TROUBLES DU SYSTÈME NERVEUX MOTEUR
Ce sont des convulsions ou des paralysies.
a. Les signes d'irritation nerveuse peuvent prendre différents aspects. Dans les cas les moins marqués, il peut n'y avoir qu'une exagération de l'irritabilité réûexe. En touchant ou en chatouillant légèrement la plante du pied, on fait relever violemment les membres. Dans d'autres cas> de la jaclitation involontaire des membres peut être produite par une irritation périphérique insignifiante.
Dans les cas marqués, les membres situés audessous du mal peuvent être le siège de mouvements spasmodiques ou convulsifs. Ces spasmes peuvent être très violents et associés à une douleur intense. Us peuvent se produire spontanément, mais peuvent être déterminés ou rendus plus vigoureux par une irritation périphérique, comme le chatouillement ou le pincement, etc. Ces symptômes sont limités aux
732 FR. TREVES. — VICES DE CONFORMATION ET AFFECT. DE LA COLONNE VERT. [U
muscles des membres inférieurs et aux muscles abdominaux et sacro-lombaires. Un seul membre peut ôtre affecté, ou même un seul muscle ou un seul groupe de muscles ; quand les deux côtés du corps sont le siège de mouvements spasmodiques, les symptômes prédominent ordinairement d'un côté.
Dans d'autres cas le spasme peut être continu et les jambes peuvent être relevées et pincées dans cette situation. Cette contracture peut être très douloureuse, alterner ou être associée au spasme intermittent ou clonique. Cette contracture est peut-être un peu plus fréquente que le spasme clonique. Le corps du malade peut dans quelques cas présenter une telle rigidité quand les muscles des meni bres inférieurs et du dos sont le siège de cette contraction, que, d'après le dire de Sbaw, on peut le manier comme une planche.
On a observé dans quelques cas de carie de la colonne cervicale du torticolis, ainsi qu'une dypsnée grave et intermittente due, selon Michel, à rirritatibn, ou peut-être à la paralysie du nerf phrénique.
b. Paralysies. — La forme de paralysie motrice ordinairement obser^^ée est la paraplégie. Elle peut être complète et également marquée dans les deux membres inférieurs. Elle se développe ordinairement lentement, bien qu'on ait rapporté des cas de paralysie subite déterminée par la production soudaine de la difformité spinale. La perte de la motilité peut être plus marquée d'un côté que de l'autre, ou bien elle peut être plus ou moins limitée à un groupe musculaire. Dans d'autres cas il peut n'y avoir que de la faiblesse. Ces symptômes apparaissent ordinairement dans l'ordre suivant : d'abord jactitation involontaire des membres, puis contracture et finalement paralysie. Il arrive souvent pourtant que la paralysie n'est pas précédée par de la contracture. La paralysie du mal de Pott offre quelques particularités. Elle n'est pas associée ordinairement à de l'anesthésie ou cette anesthésie est très peu marquée ; elle s'accompagne très rarement d'incontinence vésicale ou rectale ; quand cette complication existe, elle est peu prononcée et précédée souvent par un ténesme douloureux. Dans les paralysies incomplètes, le sens musculaire demeure intact. Les eschares sacrées sont aussi rares dans le mal de Pott qu'elles sont fréquentes dans les autres formes de paraplégie. Enfin la paraplégie dans celte afl'ection peut guérir radicalement. La réaction des muscles paralysés aux excitations électriques demeure normale, à moins que le tissu musculaire n'ait fini par se désorganiser.
Les mouvements convnlsifs dont nous avons déjà parlé peuvent s'observer quelquefois dus les membres paralysés ; quand oii les y obiene, ils forment un trait parfailement distioc^de cette affection. On ne les observe que dans les cas relativementrécentSy et ils nepeoT«ol évidemment se produire quand la stractniedesniudei s'est altérée.
c. Aspect général et démarchi âM mlaii, '- Dans les cas très accusés, le miliâe licit sa colonne très rigide en marchant UmuâaaTac ses jambes lentement, irrégulièrement, eiftochant le corps de c6lé et d'aatn. Lesnmmmenls sont raides et disgracieux. Quand il vnt ramasser quelque chose, il plie lei aernlires inférieurs et s'approche de l'objet dfe cOiéL
Quand la difformité est très marqnée,teMhde se tient la tête rejetée en arrière etiesoalieDt souvent en appuyant ses mains sorieicwses.
