‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 229 sur 452 · I. — ANEVRTSMES TRAUMATIQUES DIFFUS · texte numérisé non relu

I. — ANEVRTSMES TRAUMATIQUES DIFFUS

L'anévrysme difTus se produit immédiatement après l'ouverture de l*artère, quand il n*y a pas de plaie extérieure, ou quand cette plaie est Talvulaire ou présente quelque autre forme. Cet anévrysme n*est donc qu'une extravasation de sang dans le tissu connectif. Ce n'est pas en réalité un anévrysme, mais une plaie d'artère avec hémorrhagie interne. La tendance de cet anévrysme est de s'étendre constamment en séparant les uns des autres les différents organes, et de remplir l'espace ainsi formé de caillots mous, Jusqu'à ce qu'il s'ouvre par suite de l'excès de la distension graduelle de la partie, ou par suite du travail inflammatoire, suppuratif ou nécrosique, dont elle devient le siège; il se produit alors une hémorrhagie mortelle, si le chirurgien n'intervient pas à temps. Abandonnées à elles-mêmes, ces tumeurs ne peuvent guérir spontanément.

Symptômes.

L^anévrysme traumatique diffus forme une tumeur sous-cutanée, molle et fluctuante, de dimensions souvent considérables, contenant du sang extravasé, apparaissant immédiatement ou peu de temps après la blessure d'une artère. Tout d'abord la peau reste intacte; mais au bout de quelques jours elle prend souvent une teinte ecchymotique, due à l'infiltration du sang. Si l'ouverture de l'artère est large et libre, la tumeur est le siège de pulsations synchrones aux battements du cœur, et accompagnées d'un frémissement vibratoire et souvent d'un bruit de souffle. Si l'artère blessée est petite ou si l'ouverture en est oblique, peu étendue ou bouchée, ce frémissement et ce bruit manquent ; dans ces cas la tumeur est indolore et demilluctuante; elle peut quelquefois être le siège d'une impulsion qui lui est communiquée par l'artère sous-jacente. A propos des déchirures i)t doH ruptures d'artères, j'ai donné un grand nombre de cas d'anévrysmes diffus qui n'étaient lo Miège ni de pulsations, ni de vibrations, ni de •ouffle. La dimension d'un anévrysme diffus est déterminée dans une grande mesure par le siège. Nr exemple, dans i'aisselle, dont le tissu conjoui'tif mi très lâche, à la base du cou ou à la ouiHHO, l'anévrysme peut très rapidement atteindra de» dhnensions considérables; au contraire jl tt pttume de la main, ou au pli du coude, le «ltt^«ko|»|M)inent de la tumeur est empêché par la

force de la résistance des aponévroBes. Quand le sang est tout de suite épanché en grande quantité, comme dans les anévrysmes de l'aisselle ou de la région fémorale, on peut obsener tous les signes généraux des hémorrhagies, de la pâleur, des sueurs froides, de l'absence du pouls et de la syncope; et quelquefois, dans ces cas, la mort peut survenir par épuisement anémique ou par syncope. J'ai déjà donné an certain nombre d'exemples de ces faits.

Traitement.

Les anévrysmes traumatiques diffus r<^ameot le même traitement que les plaies artérielles. Erichsen fait les justes réflexions suivantes :

« Le traitement de ces anévrysmes doit être conduit d'après la même méthode que les plaies artérielles communiquant avec une plaie extérieure. La seule différence entre les deux cas est, en effet, que dans l'un l'ouverture de l'artère s'ouvre dans un épanchement sanguin, tandis que dans l'autre eue s'ouvre à l'extérieur. Il ne faut pas nous laisser impressionner par ce dodi d'anévrysme, et traiter cet accident comme on anévrysme véritable (I). »

Il est nécessaire, pour sauver le malade, de mettre à découvert l'artère et d*y appliquer une double ligature. Pour les artères profondes, la fessière par exemple, et la tibiale postérieure l'opération n'est pas toujours facile. Dans quelques cas pourtant on peut essayer la compression avant d'en venir à la ligature. Dans le cas de déchirure d'artère par des fragments osseux, dans les fractures simples de la jambe ou de la cuisse, il faut faire la compression digitale ou instrumentale, continue ou interrompue, de l'artère fémorale. Cette compression aidée de l'immobilisation du membre et d'un degré modéré de compression sur la tumeur exercé par l'appareil de la fracture, a donné plus de succès que toute autre méthode, comme je l'ai indiqué. De même encore dans les cas de rupture de Tartère axillaire dans les réductions des luxations anciennes et de production consécutive d'un anévrysme diffus, il faut faire la compression de l'artère sous-clavière sur la première côte au moyen d'une clef, pendant que le bras est immobilisé sur la poitrine par une bande. Si la compression échoue dans l'un et l'autre de ces cas, la ligature de l'artère principale par la méthode de Hunter réussira généralement, à condition que le bras

(1) Kricliscn, Science and art of surgcry, toI. U p. 1G2.

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