AFFECTIONS INFLAMMATOIRES DE LA PEAU
MILIUM (Synonymes : Strophulus aWidus, Gruium).
Cette affection des glandes sébacées a pour cause la rétention de leur produit de sécrétion sous la forme de petits corps globuleux de consistance ferme, d'aspect perlé, d'un blanc jaunâtre, enchâssés dans la peau et faisant à sa surface une légère saillie. Leur volume varie de celui d'un grain de moutarde à celui d*un petit pois.
Placés immédiatement sous l'épiderme, ils ne présentent aucune ouverture. Ils siègent le plus ordinairement sur la peau de la face, particulièrement aux paupières, et sur les parties génitales de Thomme ou de la femme.
Ces petits corps résultent de l'accumulation de la matière sébacée dans la cavité d'un ou plusieurs lobules des glandes superficielles, par suite de l'occlusion du conduit sébacé avant son débouché dans le canal commun, ainsi que le prouve la fréquence de ces petites tumeurs sur les bords des cicatrices et sur les parties de la peau qui ont été affectées de dermatites graves; plus ordinairement toutefois, ils se produisent sans qu'il y ait probablement aucun obstacle mécanique et par le fait d'une altération des caractères du produit de la sécré-
tion. Le contenu de ces petits kystes se trouve formé de cellules épithéliales durcies, disposées en couches concentriques à la périphérie de la masse globuleuse, et de cellules sébacées, dures aussi, mais plus graisseuses, occupant la portion centrale. On a observé une fois la dégénérescence colloïde du contenu épidermique.
Lorsque ces petits corps se présentent en grand nombre, comme il arrive quelquefois sur une peau brune, ils constituent une difformité sérieuse.
Traitement.
Ces grains peuvent être facilement enlevés en coupant l'épiderme mince qui les recouvre et en exprimant leur contenu par pression, au moyen de l'ongle ou du bistouri. Quelquefois il se produit une légère hémorrhagie que la compression arrête très facilement
(1) Voy. Pellixtri, Le Rhinosciérome {Gasetia medica italiana, provinzie venete, et Gaz, tnéiL de Nantes, 9 Juin 1S83, p. 130).
DERMATITE VÉNÉNEUSE.
ACNÉ.
L'acné oe rentre dans le domaine de la Chirurgie que par ses manifestations les plus graves.
Cette inflammation folliculaire ou péri-follicalaire comprend parfois une très grande portion de tissus cutanés et produit une infiltration profonde sous la forme d'indurations que l'on peut sentir à travers la peau, ou d'élevures dont le volume varie de celui d'une balle de fusil à celui d'une petite noii. Tout cela L peat persister durant plusieurs semaines et disparaître soit par suppuration, en s'ouvrant tardirement à l'extérieur, soit par résorption. Quelquefois ces manifestations d'une inflammation profonde occupent en groupes serrés de vastes surfaces, et se révèlent par un épaississement très prononcé de la peau et des saillies superficielles. Ces nodules et ces tubercules saillants sont, en général, d'une couleur rouge sombre ou pourpre et, quand ils s'effacent, ils laissent à la place qu'ils occupaient des dépressions irrégulières ou des cicatrices qui constituent une difformité permanente.
Les points ainsi affectés sont, en général, les régions latérales de la face et du cou ou la nuque; mais, dans quelques cas, la face peut être atteinte tout entière, ainsi que' la partie supérieure de la poitrine, en avant comme en arriére. Cette forme de l'affection, désignée quelquefois sous le nom d*Acne indurata ou inveterata, peut être le mode de terminaison de toute espèce d'acné du jeune âge qui se prolonge indéfiniment et peut se produire chez toute personne atteinte de cette affection, quel que soit d*ailleurs le bon état apparent de sa santé; elle atteint la femme aussi bien que l'homme. Elle est, dans certains cas, en rapport avec une altération grave de l'état général et peut, dans ces conditions, envahir des por-
tions de peau très étendues ; on l'appelle alors Acné cachecticorum . ,
La même forme d'inflammation folliculaire profonde se montre également dans l'acné de la barbe que Ton désigne sous le nom de sycof sis non parasitaire.
Traitement de racnô.
Contre ces graves lésions, les application3 externes ordinaires, si utiles, en général, dans l'acné vulgaire, ne peuvent absolument rien, et il faut recourir aux préparations irritantes ou caustiques pour activer la résorption de l'infiltration profonde. Dans ces cas, toutefois, on obtient, en général, des résultats bien plus ra,pides en se servant sans hésitation d'un bistouri à pointe fine, que l'on plonge profondément dans les abcès nodulaires et dans les points très infiltrés, et au moyen duquel on ouvre de nombreuses issues au pus et au sang. Des applications d'eau froide et la compressiop seront employées pour arrêter l'hémorrhagiç, parfois assez importante, mais souvent utile pour diminuer l'hypérémie des tissus. On peut souvent trouver avantage à' appliquer la curette aux lésions plus molles et plus superficielles. Cette opération devra être répétée tous Içs jours, aussi longtemps que persisteront la suppuration profonde et l'engorgement excessif des tissus cutanés et sous-cutanés ; elle sera renouvelée & chaque nouveau développement. De cette façon, on peut, en un temps relativement court, ramener les plus sérieuses formes de la maladie aux manifestations ordinaires, qui cèdent à de plus simples moyens de traitement.
Les formes exagérées d'inflammation folliculaire, associées à l'A. rosacea et au Sycosis, devront être traitées de la même manière.