‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 14 sur 452 · EMPOISONNEMENTS PAR LES AHUS · texte numérisé non relu

EMPOISONNEMENTS PAR LES AHUS

XSUMAC).

Caractères botaniques des Rhas (Sumac).

' La plante désignée sous l'appellation populaire de « poison ivy » (lierre vénéneux) n'est pas un lierre, mais un sumac. C'est le Rhus toxicodendron .

C'est quelquefois une plante grimpante (Rhus radicans) qui s'élève le long et jusque sur le faite des murs de pierre, des barrières, etc., ou qui suit le tronc des arbres jusqu'à une grande hauteur; d'autres fois la plante croit en touffes d'un volume considérable et d'une grande épaisseur (poison oa A). On la rencontre presque partout aux États-Unis et en très grande abondance dans certaines régions ; elle se trouve en massifs épais sur le bord des routes, dans les pâturages et sur la lisière des bois. Les feuilles ont un aspect lustré très remarquable et très caractéristique ; elles varient beaucoup de formes, de dimensions et de contours. Elles sont triples, c'est-à-dire formées de trois folioles, une terminale et deux latérales, disposées sur un pétiole commun assez long, demi-cylindrique. Ces folioles sont de forme ovale, à base assez large, plus ou moins pointues ; leurs bords sont entiers, ou dentelés et lobés suivant une grande variété de formes.

La plante fleurit en juin, les fleurs sont petites et se développent en groupes d'un blanc verdâlre, la plupart axillaires. Les baies sont petites, arrondies et également d'un blanc verdâtre. Lorsque la saison s'avance, les feuilles revotent une foule de couleurs des plus brillantes qui attirent les collectionneurs de feuillage d'automne. A cette époque de l'année on pourrait aisément la confondre avec la vigne vierge (Virginia creeper. Ampélopsis quinquefolia), si l'on ne se rappelait que les folioles de cette dernière plante sont au nombre de cinq.

L'autre espèce vénéneuse du môme genre Rhus (A. venenata) est moins répandue que la précédente, mais elle est beaucoup plus vénéneuse.

C'est un arbuste qui croit le plus souvent dans les lieux bas et les marécages. Il est connu sous les noms populaires de « poison dogwood », 0 poison sumac », « poison ash », etc.

Ses folioles, comme celles du sumac ordinaire, croissent en paires opposées de chaque côté d'un long pétiole, mais leur nombre varie de 7 à i3. Elles sont lisses, lustrées, plus larges

que celles du sumac non vénéneux, et la foliole terminale se trouve à l'extrémité très prolongée du pétiole commun. Pendant l'automne, son feuillage dépasse celui de tous les autres arbres par l'éclat et la variété de ses teintes qui attirent vers ses refuges les moins fréquentés plus d'an visiteur imprudent.

Le principe actif de cea plantes est un acide volatil qui se rencontre dans toutes leurs parties, mais surtout dans les feuilles.

Effets toxiqaes.

Tout le monde n'en est pas affecté de la môme manière, mais beaucoup de personnes qui peuvent manier impunément la plante grimpante [Rhus toxicodendron) sont empoisonnées par l'arbuste [Rhus venenata), lequel est beaucoup plus vénéneux que l'autre. Le contact immédiat de la plante n'est pas indispensable dans tous les cas pour la production des effets véDéneux, en raison de la volatilité du principe actif, et l'on a des motifs sérieux de croire que des personnes très sensibles à l'action du poison en subissent les effets en passant dans les lieux où la plante croit en abondance. On admet qu'elle est plus active à l'époque de la floraison, au commencement de l'été ; mais des cas d'empoisonnement s'observent très fréquemment pendant l'autonîne, à l'époque où les feuilles revotent leurs séduisantes couleurs. Môme pendant l'hiver, on peut s'apercevoir que les branches et les tiges ne cessent pas d'être actives et peuvent encore faire du mal à ceux qui les manient.

Les effets spéciaux du poison offrent les mômes caractères chez tous ceux sur lesquels il agit ; il n'y a de différence que dans le degré d'intensité et dans la distribution des symptômes : c'est une inflammation du type de l'eczéma. Elle est caractérisée par une éruption de vésicules, qui affectent parfois une teinte sombre toute particulière ou une coloration d'un rouge brunâtre et qui peuvent s'ouvrir plus tard et passer par toutes les autres phases que subit ce genre d'effloresccnce dans les autres formes de dermatite. Dans les cas graves, on observe l'augmentation du nombre des vésicules, qu'elles soient isolées ou réunies en groupes ; elles couvrent de vastes surfaces ou, en se réunissant, donnent naissance à des phlyctènes. Il y a, en outre, plus ou moins de rougeur et d'oedème des téguments environnants, quelquefois à un degré très marqué, en sorte qu'il peut en résulter une grande déformation, le visage du malade

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