CORPS ÉTRANGER DE L'OESOPHAGE
L'œsophage présente à la région cervicale un point rétréci au niveau du cartilage cricoïde, et un autre au niveau de la première côte ; ces deux points sont des lieux d'élection pour l'arrôt des corps étrangers ; du reste il peut exister des lieux d'élection pathologiques déterminés par des rétrécissements néoplasiques ou cicatriciels ou par des gonflements inHammatoires intrinsèques ou extrinsèques.
m MAUBKE JEAHIVEL. — BLESSLRES KT MALADieS CHIRDRGICAI^ DU COU.
Les corps étnngen de rceMphâge sont tons solides, ils sont snimés on inanimés, organiques ou inorganîqDes ; U liste qu'en donne Poulet est longue et curieuse ; qo'Q me suffise de dire qu'elle comprend jusqa'k an jeu de dominos et que lei< plus communs sont des bols alimentaires Toluminenx gloutonnement araléi, des os, des pièces de monnaie on des rtteUers. Je citerai cependant encore la sangsue Aziimk pix vorax, qui donne lieu à des accidents spéciaux. Du reste l'œsophage n'>rr£te guère que les corps étrangers qui le blessent ou l'irrilenl, U preuve en est dans l'obBerrationdeBabington, oii il s'^il d'un marin qui avala jusqu'à dixsept couteaux et mourut deni ans après ; puis dans l'observation de Foumier,oùil est question d'une personne dont l'estomac, véritable estomac d' autruche, contenait plus de cinquantedeux corps étrangers variés.
SympUmee.
Les symptAmes sont quelquefois nuls au début, d'autres Tois ils sont immédiatement inquiétants. On peut même presque dire que les corps étrangers qui semblent tolérés au début senties plus dangereux; ce sont eux en effet qui ulcèrent silencieusement l'œsophage jusqu'au jour où éclatent des accidenU roudrojants (hémorrhagies). L'un des signes immédiats les plus Tréquenls est la suffocation, qui peut aller jusqu'il l'aHphyxie. Elle est causée soit par le volume, soit par les arêtes vives des corps étrangers, produisant, les premiers par la compression, les seconds par la blessure douloureuse, des spasmes réflexes de In glotte. Les spasmes réflexes éveillés par la douleur se comprennent ; la compression de la trachée rigide ne se comprend point; aussi s'agit-il non pas d'une obturation de la trachée résultant du volume des corps arrêtés dan» l'œsophage, mais bien plutAt de Is compression de l'un des récurrents, et d'un spasme consécutiTde la glotte. La toux et l'altération de la voix que l'on observe en même temps sont des phénomènes de même ordre. Les réflexes se généralisent d'ailleurs quelquefois et il en résulte des convulsions générales.
La douleur se produit par le fait de la distension de l'œsophage ou de la déchirure de la muqueuse œsophagienne; elle survit à l'expulsion et provoque souvent un spasme des plus pénibles de l'œsophage lui-même. La dysphagie pour les aliments solides en est le corollaire habituel. Le spasme œsophagien éveillé par la douleur est même la cause principale de l'arrêt
• déflnitifdes corps étrangers, qui franchiraient les rétrécissements natnrds si un spasme in- I tempestif ne les rendait infranchissables. U ! preuve en est que l'arrêt est souvent momen- ' tané et dure autant que le spasme.
{ Dans quelques cas le corps étranger est asseï i voiomineox pour être senti par la palpationexté- ' rieure, mais on ne sauisiil trop dire combies \ cela est rare.
EoBn on dernier signe d'une importance nia- ' jenre dans certains cas, c'est l'eipecloralioa. . Elle est de deux sortes, ou mnqueuse striée de sang, on purement sanglante. L'expeetoration muqueuse striée de sang accompagne la foui, elle est en somme peu significative ; l'expoitioa de sang pur offre au contraire un grand îolérél. Précoce, c'est-à-dire survenant avant les 34 heures depuis l'accident, elle indique presqueràrement qu'il s'agit d'une sangsue; plus tardive et surtout si elle apparaît après une période de calme absolu et si elle est abondante, elle indique l'ulcération de l'œsophage et de l'un d» vaisseaux gros ou petits qui l'entourent. Dans ce dernier cas, elle annonce bien sourent une mort prochaine par hémorrhagie.
L'arrêt des corps étrangers dans l'ceaophsge peut n'être que temporaire ; le corps, arrêté ptr un spasme du canal, continueson chemin et Ble dans l'estomac lorsque le spasme cesse, lien estainsi si le corps étranger est arrondi; malss'il possède des aréteset des saillies (flg.202S)comtne
Fig. 1035. — Fragment d'oi ivtlé an mingeint 1> aoDpe elBfknt séjoarnitreUe jours dtnsl'aaophige.
dans le cas cité par A. Robert (I), le spasme Su le corps étranger dans la muqueuse, il s'e^t^^ lientainsi lui-même, et les accidents persistent. Dansquelquescas rares de pièces de monnaie.dc fragments d'os aplatis ou de corps menus et
(1) Aiph. Robert, indiealiom que préteileiil lu eorpt étrangrri engagtt dam l'iaopliagt {Bull, dt thh-., UM, t.XXXlX. p. lia).