‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 192 sur 452 · PLAIES DES VEINES PAR ARMES A FEU · texte numérisé non relu

PLAIES DES VEINES PAR ARMES A FEU

fémortl, en dépit des compresses. L*arine s*échappait par les deux orifices de la plaie. Le 30, diarrhée légère accompagnée d*ane forte Jaunisse. Le 4 Jotn, •on. A Yautopsie on trouya que la prostate, à son friat de Jonction avec la vessie, était divisée ; qu'il n'y •fait pas beaucoup d'infiltration d*urine ; que la branche droite du pubis était broyée, et que la veine fémoisle droite était largement ouverte. La pièce est conlerrée au musée médical militaire et a déjà été figure (I).

Dans ce cas la mort fut due à répuisement

anémique, résultat de nombreuses petites hé-

Dorrhagîes. L'ouverture primillve de la veine

. l'élargit probablement par la chute d'une es^

•^ chare. Au début elle ne parait pas avoir été bien

irande.

Dans le cas suivant, la veine fémorale fut fnsque coupée en deux par une balle de pisto- Mort par hémoirhagie au bout de deux is, malgré la compression.

J. Eberhardt, soldat au 17* régiment d'infanterie, Afé de 21 ans, reçut le 29 octobre 1868 à Belton, *Véias, une balle de revolver Coït, qui pénétra dans la caisse droite à trois ponces au-dessous du ligament ^ Poopart, à la partie interne du couturier, passa en Vfière et un peu en haut en coupant presque la veine le, fr6la le fémur à sa partie interne au point Jonction du col et du corps de Tos, traversa les les fessiers et se logea sous la peau en face de grande échancmre sciatique. Ce soldat, ne se doupas qu'il était blessé, continua à marcher et à rir, Jusqu'au moment où il tomba épuisé par la de sang. On l'examina quinze à vingt minutes on fit l'extraction du projectile, on plaça une ise sur la plaie, et on lui administra des sti- '■niants. Mais la réaction ne se fit pas. Il mourut au

;; Wnt de deux heures environ d'hémorrhagie (2).

Cette observation vient à l'appui de mon opi-

riÎMi, que dans les cas de solution de continuité

de la veine fémorale, Thémorrhagie ne peut

être arrêtée par la compression, à moins qu'on

fasse en môme temps la ligature de la fémoide. Dans las cas où l'on ne peut lier l'artère, I fitut lier la veine sans délai au-dessus et autesscos de l'ouverture, ou bien faire l'amputatbii immédiatement.

Dans le cas suivant, la veine fémorale fut itteinte en même temps que le nerf. L'hémorihigie et le sphacèle de la jambe amenèrent la mort en quatre jours :

(1) Voyez Plaies par armes à feu la EncycL de chimr^eifig. 746, tome II, p. 686).

[Vj Circtdar, n* 3, S. G. O., p. 86.

Un individu de 17 ans fut blessé par les Indiens le 2 novembre 1866. Les projectiles étaient probablement des balles. Deux pénétrèrent à la partie interne de la cuisse droite, au tiers moyen, et passèrent derrière le fémur. Deux autres traversèrent le mollet droit; une autre fractura la seconde articulation de l'index droit. On arrêta l'hémorrhagie au moyen du persulfate de fer, et on fit un pansement simple. Le blessé mourut le 6, du shock, d'hémorrhagie veineuse et de gangrène de la Jambe. L'autopsie révéla une déchirure du nerf fémoral et une plaie de la veine fémorale (1).

Dans un cas rapporté à la même page et que J*ai déjà mentionné ailleurs, l'artère et la veine fémorales avaient été coupées par une balle de pistolet ronde ; la mort survint par hémorrhagie au bout de quelques minutes. Dans un autre cas, page 85, de plaie de la veine et de l'artère fémorales par un coup de feu, le blessé mourut d'hémorrhagie malgré l'application rapide d'un tourniquet. Dans les cas analogues à ces deux-là cependant l'hémorrhagie est surtout artérielle. Pour les plaies semblables à celles de Tindividu blessé par les Indiens il faut toujours faire l'amputation immédiatement.

On trouve dans l'histoire médicale et chirurgicale de la guerre (2) une plaie par arme à feu de la veine fémorale droite, dans lequel cas le blessé survécut dix-huit jours, quoiqu'on ne fit rien pour arrêter le sang :

Un soldat reçut le 5 octobre 1864 une balle conique, qui pénétra par le côté gauche du scrotum audessus du testicule, traversa presque transversalement le côté droit et sortit en avant du grand trochanter à droite. La suppuration de la plaie fut sanieuse; elle fut le siège d'hémorrhagies veineuses, qui devinrent plus copieuses de jour en Jour. Le 22, mort. Autopsie: Le trajet du projectile était le siège d'une ulcération étendue ; la veine fémorale était coupée et contenait du pus. Le cordon spermatiqne était coupé également. La lésion de la veine fémorale avait été probablement an début une contusion ; il s'était produit une eschare et la veine s'était ouverte de plus en plus à mesure que l'eschare tombait. L'hémorrhagie avait ainsi augmenté de Jour en jour Jusqu'au moment de la mort. Le blessé aurait peut-être pu être sauvé par un pansement antiseptique, le drainage et la double ligature de la veine faite au début.

La jugulaire interne est assez souvent ouverte également par des projectiles. Le musée médical militaire renferme un exemple de cet accident :

C'est un segment de la veine jugulaire droite blessée par une balle ronde. Une portion de la paroi a été enlevée ; à la partie postérieure on voit un ori-

(1) Ibid., p. 73.

