KYSTES SÉREUX
Les kystes séreux sont extrêmement rares. Us loot : i* congénitaux, ou 2^ formés de sang' extravasé, ou 3^ formés aux dépens d'une mé- DÎogocèle qui a cessé de communiquer avec la cavilé crânienne. Les kystea congénitaux sont, es général, petits, multiloculaires ; ils siègent dans la région occipitale, et sont situés soit audessus, soit au-dessous de l'aponévrose (3) . Ils contieonent de la sérosité claire, trop riche en albumioe pour être confondue avec le liquide cérébro-spinal. BiUroth rapporte un fait de kyste léreux de la région occipitale qui était presque aussi gros que la tète du malade. L'os sous-jaœot èUit absolument sain.
Lss oommémoratifs, dans chacune des trois
espèces de kystes séreux, faciliteraient beaucoup
le diagnostic.
La tnlteaient des tumeurs de ce genre ne
présente rien de particulier.
Tcnnina vasculaires du cuir chevelu (4).
NjEVOS; TBLANGIECTÀSIS; ANGlOâlE SIMPLE OV PLEXIFORME; ANGIOME CAVERNEUX; TUMKUR ÉRECTILE.
Les dÎTcrses variétés de tumeurs vasculaires comprises sous ces différentes dénominations s'obsenrent toutes sur le cuir chevelu et peuvent fort bien être étudiées sous la dénomination commune et générique de nœvus. Les nœvi s'oblerrent plus fréquemment à la tète que dans toute autre région du corps, et, d'après Heiaeke, les angiomes artériels appartiendraient ochisifement à la tète (5). Les nœvi peuvent
(1) Aihol Jobnson, ioc. cit., p. 15.
(2) Sir Prescott Hewett, Saint -George' s Hospital r>c prti, Ioc. cit., p. 93.
(I) Ward, Trans. of path. Soc. of London, vol. ?.V
r H9, iseo.
(4) Voir voL UI, p. 4&6.
W Bolneke, ioc. cit., S. 32.
Eoçyd. de chirurgie.
s'observer sur tous les points du cuir chevelu, mais ils sont plus communs au niveau de la fontanelle antérieure, de l'orbite et de la tempe. Us sont beaucoup moins fréquents au niveau de l'occiput. Gomme Virchow l'a fait remarquer, les angiomes siègent souvent à l'endroit des fentes branchiales, ce sont les « tumeurs érectiles fissurales » des auteurs français. La fréquence particulière des nœvi au niveau de la tète est péut-ôtre due à la position déclive de celle-ci dans la vie fœtale, et aux violences qu'elle subit pendant l'accouchement. Le nœvus superficiel ou capillaire se rencontre plus souvent à la tète que le nœvus plus profond ou veineux, ou la tumeur caverneuse ; ces dernières variétés occupent d'ordinaire exclusivement les parties recouvertes de cheveux, tandis que la première peut s'observer sur tous les points du cuir chevelu.
Toutes ces productions vasculaires sont le plus souvent congénitales, et apparaissent au moment de la naissance, ou peu de temps après. Le nœvus superficiel ne se montre pas plus tôt que les productions plus profondes •— nœvus souscutané ou veineux, ou angiome caverneux. On ne saurait assigner de limites au volume de ces tumeurs; quelques-unes peuvent être énormes et occuper sur la tète des espaces étendus. Gomme l'observe Chelius (1), c'est au niveau de l'oreille qu'ont été rencontrées quelques-unes des tumeurs les plus volumineuses et dont le développement a été le plus rapide. M. Barwell (2) remarque que le nœvus de la région mastoïdienne peut, « en augmentant de Yolume et en se compliquant, devenir un anévrysme cirsoïde ». Le développement d'un nœvus au-dessous du cuir chevelu entraîne la calvitie, les cheveux tombant à mesure que l'atrophie de la peau s'accentue. Ges tumeurs peuvent gagner en profondeur et intéresser l'aponévrose et son tissu cellulaire, le péricrAne, et même l'os, qui, dans les cas de ce genre, acquiert une véritable porosité en raison du nombre de ses yaisseaux (3). Elles peuvent d'autre part guérir spontanément, surtout après une inflammation des parties molles. Gette guérison a lieu d'ordi-
(1) Chelias, Surgery, trantUted by South, vol. H, p. 381.
