‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 602 sur 638 · III. — RÉTRÉCISSEMENTS NÉOPLASIQUES · texte numérisé non relu

III. — RÉTRÉCISSEMENTS NÉOPLASIQUES

Tout rétrécissement de l'œsophage qui n'est ni spasmodique ni cicatriciel, est néoplasique. En règle générale, les rétrécissements néoplasiques dépendent de tumeurs malignes. Sans parler de leur rareté, les tumeurs bénignes, et en particulier les polypes, ne produisent habituellement qu'une gêne dans la déglutition ; elles n'opposent jamais un obstacle infranchissable au calhélérisme; elles simulent plutôt un corps étranger qu'une sténose. L'âge des malades, la cachexie carcinomateuse, l'adénopathie, l'hérédité, l'expuition de mucosités purulentes et sanglantes, sont encore des signes diagnostiques dont le chirurgien devra tenir le plus grand compte.

Traitement.

11 est palliatif ou curatif. Palliatif, c'est la dilatation et la sonde œsophagienne à demeure ou la gastrostomie.

La dilatation des rétrécissements néoplasiques doit toujours être tentée, mais avec une prudence extrême et toujours avec le cathéter à conducteur de Verneuil.

Le grand danger de la dilatation des sténoses de cette espèce, c'est la perforation de l'œsophage et la médiastinite qui en est la conséquence fatale ; et j'ai bien souvent entendu le professeur Verneuil dire dans ses leçons cliniques que, dans les rétrécissements cancéreux de l'œsophage, la mort survient soit par phénomènes thoraciques, soit par perforation, ayant que l'inanition ne soit complètement réalisée.

D'ailleurs il arrive qu'un rétrécissement se laisse d'abord franchir et dilater si bien que le chirurgien se prend à espérer le rétablissement d'une alimentation suffisante; puis tout à coup, sans cause appréciable, le cathétérisme deyient difficile, douloureux, impossible même. C'est pourquoi j'estime que la dilatation des rétrécissements cancéreux de l'œsophage doit avoir

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pour but, dans la majorilé des cas, rétablisse- | ment d'une sonde à demeure. On sail en effet combien sont parfaitement supportées ces sondes, Toire même pendant une année entière, et avec quelle facilité elles permettent d'alimenter le patient.

La gaatrostomifî, dont les résultats sont si brillants dans le cas de sténose cicatricielle, devient au contraire une mauvaise opération dans le cas de sténose nèoplasique. Elle trouve pourtant à l'étranger quelques partisans. Albert, de Vienne (I), déclare que la condition du succès est dans la précocité de l'opération, et il cite quatre cas avec une survie de deux à quatre mois. Mais, opérer hAtive ment, signifie faire une opération avant les accidents, avant l'inanition, pendant que le rélrécissemcnt est franchissable el que l'alimentation eat possible spontanément ou par la sonde; c'est donc intervenir sans utilité et pour obtenir en an de compte une survie des opérés qui égale simplement la survie des malades. En réalité, la question est déSnitivement tranchée, et lonl ce qu'on peut dire c'est que la gastrostomie pour rétrécissement cancéreux était inutile lorsqu'elle a réussi et a toujours échoué lorsqu'elle eut pu être utile. Car jusqu'ici au moins il n'est pas une observation où il soit démontré que l'opération faite hAlivemenl, c'est-à-dire au mo-

ment où l'inanition réellement prolongé part, dans nombre d< le dernier qu'a pub très certainement pi En est-il de mèm< le cas de carcinom l'œsophage? J. Bcr survie de trois moït tion de l'observation n'est pointjugée.

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