(2) Sec. surg. vol., p. 339.

JOUy A. LIDELL. — PLAIES DES VAISSEAUX SANGUINS.

fice. Dans ces cas la mort a lien par bémorrbagie» à

moins que la Teino ne reçoive une double ligatore.

Les deux cas suivants montrent Tinsaffisance des styptiques, de la compression, des applications froides et de la position pour arrêter lliémorrhagie des veines jugulaires :

Un soldat reçut le 18 Juillet 186«) an éclat d*obns à la base da cou, qui déchira les branches de U thyroïdienne et la veine Jugulaire interne. On mit en usage les styptiques et des compresses; on craignait que la perte de sang déterminée par la ligature ne hâtât la mort. Le blessé mourut le 27 (I).

Un soldat du 28<' régiment de cavalerie du Misaissipi fut blessé et fait prisonnier le 10 avril 1869. Une balle conique avait pénétré dans le cou en face du cartilage thyroïde au niveau du bord interne du sterno-mastoidien gauche, et était sortie à un ponce et demi environ à gauche des vertèbres cervicales inférieures. Il perdit en trois heures peut-être deux quarts de sang. Le second Jour il fut pris de frissons, deux â trois par Jour, suivis de réaction fébrile. 11 mourut le 16, six jours après avoir reçu sa blessure. A Vautopsie, on trouva la veine jugulaire interne complètement divisée; les tissus environnants étaient infiltrés de pus et de sang ; les bouts de la veine contenaient beaucoup de pus. Si les deux bouts de la veine avaient été liés sans délai, non seulement Thémorrhagio aurait été supprimée, mais l'entrée du pus dans la veine aurait été prévenue, et le malade aurait eu quelque chance de guérlson. Le danger de la mort par absorption purulente aurait été au moins très diuiinué (Ti.

8. Cooper a publié un cas intéressant de plaie oblique de la veine jugulaire, dans lequel la mort fut déterminée par la compression exercée sur les voies aériennes par le sang j extravasé :

Un soldat reçut une halle derrière Tapophyse mastoide, qui so dirigea en bas et en avant dans la direction du sternum. La Jugulaire interne fut coupée ; le blessé survécut plus d'une heure, mais mourut suffoqué par répanchement de sang comprimant la trachée (3).

Les pluies par armes à feu de la jugulaire interne guérissent quelquefois spontanément : il y a au moins deux exemples de ces guérisons :

(1) Med, nnd surg. hist,, etc., first. surg. vol., p. 411.

2) Ibid,, pp. 411,412.

v3, Cooper, First Unes of the practice of surgery, ol. I, p. 629. New- York, 1822.

Le Dr Stromeyer tIi à Cokling on soldai du Schleswig-Holsteio, qui avait reçu lue balle dans le c6tc droit du maxillaire inférieur et à traTen le cou aodetsoua de la langue ; la balle ne fut pas extraite. Il n'y avait pas eu dliémorrbagie. La bleaaé mourut de pyémie au bout de trois semaines. A Vauioprie oo trouva an abcès derrière le muscle stemo-mastoidien gancbe, dans lequel la balle aplatie se trouvait près de la colonne vertébrale. La veine Jagnlatre interne avait été déchirée sur une étendae de dnq lignes .à sa partie antéro-externe ; mais la dédiirore était complètement guérie, les tuniques de la veiM s'étaient appliquées sur elle et y étaient unies, de sorte que le cylindre du vaisseau était diminué de moitié (I).

Le docteur Schwan observa l'autre cas :

Une balle de carabine entra par la bouchet fracana le maxillaire inférieur, ouvrit la Jugulaire interne, ei se logeant dans l'ouverture de U veine, arrêta 11ié> morrhagie. Suppuration, pyémie, mort. A VoMioptk on trouva une déchirure complètement guérie de U paroi externe de U veine, dont le calibre était légèrement diminué, mais était libre. Au niveau de U cicatrice, les tuniques de la veine étalent épalsiiei par des dépôts plastiques, et une couche de lymphe très adhérente, à demi organisée, tapissait la menbrane limitante. Les petites veines contiguGs à rabcès, dans lequel se trouvait la balle, étaient rempUei de caillou (2).

Le pronostic de ces plaies de la jagultife ' interne est très grave. Le docteur Gross n'a pu trouver un seul cas de guérison. « Tous les cas furent mortels; 62.5 p. iOO moururent dliimorrhagie, 25 p. 100 de pyémie et 12.5 p. 100 d'hémorrhagie primitive (3). » I^ guérison doit être très rare; je n'ai pu en trouver un cai certain. Le premier volume de Thistoire de la guerre renferme pourtant deux observations de plaies du cou guéries, dans lesquelles la jugu* laire interne semble avoir été atteinte (4).

On a observé quelques cas de plaies par armes à feu de la veine axillaire pendant la guerre civile, mais pas un seul de plaie de la sous-clavière. Le cas de Blenkins (5) reste le seul connu. Mais cette absence d'observatioos ne prouve rien ; beaucoup de soldats qui meurent sur le champ de bataille meurent de plaies des vaisseaux, comme le fait observer Fraser.

(1 ) Stromeyer, Amer. Journ, of the med. te. Janficr

(2) Ibid., p. 40.

(3) Gross, Amer. Joutm. of the med. te. Janntf 1867, p. 36.

(4) Op. cit. j pp. 412, 4Î2.

(ô) Fraser, Treatise on penetrating woundt ol th( chestf p. 13.

Page 1