SEPTIÈME PAIRE; NERF FACIAL
Situé, pour la plus grande partie de son trajet intracrânien, dans un long canal osseux qui occupe la portion rocheuse du temporal, le nerf facial doit être presque nécessairement déchiré ou comprimé dans les fractures des fosses moyennes du crâne. Même la paralysie de ce nerf a été de temps immémorial considérée comme un signe important des fractures do la base. L'inertie fonctionnelle de ce nerf n'est pas cependant une preuve démonstrative qu'une fissure a traversé son canal osseux ; elle peut être due, comme dans un fait observé par Hewett, à la pression d'un petit caillot de sang formé dans la gaine commune, entre les nerfs facial et auditif. En outre, dans une fracture incontestable, ce nerf peut au début n'être pas affecté, ce qui montre que sa paralysie, dans les fractures de la base, peut être due simplement à son irritation pur les fragments ou à sa compression par des produits inûammatoires plutôt qu'à une déchirure ; on s'explique ainsi — en se rappelant qu'un caillot sanguin susceptible de se résorber peut aussi comprimer le nerf facial — le retour progressif des mouvements qui peut s'observer après les paralysies les plus marquées. Pick (3) rapporte que, sur dix cas de paralysie faciale consécutive à une fracture de la base, deux fois seulement cette paralysie existait au moment de l'entrée du msdade à l'hôpital, tandis que, dans les huit autres faits, les troubles fonctionnels du nerf apparurent du second au sixième jour.
(t) Aran, Arch. gin. de méd,, 4° série» t. VL p. 338.
(2) Aran, loc. cit., p. 191.
(3) Pick, British med. JoumcU, vol. I, p. 530, 1365.
107] LÉSIONS TRAUMATIQUES DES NERFS CRANIENS. — NEUVIÈME PAIRE. ETC. J07