit, peut être modifiée par le temps,

(1) The diagnosis of caries of the spine in ihe siage preceding angular curvature, British médical Journaly Tol. I, p. 913, 1881.

et n'est guère augmentée par les mouvements. Dans quelques cas le malade accuse une sensation de constriction circulaire au niveau de l'épigastre ou de l'ombilic. Cette sensation peut être extrêmement pénible et rappeler celle d'une brûlure. Ce symptôme commun dans beaucoup d'affections médullaires est extrêmement rare dans le mal de Pott, comme l'a indiqué récemment Marsh. Ce même auteur a également appelé l'attention sur ce fait que la douleur, quand elle est localisée à l'abdomen, peut faire commettre une erreur de diagnostic. Il cite le cas suivant:

Un enfant de cinq ans fat traité pendant plusieurs semaines pour des douleurs d*estomac. La douleur était due en réalité à une affection des vertèbres dorsales moyennes. Les douleurs fulgurantes si communes dans certaines affections médullaires ne s* observent pas dans le mal de Pott, bien que le malade puisse ressentir des caissons et des douleurs qu'on a désignées du nom d'aiguillons.

Enfin il peut y avoir de l'anesthésie au-dessous du siège du mal. Cette anesthésie est très rare et n'existe jamais seule, mais quand elle existe elle est toujours associée à de la paralysie motrice, qui presque toujours la précède et occupe une étendue plus grande. Il est rare que l'anesthésie soit absolue. Ordinairement il existe seulement un sentiment d'engourdissement ou une anesthésie limitée. Les exemples de perte complète de toute sensation au-dessous du siège du mal sont très peu nombreux et sont toujours associés à une paralysie absolue.

Page 1