‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 83 sur 638 · LI · texte numérisé non relu

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Sur 90 cas réunis par cet auteur, 44 s'observèrent chez des femmes et 39 chez des hommes, le sexe des autres sujets n'est pas indiqué ; 48 fois, la corne siégeait sur la tête, et, dans 38 de ces derniers faits, les sujets avaient dépassé le milieu de la vie. On a publié l'observation d'un homme qui portait au front une corne à trois branches, mesurant 7 centimètres et demi de circonférence (1). Dans plusieurs des faits connus, les cornes avaient dix, douze, quinze et vingt centimètres de long. Quand on les arrache accidentellement, ces excroissances ont une tendance à se reformer. Leur accroissement est lent, et elles ne gênent le malade que mécaniquement et au point de vue esthétique.

Gomme traitement, il faut enlever la masse cornée et exciser avec le plus grand soin à sa base toute trace de kyste ou de surface sécrétante.

KYSTES DEHMOIDES CONGÉNITAUX, Anatomie pathologique.

Au point de vue de lear anatomie pathologique, ils ressemblent étroitement aux kystes ordinaires. Ils ont, en général, des parois plus minces et plus parfaites, et sont tapissés par un épiderme complet, qui porte souvent de petits cheveux. Leur contenu est d'ordinaire analogue au blanc de baleine, ou plus huileux, ou trouble, ou même séreux et clair; en général, des cheveux fins et lisses sont compris dans la masse. Bryant rapporte un fait où le kyste contenait M une boule de cheveux ». Le contenu de ces kystes est rarement fétide. Ces tumeurs ont une tendance à déprimer ou même à perforer l'os sous-jacent. On a publié plusieurs cas de ce genre (2). En règle générale, on a trouvé sur l'os une dépression arrondie, au fond de laquelle existait un petit trou conduisant dans la cavité crânienne. La cause précise et la signification de cette perforation ne sont pas connues.

Siège.

L.es kystes congénitaux se rencontrent d'ordinaire au niveau de l'angle externe de l'orbite, puis, par ordre de fréquence, dans la région frontale, et très rarement sur les autres points de la voûte. On a publié des observations de kystes profondément situés dans l'épaisseur ou

(1) New York Médical Reposiiory, 1820.

(2) Atbol Johnson, Lectures .on the surgery of Childhoodf p. 15. London, 1860.

au-dessous du muscle temporal. Ces tumeurs siègent (primitivement du moins) au-dessous du muscle occipito-frontal et adhèrent pour la plupart étroitement au péricràne.

Marche.

Ces tumeurs se développent très lentement, et il est rare qu'elles dépassent la moyenne générale de développement du corps. Elles présentent exceptionnellement un diamètre de plus de 16 millimètres (1).

Diagnostic.

Quant au diagnostic de ces tumeurs arrondies, tendues et nettement kystiques, il n*est besoin de rien en dire. Elles se rapprochent des autres tumeurs congénitajes de n'importe quelle région. On connaît deux faits remarquables de kystes dermoîdes pris pour des méningocèles. Dans les deux cas, il s'agissait d'enfants du sexe féminin, &gées Tune de trois et l'autre de huit mois. Dans chaque cas, la tumeur était petite, transparente, dépourvue de battements, irréductible, et située près de la fontanelle antérieure. Chez un des enfants (2), la ponction donna issue à un liquide clair ; chez l'autre (3), le kyste était situé au niveau d'une perforation congénitale du crâne et avait présenté des battements dans les premiers temps de l'existence. On constata que les deux tumeurs étaient des kjstei dermoîdes, sans communication avec la cavité crânienne.

Traitement.

Le traitement soulève des questions délicates. Ces kystes sont souvent difficiles à enlever, sur^ tout quand ils avoisinent l'orbite. Ils paraissent superficiels, et cependant on trouve souvent qu'ils s'étendent à une profondeur dangereuse, et, si on laisse derrière une portion de la paroi kystique, il s'ensuit une suppuration interminable. Dans les autres régions, leur ablation peut n'être pas difficile. Si donc un kyste, voisin de l'orbite, est petit, n'augmente pas et ne détermine aucun ennui, il peut être bon deTabandonner à lui-même. Si l'extirpation est indiquée pour telle ou telle raison, il faut la pratiquer avec un soin et une patience extrêmes.

(1) J. Paget et C. H. Moore, loc, cit., p. 514.

(2) Giraldès, Compta rendus de la Société de biologie, 4« série, t. lit, p. 77, 1866.

(3) Henry Arnott, Trans, of Path, Soc. of London, vol. XXV, p. 228, 1874.

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