‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 555 sur 638 · CORPS ÉTRANGERS DE L'OESOPHAGE. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

CORPS ÉTRANGERS DE L'OESOPHAGE. — TRAITEMENT

allongés, Poulet affirme que la tolérance et Tenkystement dans la paroi œsophagienne ont pu s'établir. Enfin la migration jusqu'à la peau 4'aiguilles, d'épingles, d'épis de blé à travers la paroi de l'œsophage où ils étaient implantés, a été observée. Poulet en cite plusieurs exemples.

Accidents consécutifs.

L'œsophagite avec ou sans formation d'abcès, la périœsophagite suppurée, constituent des accidents secondaires, rares du reste, provoqués par le séjour des corps étrangers dans l'œsophage. Grellois a même cité un cas de carie vertébrale de même origine. Les abcès qui en résultent s'ouvrent soit dans l'œsophage, soit dans la trachée, soit au dehors ; dans ce dernier cas le pus peut filer dans le médiastin, ou se diriger vers la peau.

Un accident consécutif relativement plus rare, c'est la perforation de la trachée et des vaisseaux environnants. La perforation de la trachée a été observée dix fois; elle réalise une fistule trachéo-œsophagienne à travers laquelle les aliments ou le corps étranger lui-même peuvent passer dans la trachée et provoquer ainsi des accès de suffocation, des pneumonies septiques et la mort«

La perforation des vaisseaux a été observée au cou : trois fois dans la carotide gauche, une fois dans la droite, une fois dans l'artère thyroïdienne inférieure (Poulet).

Diagnostic.

Les commémoratifs, s'ils sont avoués, la physionomie des accidents primitifs, s'ils existent, et enfin l'examen local, en constituent les éléments. Je n'ai rien à ajouter à la question des commémoratifs et des accidents primitifs; un mot seulement sur l'examen local.

La vue ni le toucher digital n'apprendront rien pour les corps étrangers arrêtés dans Tœ- «ophage cervical, ils ne peuvent l'atteindre; mais ils serviront au moins à assurer que le corps étranger n'est plus pharyngien.

Du reste il est des cas où la suffocation est telle que l'ouverture de la bouche sans appareil spécial ou bâillon est impossible ; or le temps manque souvent pour se procurer ces appareils.

Le palper du cou doit être pratiqué, mais le plus souvent il restera muet.

Reste donc le cathétérisme explorateur à l'aide de la sonde œsophagienne à boule avec ou sans résonnateur ; il renseignera : {• sur la pré-

sence ; 2« sur la distance ; Z^ sur la nature (avec réserves) ; 4^ sur la situation par rapport à la lumière et aux parois du canal; 5* sur la mobilité. On le pratiquera par la bouche ou par le nez en employant une boule de petit diamètre.

Traitement.

L'intervention chirurgicale s'impose. Trois moyens s'offrent au chirurgien : i^ l'extraction; 2^ la propulsion; 3« l'œsophagotomie.

L'extraction comporte des procédés dits d'expulsion, à savoir : la position de la tête en bas (inefficace) ; les vomitifs (plus dangereux qu'utiles); et des procédés d'extraction proprement dite à l'aide d'instruments variés.

Ces instruments sont des pinces ou des crochets, munis ou non de dilatateurs dont plusieurs modèles sont figurés et décrits dans cet ouvrage (1). Lannelongue (2) s'est servi d'un lithotriteur pour extraire un oignon placé au niveau du cartilage cricoïde; pour les pièces de monnaie il recommande le panier de Graef. L'extraction est loin d'être une opération facile ; le choix de l'instrument n'a qu'une valeur secondaire, la patience et la douceur dans les manœuvres importent bien davantage, et le chirurgien ne doit point oublier que la violence peut aboutir à des lésions mortelles.

11 ne devra pas oublier non plus que l'extraction n'est terminée que lorsque le corps étranger est bien dans ses doigts, sans quoi U s'exposerait à des récidives ou plutôt à des rechutes du corps étranger dans l'œsophage ou la trachée^

La propulsion du corps étranger dans l'estomac est un mode de guérison naturel. L'extraction est assurément préférable, mais en cas d'impossibilité, si le corps étranger est régulier, s'il est gros mais susceptible d'être digéré, s'il est petit et dépourvu d'aspérités, s'il est mobile, je ne vois, avec Poulet, aucun inconvénient à la propulsion. Lannelongue cite même une observation où une petite fille qui avait avalé un petit flacon en verre, rempli de curaçao, le rendit par morceaux en allant à la selle, sans que le chirurgien soit intervenu; ce qui semble prouver que les aspérités peuvent quelquefois ne pas empêcher le passage.

La propulsion s'opère de deux façons. D'abord par la déglutition de bols alimentaires volumi-

(1) L. Defonttine, Encyclopédie internationale de chirurgie y t. II, 1883. Arsenal de la chirurgie contemporaine, p. 340.

(2) Lannelongue, Bulletin de la Société de chirurgie^ 1880, p. 312 et 314.

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neux aidée ou non de Tabsorption de liquides; en second lieu par des instruments, à savoir : les sondes à boule, les sondes à éponges, la tige de poireau ordinaire nettoyée et huilée. Le tube de Faucher poussé jusqu'au corps étranger, armé de son entonnoir, rempli d'eau et brusquement relevé pourrait également servir ; la pression brusque et le courant de la colonne d*eau entraîneraient le corps étranger. Dans tous les cas rinstrument propulseur sera porté dans Festomac pour s'assurer que le corps étranger ne s*est point arrêté de nouveau au niveau du cardia.

Il me resterait enfin à examiner les indications et la pratique de l'œsophagotomie que la thèse de Terrier en 1871 a vulgarisée. Je renvoie au chapitre que je consacre aux rétrécissements de l'œsophage pour la pratique de cette opération; quant à ses indications, on peut les résumer en deux mots, à savoir : échec de l'extraction, échec ou contre-indication de la propulsion. Dans tous les cas en effet où l'extraction n'aura pu être faite et dans ceux où la propulsion n'aura pu ou n'aura pas dû être pratiquée, parce que le corps étranger est gros, indigestible, irrégulier et absolument fixe, c'est à l'œsophagotomie externe qu'il faudra s'adresser.

Pour en finir, il me reste à signaler certains cas où le séjour de corps étrangers dans l'œsophage donne lieu à des accès de suffocation menaçants pour l'existence; la trachéotomie doit alors être pratiquée sans retard.

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