(2) Btrwell, The Lancet, voL I, p. 642, 1875.
(3) Le D' Robert Lee (Med. Chir. Trans., vol. XXII, p. 300, 1829) rapporte robscrvation d'un monstre avec un ncvus considérable du cuir chevelu qui intéressait en même temps la dure-mère ; l'os qui aurait dû se trouver interposé n'existait pas. Il cite des faits un peu analogues.
FREDERICK TREVES. — MALFORMATlOiNS ET MALADIES DE LA TÊTE.
naire pour les nœvi superficiels, culanés, mais elle est beaucoup moins fréquente pour les tumeurs profondément situées, ou pour les angiomes caverneux.
Diagnostic.
Ces tumeurs sanguines peuvent être divisées avec raison en : 1<^ cutanées ; 2<^ sous-cutanées; 3^ mixtes. 1° Les angiomes cutanés sont constitués par des vaisseaux capillaires entrelacés en forme de plexus et considérablement altérés de structure. G*est la variété la plus simple d'angiome plcxiforme ; ils apparaissent comme des taches d'un rouge vif ou vineux sur la peau, et leur surface fait ordinairement une petite saillie granuleuse. 2^ Les tumeurs de cet ordre sont situées dans les tissus sous-cutanés, bien qu'elles puissent s'étendre au delà. Elles sont en général de nature veineuse, et les vaisseaux qui les composent sont disposés en plexus (angiome plcxiforme) ou à la façon des tissus érectiles (angiome caverneux, tumeur érectile) ; elles forment des tumeurs distinctes, recouvertes d'une peau amincie et violacée; unies, un peu lobulées, p&teuses et élastiques, et susceptibles de se vider plus ou moins complètement sous la pression, souvent aussi elles augmentent dans les efforts respiratoires violents. Si le tissu possède beaucoup d'éléments artériels, la masse morbide peut être animée de battements faibles, mais une tumeur de ce genre devrait être étudiée avec l'anévrysme cirsoïde. 2^ La forme mixte est une combinaison des deux Termes précédentes; la peau est alors plus ou moins intéressée. Ces tumeurs peuvent s'ulcérer et donner lieu à des hémorrhagies graves.
Traitement.
Si la tumeur est petite et absolument stationnaire, qu'elle ne défigure pas sérieusement le malade, on peut mettre en doute l'opportunité d'une opération. Je ne dirai rien des nombreux modes de traitement dirigés contre le nœvus en général, et mô bornerai à indiquer les moyens -qui paraissent le mieux applicables au cuir chevelu. La compression avec un disque de plomb ou une petite pièce de monnaie, maintenue par une bande élastique, a bien réussi dans quelques cas de nœvus limité, n'intéressant pas les tissus à une grande profondeur (1). On peut tout
(1) ThomtB Smith, Lancet, vol. II, 1867; Coopor Forstcr, Surgical Diseases of Chiidren. London, 1860, p. 223.
au moins l'essayer. En ce qui regardâtes moyens opératoires, je dirai que la plupart des nœvi du cuir chevelu peuvent être traités soit par le eau* tère actuel, soit par la simple ligature, tandis que dans un petit nombre de cas on peut recourir à l'excision . Les naevi qui atteignent les dimensions d'une pièce d'un franc peuvent, en général, être traités par une légère application du thermo-cautère, s'ils sont absolument cutanés, et par une application plus prolongée quand ils s'étendent au delà de la peau. Ce traitement est, au moment, plus douloureux que celui par l'acide nitrique (qui cependant n'est applicable qu'aux nœvi superficiels), mais la douleur passe beaucoup plus vite, et le résultat est beaucoup plus certain; une seule application suffit dans la grande majorité des cas. J'ai employé le thermo-cautère dans un très grand nombre de cas, et sans un seul résultat fâcheux. Si on se trouve avoir afi'aîre à un naevus superficiel très étendu, n'intéressant que la peau, on peut adopter la même méthode, et alon il vaut mieux traiter d'abord seulement des portions de la surface malade, en commençant par la péri^ phérie. Des nsevi veineux volumineux et des tumeurs caverneuses de la dimension d'une