Quand un côté de la colonne est pins aileiii que l'autre, le malade est porté àsepeodKrii côté le moins malade. Quand il estendi^l préfère reposer sur le côté, et quand iJ iwti'tfseoir, il se tourne sur le ventre, paissaMièK à l'aide de ses mains et de ses genoux. Le paraît raccourci proportionnellement aurait mités. Le diamèti*e antéro-postérieor «( mente et le sternum fait saillie en vm^ les cas graves de carie dorsde cette MÎi sternum peut être considérable. Les cM souvent plus ou moins rigides, non cause de la position forcée détermiDêeytf difformité spinale et thoradque, ntii aussi parla destruction ou l'ankylosedeitfto: talions costo-vertébrales. Enfin les épab* raissent soulevées, et la tête et le cofft* moins enfoncés dans le thorax. Sayrei sur la respiration accompagnée d'ane sorti grognement, qu'on observe dans la earie avec difformité considérable du Ibons et colonne. Sayre affirme que ce smp^ parait souvent dès qu'on soulève le
d. Symptômes généraux, — Il y a petit dire des symptômes généraux qui !«»•■* compagner le mal de Pott. Le malade f^ seiiter des signes de scrofule. Ilcstrareq*^* les apparences de la santé. Quand rabe««** vre, on observe ordinairement tes sfi^f^ ordinaires de la fièvre hectique. Silasaff** tion est prolongée, on peut voir appanto»* signes de dégénérescence amyloîde •• P^ ; seuse des viscères. On peut loujoun*^*''^ cevtaines complications viscémle^ moi»^ niques, en relation plus ou moins direde**^* siège du mal.
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MAL DE POTT. — DlAGiNOSTIG DIFFÉRENTIEL.
Diagnostic différexitiel.
La déviation spinale, les symptômes médullaires et nerveux, Tabcès sont autant de traits qui peuvent faire confondre le mal de Pott avec d'autres affections.
f o LA DÉVIATION DU RACHIS.
Les traits principaux de cette déviation sont sa forme angulaire, sa situation sur la ligue médiane et sa rigidité.
Dans la cyphose il y a une voussure de l'épine en arrière, mais cette voussure a la forme d'une courbuve intéressant à un égal degré un long segment de la colonne. Il n'y a pas de rigidité au début, et, sauf dans les cas de spondylite déformante, à aucun moment, de rigidité absolue et complète.
Dans le mal de Pott, quand la déviation antéro-postérieure est associée à une déviation latérale, on peut le confondre avec une courbure latérale. Shaw fut consulté pour une flUe de quinze ans qui présentait cette association. Le principal signe diagnostique était la direction des apophyses épineuses restées parfaitement dans le plan antéro-postérieur ; dans les distortions latérales, au contraire, la rotation de la colonne selon son grand axe, qui les accompagne toujours, fait pointer les apophyses épineuses latéralement du côté de la concavité de la courbure; ces apophyses sont môme cachées par le bord du long dorsal (i).
Les anévrysmes de Vaorte abdominale et tkortkcique peuvent produire une érosion de la colonne assez profonde pour produire une déviation angulaire. On peut observer également les mêmes symptômes nerveux que dans le mal de Pott (1). Les signes ordinaires de Tanévrysme et Tâge du malade permettront de faire le diagnostic.
Michel emprunte à Mazet une observation de kyste hydatique de la colonne ayant produit une déviation angulaire, au niveau de laquelle se trouvait une grosse tumeur fluctuante semblable à un abcès froid.