‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 212 sur 452 · I. — Froid · texte numérisé non relu

I. — Froid

L'emploi Ou froid date des temps anciens. Celse en parle comme étant habituel pour arrêter les hémorrhagies. Hhazès conseille l'application de la glace dans le même buL John Hunter a vu sur un âne que la carotide diminuait notablement de volume. Le baron D. J. Larrey rapporte que, après la bataille d'Eylau, on n'appliqua de ligatures que sur les gros vaisseaux, généralement pendant les opérations, et qu'on ne f utpas inquiété par des hémorrhagies, bien que les blessés, une fois pansés, fussent transportés à une grande distance (i). Nous possédons donc dans le froid un moyen ancien, pratique, inoffensif et puissant d'arrêter les hémorrhagies.

On peut l'appliquer sous forme d'air frais. En ouvrant tout simplement une plaie, en enlevant les caillots et en en exposant la surface au contact de l'air frais, on réussit souvent à arrêter aussitôt une hémorrhagie qui avait persisté tant que la plaie était restée fermée et recouverte de pièces de pansement. On laisse souvent des plaies exposées à l'air pendant un temps considérable dans le seul but de tirer parti de l'action hémostatique de l'air froid. L'énergie de cette action peut être considérablement accrue en éventant la plaie. On peut aussi appliquer des compresses d'eau froide : elles exercent, quand elles sont renouvelées fréquemment, une influence hémostatique puissante. On peut aussi exprimer des éponges d'eau froide sur une plaie ou diriger sur elle un jet d'eau froide au moyen d'une seringue. Sous cette action les

(1) Larrey, Mémoires de médecine et de chirurgie militaires, vol. III, p. 60 et 1817, tome IV, pp. 91, 106, 123 Paris, 1812.

petits vaisseaux se contractent rapidement et le sang s'arrête bientôt. Quelquefois, dans les opérations pratiquées au voisinage des voies aériennes, il est d'une importance spéciale de diriger le jet d'une petite seringue chargée d*eaa froide sur la plaie. Enfin on peut appliquer le froid sous forme de glace. Dans les hémorrhagies de la cavité utérine, du rectum ou de la bouche, oo peut avec grand avantage porter de petits fragments de glace directement sur la surface saignante. Dans les cas où l'emploi d'un frmd sec très intense est nécessaire, on peut l'obtenir aisément en plaçant de la glace ou un mélange réfrigérant dans des vessies ou des sacs de caoutchouc adaptés à cet usage (1).

IL — Alcool.

Appliqué sur une plaie vive, l'alcool y produit une douleur de brûlure très vive et une contraction considérable des vaisseaux; il coagule également le sang. En application externe, l'alcool a été depuis une antiquité très éloignée employé comme pansement, sous une forme nalorelle ou artificielle. L'usage antique de llioiie et du vin dans ce but est bien connu. Au dii* septième et au dix-huitième siècles, Falcool élai très employé comme pansement dans les pUiei par instrument tranchant ou autres plaies nettes» et son action hémostatique était connue. Des observations récentes attestent sa valeur hémostatique. Il peut être employé, sous forme d'esprit rectifié, en le versant & 1 aide d'une éponge ' sur la plaie. L'alcool est également utile dans le pansement des plaies sous un autre rapport, j pour prévenir la putréfaction du pus et favoriser ] la cicatrisation.

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