pièce d'un franc et au delà peuvent être traités avec succès par la ligature simple. Cette méthode convient surtout aux tumeun saillantes, recouvertes d'une peau mince et malade. Voici le mode de ligature dont je me suis le mieux trouvé. Après avoir passé une épingle à bec-de-liôvre à travers la base de la tumeur, on lie celle-ci en deux segments suivant le procédé ordinaire, en disposant les fils à angles droits avec l'épingle. Il est important d'inciser légèrement la peau à la base, sur la ligne que doit suivre la ligature. Cette précaution diminue It douleur et la durée du travail d'étranglement, et chez les jeunes enfants elle atténue beaucoup la tendance aux convulsions. On n'enlève pas l'épingle. Au bout de quatre jours, l'ensemble de la masse liée doit être sectionné au niveau de la peau environnante, à l'aide d'un bistouri passé au-dessous de l'épingle ; il s'ensuit une certaine hémorrhagie, qui s'arrête immédiate* ment sous l'influence d'une compression légèn avec de la ouate. Voici les avantages de cette excision consécutive : la durée du traitement est très notablement raccourcie, les risques d'accidents fort diminués, et on obtient une cicatrice beaucoup plus propre et plus agréable à l'œil. Si la peau qui recouvre la tumeur est saine, la ligature ne trouve guère son application, en raison de la tension du cuir cheveu;
ANÉVRYSME CIRSOIDE DU CUIR CHEVEÏ.U. — SYMPTOMES.
on peut alors recourir à Texcision, en assurant rhémostase pendant ropération à l'aide d'un anneau de plomb ou de bandes du même métal, appliqués énergiquement contre le cuir che- ?elu. I.a ligature sous-cutanée semble convenir particulièrement mal à cette région. On peut, dans les nsvi trop gros pour la ligature, quand tous les autres moyens ont échoué, exciser la tomeor ou encore la cautériser par ponction avec le cautère actuel. Pour cette dernière méthode, on en ronce en différents sens la pointe d'un thermo-cautère fin dans la substance du naenis par le même orifice de la peau. En gêné* rai, la réaction est peu marquée, mais la masse morbide commence à revenir sur elle-même, n peut être nécessaire de répéter cinq ou six fois la même opération, si la tumeur est grosse. J'ai fu cette méthode réussir fort bien dans des nœvi très Toliumneux. On a beaucoup parlé du traitenent des naevi situés au niveau de la fontanelle totérÎMire. Tous les moyens opératoires appliqués an traitement de ces nœvi, pendant que la IbotaDelle est encore ouverte, s'accompagnent de daogers nombreux, et ne doivent jamais être mis en usage que pour des motifs urgents, jusqu'à ce que l'ouverture du crAne se soit fermée (!)• Le nœvus, surtout quand [il est situé profondément, diminue souvent beaucoup de volume, quand cette occlusion a eu lieu.
Mkhattd (2) rapporte un fait de nœvus du cuir cheiiln qol communiquait par de petites veines avec le simis longitudinal supérieur. Une communicatioo analogue est probablement plus fréquenls qu'on ne le suppose actuellement, et peut eipliquer certaines morts rapides par accidents e^ébraux, qui ont, dans quelques cas, suivi le traitement des nœvi les plus simples de celte région.
AsivnrsMS cirsoide du cuîr chevelu.
Amt9rf9mepcar anastomose; anévrysme rameux; Mrîec ariérieUe. — Ces dénominations s'appliquent à des tumeurs résultant de la dilatation variqueuse des artères d'une région donnée et delenrs petites branches. Quand l'affection siège sv des troncs artériels Tolumineux, on emploie k aom d'anéTrjsme cirsofde ; quand elle s'étend aux réseaux capillaires, elle est connue MHS la dénomination d'anéyrysme rameux ou W anastomose ; le nom de varice artérielle est
(1) Eridisen exprime ane opinion contraire, Science *^9riof surgery^ vol. I, p. 717, 1872.
l2)MidMiad, Union médicale, p. 254, 18&9.
réservé par quelques auteurs aux cas où l'affection intéresse isolément des artères volumineuses.
