BLESSURES DES TENDONS. — PLAIES
levient plus difficile, le tendon est en effet arrêté )ar le tissu conjonctîf ambiant auquel il adhère )lus ou moins. En tout cas, il se produit, entre es deux bouts sectionnés, un vide que les tissus enTironnants fendent à combler.
L'hémorrhagie est à peu près nulle, au moins [)onr la plaie tendineuse et synoviale. Il s'écoule ie la synovie si le tendon est engainé ; sinon la [»laie est presque sèche.
Les phénomènes ultérieurs varient suivant que le chirurgien tente ou ne tente pas la réu- Dion immédiate*
Si la réunion immédiate est tentée, la plaie tendineuse devient en réalité sous-cutanée. Alors de deux choses Tune : ou bien les deux extrémités du tendon sont affrontées, ou bien elles ne le sont pas. Si elles ne le sont pas, Técartement eutre les deux bouts est variable. Si Técartement est faible, il se produit entre les deux bouts une cicatrice qui les réunit, suivant le processus que j'indiquerai pour les plaies sous-cutanées. Si récartement est considérable les deux bouts se cicatrisent isolément, l'un au niveau de k pUie cutanée, l'autre dans le fond de la gaine ; Tun et Tautre ou bien l'un ou l'autre peuvent adhérer à la cicatrice cutanée, l'un et l'autre se terminent soit en massue, soit en se perdant insensiblement dans le tissu de cicatrice. Quant à la gaine, on en retrouve des traces plus ou moins complètes.
Si les deux extrémités tendineuses ont été affrontées, de deux choses l'une : ou bien récartement entre les deux bouts du tendon est faible et il suffit pour le compenser de donner à la jointure une position appropriée ; ou bien l'écarteinent est considérable et il a fallu pratiquer la sature du tendon. Dans les deux cas du reste le résultat est le même, les deux extrémités du tendon se touchent, elles se réunissent.
Le procesus de la réunion immédiate des tendons a été bien étudié par Demarquay (i ). D'après cet auteur la réunion a lieu au moyen de la proiiféntion des éléments celluleux delà gaine et du tendon et, vu le peu de vascularité du tendon, il faut un temps assez long pour obtenir celte réunion.
Quant à la gaine, si bien entendu aucune complication ne survient, elle est le siège d'une synovite plastique légère grâce à laquelle la solution it continuité se réunit, mais grâce à laquelle il peut aussi naître quelques adhérences entre la cicatrice cutanée et le tendon.
Si au contraire la réunion immédiate n'est pas
■1) Demarquay, Académie des sciences^ 1 mars 1870.
tentée ou qu'elle échoue, le tendon s*exfolie, se couvre de bourgeons charnus; la gaine suppure et tout aboutit à la formation d'une cicatrice fibreuse dans laquelle se perdent les extrémités tendineuses. Trop souvent il survient une synovite purulente avec toutes ses graves conséquences. En résumé il n'est que la réunion immédiate qui permette d'espérer le rétablissement des fonctions, puisque seule elle rend possible la cicatrisation isolée du tendon sans adhérence ou avec des adhérences celluleuses lâches et peu nombreuses.
JB. — Vlaies sous- cutanées.
Elles résultent d^ordinaire d*une ténotomie faite dans un but orthopédique. La section n'en est que plus nette. Un écartementse produit immédiatement entre les deux bouts tendineux, laissant un vide que comble rapidement la pression des tissus ambiants et l'épanchement de sang. Dès que l'équilibre est rétabli, que la rétraction tendineuse est parvenue à son maximum, que rhémorrhagie légère a cessé, le travail de cicatrisation ou plutôt de régénération commence. C'est en effet une véritable régénération qui s'opère, si bien qu'il résulte de la ténotomie un allongement très appréciable du tendon.
Les opinions diffèrent sur le mécanisme ..de cette régénération. Je ne m'attarderai pas à les relater toutes, me bornant à dire celle de Ch. Robin que je crois être la vraie et qui est en effet la plus généralement adoptée aujourd'hui.
Le sang épanché se résorbe et disparaît au bout de cinq ou six jours (Lebert).
Le feuillet tendineux de la gaine ou le tissu celluleux formant gaine, de môme que les deux extrémités du tendon, se tuméfient et sont le siège d'une prolifération abondante de cellules embryonnaires qui naissent par conséquent à la fois aux dépens de la gaine ou du tissu péritendineux et aux dépens du tendon. Le tissu embryonnaire de nouvelle formation arrive à combler le vide existant entre les deux extrémités sectionnées ; c'est un véritable cal qui se métamorphose en tissu tendineux, de même que le cal osseux se transforme en tissu osseux.
On voit dès le neuvième jour un cordon gris rosé aminci en son milieu, dans lequel on découvre des cellules embryonnaires, des cellules de tissu conjonclif, quelques fibres lamineuses et de la substance amorphe.
Dès le quinzième jour les fibres lamineuses dominent et le cal tendineux a l'aspect fibreux carac-
MAURICE JEANNEL. — BLESSURES ET MALADIES DES TENDONS
téristique. Ce n'est toutefois que vers le quarantième jour que la transformation est com« plëte.
D'ailleurs le cal tendineux, de même que le cal osseux, garde toujours l'apparence cicatricielle; c'est-à-dire qu'il ne prend jamais la teinte nacrée du tendon, et reste toujours d'un bleu terne.
Que le tendon soit engainé ou non, le processus est le même, mais il est cependant beaucoup plus lent lorsqu'il existe une gaine synoviale. La raison en est que l'écartement des extrémités du tendon sectionné est alors beaucoup plus grand. C'est pourquoi la régénération fait parfois défaut, lorsque l'écartement est trop considérable.
La rapidité de la régénération dépend aussi du plus ou moins de vascularité de la gaine du tendon. C'est pourquoi le tendon d'Achille est régénéré au bout de vingt à vingt-quatre jours. L'&ge du sujet inûue aussi énormément, la régénération étant plus prompte chez l'enfant que chez l'adulte.