L'affection est presque exclusivement limitée à la tête; tout au moins, elle est très rare dans les autres régions. On l'observe d'ordinaire sur les artères temporales, auriculaires postérieures, et occipitales. Dans sa marche, elle peut s'étendre soit vers les capillaires, soit vers le tronc principal, et, dans ce dernier cas, elle peut intéresser même la carotide primitive. Elle peut dépasser la ligne médiane et gagner Tautre côté de la tête. La peau qui recouvre la tu-^ meur est ordinairement mince et flétrie, mais elle peut aussi être épaissie. L'os sous-jacent est souvent creusé en gouttière par les vaisseaux dilatés, et J.-M. Verneuil (i) a publié une observation où est mentionnée une perforation véritable de l'os.
Ces tumeurs sont quelquefois dues à un trau-^ matisme, mais plus ordinairement elles résultent de la dilatation des artères afférentes d'un angiome simple, dont on peut souvent retrouver l'existence au centre de la tumeur artérielle. Elles s'observent le plus habituellement chez les adultes jeunes.
Marche.
Ces tumeurs sont sujettes à augmenter de volume dans une certaine mesure et peuvent atteindre des dimensions énormes. Elles peuvent cependant devenir à un moment stationnaires, ou même guérir spontanément; cette dernière terminaison a été le plus souvent observée à la suite d'une affection fébrile. La tumeur peut s'ulcérer, ou la peau devenir assez mince pour se rompre, accident qui est suivi d'une hémorrhagie mortelle.
Symptômes.
Les symptômes de ces tumeurs ont été ail^ leurs (2) l'objet d'une description bien complète, et il n'est ici besoin que de rappeler leurs caractères principaux : masse irrégulière, variqueuse, avec existence à sa périphérie d'artères visiblement dilatées ; battements ; bruit de souffle; thrill fin perçu par les doigts; réductibilité à la pression ; altération des téguments, qui sont ordinairement amincis et violacés.
(I ) J.-M. Verneuil, Vatices artérielles du cuir che* velu, thèse inaug.
<2) Voir vol. 111, p. 456 et suit.
FREDERICK TREVES. - MALFORMATIONS ET MALADIES DE LA TÊTE
Traitement.
Ces tumeurs vasculaires guérissent très dirficilement et sont fort rebelles à tous les moyens thérapeutiques. Si l'anéTrysme cirsoïde ne montre pas de tendance à augmenter, n'occasionne aucune gène au malade et ne le menace d'aucun danger immédiat, il vaut mieux l'abandonner à lui-même, en le protégeant à l'aide d'une calotte ou d'une plaque de forme appropriée. Parmi les moyens opératoires, on peut regarder les suivants comme tombés dans un discrédit plus ou moins complet : compression, ligature isolée des vaisseaux aboutissant à la tumeur, et ligature de la carotide externe du même côté. La ligature de la carotide primitive n'a donné que des succès contestables. Heineke (1) établit qu'il n'y a eu que trois guérisons sur trente-deux cas où cette opération a été pratiquée. Les statistiques du D' Wyeth, sans être tout aussi défavorables, montrent également que cette opération doit être réservée pour des cas exceptionnels (2). Le traitement à conseiller dans les cas de ce genre est surtout dirigé contre la tumeur. Si l'anévrysme cirsoïde est tout à fait petit, on peut en faire la ligature en masse. Celle-ci a donné des succès, mais on ne saurait la conseiller pour les grosses tumeurs, non plus que la ligature partielle ou la ligature de portions successives. On peut essayer la galvanopuncture, qui a réussi souvent. Elle ne peut tout au moins faire' que peu de mal. Si ces moyens échouent ou sont inapplicables, c'est l'extirpation totale de la tumeur qui donne les meilleurs résultats. Pour réussir, celte opéralion doit être précédée de la ligature de l'artère carotide primitive, ou de la mise en usage de moyens locaux susqeptibles d'assurer Thémoslase. La meilleure façon d'atteindre ce but, c'est de faire l'acupuncture sur toute la périphérie de la tumeur à l'aide d'un certain nombre d'aiguilles. Après que la tumeur a été extirpée, il faut retirer les aiguilles une à une et lier les vaisseaux séparés à mesure qu'on les découvre. De toutes les opérations pratiquées pour l'anévrysme cirsoïde du cuir chevelu, l'extirpation a fourni certainement la plus grande proportion de succès.
(1) Hoineke, loc. cit. y s. 30.
(2) Voir un ttbleau statistique du D' Wyeth, vol. III. p. 464.
ANÉVRYSètBS DES ARTÈliSS DU CUIR